Hypothèses farfelues en Corée

Il est rationnel que les USA soufflent le chaud et le froid en Corée. S’ils ne peuvent que réprimer la montée vers l’atome de la Corée du Nord qui menacerait leur sphère d’influence locale, ils se doivent aussi de freiner toute coopération entre les deux entités de cette péninsule.

Le cauchemar américain pourrait être que le Nord devienne « l’atelier bon marché » de la Corée du Sud voire de la Russie ou même de la Chine où le revenu moyen de l’ouvrier dépasse aujourd’hui celui de pas mal de pays de l’Europe de l’Est. Une hypothèse pas du tout improbable à long terme vu le délabrement de l’économie du Nord incapable de démarrer seule son industrialisation, ce dont les autorités sont bien conscientes, au contraire de ce que l’URSS stalinienne et la Chine post-Mao ont réalisé.

Cette industrialisation est absolument indispensable à la survie militaire du régime communiste coréen, comme l’ont prouvé l’échec de l’invasion allemande en Russie en ’41 contrée par le peuple de l’URSS mais surtout par la croissance continue de leur industrie qui a largement surpassée celle l’Allemagne dès 1943, voire à ce sujet « La Russie en guerre » d’Alexander Werth et « Les guerres de Staline » de Geoffrey Roberts. Du côté Chinois, la longue histoire du colonialisme dans ce pays, Guerres de l’Opium incluses, a également démontré son ardente nécessité.

Est-ce si farfelu d’imaginer ce futur ? Les commentaires vous sont ouverts.

Bruxellois, roules-tu à vélo ?

… en suivant les injonctions d’Elke van den Brandt, notre Ministre de l’Immobilité tout occupée à rendre la ville « plus agréable pour ses habitants ». Et hostile pour les navetteurs qui y viennent, bien obligés, pour y travailler. Mais eux ne votent pas ici. Disons-le froidement : ce n’est qu’un des problèmes de ces idées de riches qui négligent les solutions populaires.

Un exemple entre 300.000 : un de mes potes, navetteur en voiture puisqu’il vient du Brabant et travaille à l’autre bout de Bruxelles. L’idéologie de la Sinistre a déjà commencé à lui doubler son temps de déplacement (et le coût du parking) mais c’est sans importance puisque encore une fois, il ne vote pas ici.

Oublions les impôts que les Bruxellois vont payer pour financer toutes les infrastructures ralentisseuses et le surcoût du fait que vous n’allez plus dans le centre-ville (trop long/trop lent) et que vous vous fournissez plus cher, en-dehors. Son électorat a les moyens. Vous pouvez, bien sûr, tout vous faire apporter à domicile avec Internet et le petit espion nommé smartphone. Pour ma part, je suis un travailleur conscient donc je HAIS le modèle Amazon/Uber et leurs infrastructures mondialisées qui polluent le monde pour apporter à votre porte LE gadget que vous avez commandé ou ses esclaves sous-payés qui vous apportent votre traiteur à la maison avec leurs petits jarrets.

Madame la ministre, tout le monde n’a pas l’argent pour se payer, en plus de la voiture, un vélo par personne ni, parfois, la jeunesse ou la forme pour se passer de l’aide-moteur alimentée à l’énergie nucléaire du vélo électrique. Parce que ça monte bien, Bruxelles. Au passage, comment protéger son vélo contre le vol, surtout les électriques, quand on habite, dans un quartier pauvre ou moyen, un logement social ou un immeuble à 3-4 appartements où il est inimaginable de stocker (3-6 appartements multipliés par 2-4 personnes soit) 6 à 24 vélos dans le mince couloir de l’entrée ? Dans les 60m2 de l’appartement moyen bruxellois peut-être ? Puisqu’on parle d’espace, on va aussi oublier celui indispensable pour sécher les vêtements dans un pays où il n’y a que deux saisons : la saison des pluies et le mois de juin.

