Bruxellois, roules-tu à vélo ?

… en suivant les injonctions d’Elke van den Brandt, notre Ministre de l’Immobilité tout occupée à rendre la ville « plus agréable pour ses habitants ». Et hostile pour les navetteurs qui y viennent, bien obligés, pour y travailler. Mais eux ne votent pas ici. Disons-le froidement : ce n’est qu’un des problèmes de ces idées de riches qui négligent les solutions populaires.

Un exemple entre 300.000 : un de mes potes, navetteur en voiture puisqu’il vient du Brabant et travaille à l’autre bout de Bruxelles. L’idéologie de la Sinistre a déjà commencé à lui doubler son temps de déplacement (et le coût du parking) mais c’est sans importance puisque encore une fois, il ne vote pas ici.

Oublions les impôts que les Bruxellois vont payer pour financer toutes les infrastructures ralentisseuses et le surcoût du fait que vous n’allez plus dans le centre-ville (trop long/trop lent) et que vous vous fournissez plus cher, en-dehors. Son électorat a les moyens. Vous pouvez, bien sûr, tout vous faire apporter à domicile avec Internet et le petit espion nommé smartphone. Pour ma part, je suis un travailleur conscient donc je HAIS le modèle Amazon/Uber et leurs infrastructures mondialisées qui polluent le monde pour apporter à votre porte LE gadget que vous avez commandé ou ses esclaves sous-payés qui vous apportent votre traiteur à la maison avec leurs petits jarrets.

Madame la ministre, tout le monde n’a pas l’argent pour se payer, en plus de la voiture, un vélo par personne ni, parfois, la jeunesse ou la forme pour se passer de l’aide-moteur alimentée à l’énergie nucléaire du vélo électrique. Parce que ça monte bien, Bruxelles. Au passage, comment protéger son vélo contre le vol, surtout les électriques, quand on habite, dans un quartier pauvre ou moyen, un logement social ou un immeuble à 3-4 appartements où il est inimaginable de stocker (3-6 appartements multipliés par 2-4 personnes soit) 6 à 24 vélos dans le mince couloir de l’entrée ? Dans les 60m2 de l’appartement moyen bruxellois peut-être ? Puisqu’on parle d’espace, on va aussi oublier celui indispensable pour sécher les vêtements dans un pays où il n’y a que deux saisons : la saison des pluies et le mois de juin.

La solution écolo et intelligente : déplaçons notre budget « voiture » vers des vélos pour tous avec le garage pour les stocker. Génial ? Peut-on imaginer les vacances à la campagne, indispensables pour les gosses, sans voiture pour emmener AUSSI la mémé, les enfants en bas-âge ou handicapés ET leurs bagages pour le mois ? Évidemment, l’électorat bobo de M’dame la Sinistre Bruxelloise a sa maison ou son immeuble 3 appartements avec porte cochère. Puis il a une famille nucléaire avec 1 ou 2 enfants. Leurs grand-parents ont le patrimoine pour vivre et voyager de leur côté, en avion écologique. Donc, où est le problème ?

La vraie solution ce seraient les transports en commun… mais PAS dans leur état actuel. Un exemple que je connais de près : ma compagne travaille dans l’aide aux handicapés. Les transports bruxellois sont fermés ou en horaire de réduits lors d’un voyage sur deux puisque ses mômes ont besoin d’aide 24 heures par jour et 7 jours par semaine, toute l’année. Sans voiture, elle a un léger problème pour traverser Bruxelles après une journée physiquement épuisante. Et tous les travailleuses/eurs du soin sont dans la même situation. Ne parlons pas des ouvriers et nettoyeuses (ou vice-versa) qui embauchent à 5 ou 6 heures à l’autre bout de la ville.

A contrario, vous êtes Bruxellois et le spécialiste que vous êtes va trouver du boulot dans le Brabant. Faites l’expérience avec un patron aussi compréhensif que l’horaire flexible. Bruxelles-Jodoigne en train et bus: 90 minutes… le matin. Et autant le soir si vous habitez près d’une gare. Sinon, vous rajoutez encore 15 à 30 minutes par trajet. En voiture : jadis 45 minutes par trajet. En moto, tant haïe par les verts, on peut encore diminuer de 5 à 10 minutes.

Tout est en train de changer avec les idées de Mme la Sinistre bruxelloise. En pire, évidemment. On va sanctionner, restreindre, obliger mais sans fournir l’alternative qui, elle, coûterait de l’argent que l’on refuse d’investir et une coordination fédérale. C’est à dire des vrais transports en commun, nombreux, étendus, gratuits et diversifiés à Bruxelles comme sur toute la surface de la Belgique. Au contraire, elle nous parle de vélos (que nous allons acheter, individuellement) et le fédéral augmente les tarifs et diminue les réductions. Il supprime les lignes et les gares « pas rentables ». Pas rentables à condition d’oublier le coût écologique et financier de votre transport individuel complémentaire. Avec un tel décalage de discours, ben c’est votre peine que l’on va traire pour faire des « économies » et une vie « écologique » à Bruxelles.

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