La solution écolo et intelligente : déplaçons notre budget « voiture » vers des vélos pour tous avec le garage pour les stocker. Génial ? Peut-on imaginer les vacances à la campagne, indispensables pour les gosses, sans voiture pour emmener AUSSI la mémé, les enfants en bas-âge ou handicapés ET leurs bagages pour le mois ? Évidemment, l’électorat bobo de M’dame la Sinistre Bruxelloise a sa maison ou son immeuble 3 appartements avec porte cochère. Puis il a une famille nucléaire avec 1 ou 2 enfants. Leurs grand-parents ont le patrimoine pour vivre et voyager de leur côté, en avion écologique. Donc, où est le problème ?

La vraie solution ce seraient les transports en commun… mais PAS dans leur état actuel. Un exemple que je connais de près : ma compagne travaille dans l’aide aux handicapés. Les transports bruxellois sont fermés ou en horaire de réduits lors d’un voyage sur deux puisque ses mômes ont besoin d’aide 24 heures par jour et 7 jours par semaine, toute l’année. Sans voiture, elle a un léger problème pour traverser Bruxelles après une journée physiquement épuisante. Et tous les travailleuses/eurs du soin sont dans la même situation. Ne parlons pas des ouvriers et nettoyeuses (ou vice-versa) qui embauchent à 5 ou 6 heures à l’autre bout de la ville.

A contrario, vous êtes Bruxellois et le spécialiste que vous êtes va trouver du boulot dans le Brabant. Faites l’expérience avec un patron aussi compréhensif que l’horaire flexible. Bruxelles-Jodoigne en train et bus: 90 minutes… le matin. Et autant le soir si vous habitez près d’une gare. Sinon, vous rajoutez encore 15 à 30 minutes par trajet. En voiture : jadis 45 minutes par trajet. En moto, tant haïe par les verts, on peut encore diminuer de 5 à 10 minutes.

Tout est en train de changer avec les idées de Mme la Sinistre bruxelloise. En pire, évidemment. On va sanctionner, restreindre, obliger mais sans fournir l’alternative qui, elle, coûterait de l’argent que l’on refuse d’investir et une coordination fédérale. C’est à dire des vrais transports en commun, nombreux, étendus, gratuits et diversifiés à Bruxelles comme sur toute la surface de la Belgique. Au contraire, elle nous parle de vélos (que nous allons acheter, individuellement) et le fédéral augmente les tarifs et diminue les réductions. Il supprime les lignes et les gares « pas rentables ». Pas rentables à condition d’oublier le coût écologique et financier de votre transport individuel complémentaire. Avec un tel décalage de discours, ben c’est votre peine que l’on va traire pour faire des « économies » et une vie « écologique » à Bruxelles.

Cuba Si !

Vos prochaines vacances à Cuba ? Pourquoi pas, me suis-je dit. J’ai donc recherché quelques informations* vues de Bruxelles.

D’abord, un WE de formation de ICS sur le thème « Les travailleurs cubains ne sont pas des outils » du vendredi 15 mai au soir au 17 mai 2009. C’est une formation sur le thème ‘Travail digne’ à Cuba. Une exploration du côté socio-économique de la révolution cubaine et le syndicalisme local.

Et cloturer ces séminaires en faisant la teuf tout en rencontrant des  des companeros ce même 17 mai à partir de 13:00**  à la fête « 50 années de révolution » au Campus du Solbosh à l’ULB. Toutes les infos sur ce lien avec une belle affiche en plus.

Vous devriez ainsi vous garnir votre carnet d’adresses et, qui sait, de trouver des companeros pour le voyage. Au passage, si ça vous tente, écrivez-moi.

Première suggestion de voyage pour qui veut retrousser ses manches et rencontrer des Cubains : « Participer à une brigade de solidarité à Cuba » du 5 au 19 juillet 2009, toujours par la même ICS. Mais là, peut-être est-il déjà trop tard : il y a des séances de préparation obligatoire dont la première est déjà passée.

Pour partir hors voyage organisé,  Viktor Dedaj conseille chaleureusement Cuba Linda, une assoc française qui va vous faciliter la recherche de chambre (confortables !) chez l’habitant (15 à 30 € suivant la saison et l’endroit). C’est quand même plus sympa que l’hotel. Ils ont aussi des suggestions de circuit touristique.

Pour l’avion, c’est moins évident. Le moteur de recherche lié à Cuba Linda est à côté de ses pompes. Si quelqu’un a de l’expérience, les commentaires vous sont ouverts.

(*) Merci JB et VD.

(**) Heure latino: de mon expérience, rajoutez une heure. Le décalage horaire, sans doute.

Danielle se tait ? Non !

Disparait Reparait aujourd’hui (*)  de la blogosphère une de ses voix les plus puissantes et les plus originales. Chouette cadeau de noel 🙁

Lassée de la bétise, lassée de la méchanceté, lassée de prêcher dans ce qu’elle voit à tort comme un désert, victime de son succès qui lui amenait nombre de mails haineux, Danielle Bleitrach a avait décidé de fermer « Changement de société » alias « soci013 ».

Où d’autre lirons-nous désormais cette traduction de l’intervention de Dick Cheney sur ABC où il reconnaissait explicitement avoir autorisé la torture dont je parlais dans mon article précédent ?

Où d’autre lirons-nous les nombreux articles sur l’amérique latine, là où la gauche devrait aller chercher ses nouveaux modèles après l’échec sanglant de sa gestion du capitalisme ?

Où d’autre lirons-nous les analyses politiques et philosophiques fondamentales, profondes et orginales que nous apportait Danielle ? Sans langue de bois, sans concessions, elle nous apportait un contenu d’une rare profondeur. Evidemment, cette profondeur n’allait pas sans une certaine longueur qui décourageait ceux qui ne consacrent pas plus de 2 minutes à un texte. Ce qui amenait des remarques acerbes de sa part quand quelqu’un prenait la parole en omettant un élément dont elle avait parlé.

Où d’autre lirons-nous la critique féroce de l’exploitation, de l’asservissement ?

Où trouverons-nous encore une voix juive, aussi féroce dans sa critique d’Israel que de l’anti-sémitisme qu’elle a vécu dans son corps et qui a marqué prfondément son esprit.

Ou trouverons-nous encore cette foi dans l’internationalisme socialiste ? Cette analyse marxiste qui avait annoncé la crise et fournit un des rares moyen d’en sortir ?

Ailleurs, difficilement, moins bien. Nul(le) n’est indispensable, certaines voix sont simplement encore plus irremplaçables que d’autres. Danielle est de celles-là. Je pleure.

Elle annonce un livre, je revis et je ne manquerai de vous en faire part 🙂

(*) Mise à jour: Ce matin 1e janvier, Danielle a rouvert son blog 🙂  Du coup J’ai corrigé certains aspects de ce post, dont le titre.

« Je ne comprend rien à ce qui se passe en Afghanistan ! »

Bon, ben c’est pas grave, ma brave dame. D’abord une peu d’histoire, par exemple un survol de ce qui s’y est passé dans ces 50 dernières années: un article écrit par Michael Parenti sur le site de Michel Collon. Et on enchaîne sur une analyse de Philippe Grasset sur ce qui s’y passe actuellement, à savoir que « Les talibans ont fait, pour les Russes, la démonstration ultime de la validité de leurs conceptions stratégiques selon lesquelles la seule voie d’accès sécurisée vers l’Afghanistan passe par la Russie », rien de moins.

Voilà, avec ces deux articles, vous devriez un peu mieux comprendre les racines d’un conflit qui pourrait bien nous conduire à une guerre nucléaire puisque le Pakistan est entraîné dans la tourmente afghane comme jadis le Cambodge le fût dans le conflit viet-namien. Et tout le monde se souvient de l’horreur qui en résultat.