Hypothèses farfelues en Corée

Il est rationnel que les USA soufflent le chaud et le froid en Corée. S’ils ne peuvent que réprimer la montée vers l’atome de la Corée du Nord qui menacerait leur sphère d’influence locale, ils se doivent aussi de freiner toute coopération entre les deux entités de cette péninsule.

Le cauchemar américain pourrait être que le Nord devienne « l’atelier bon marché » de la Corée du Sud voire de la Russie ou même de la Chine où le revenu moyen de l’ouvrier dépasse aujourd’hui celui de pas mal de pays de l’Europe de l’Est. Une hypothèse pas du tout improbable à long terme vu le délabrement de l’économie du Nord incapable de démarrer seule son industrialisation, ce dont les autorités sont bien conscientes, au contraire de ce que l’URSS stalinienne et la Chine post-Mao ont réalisé.

Cette industrialisation est absolument indispensable à la survie militaire du régime communiste coréen, comme l’ont prouvé l’échec de l’invasion allemande en Russie en ’41 contrée par le peuple de l’URSS mais surtout par la croissance continue de leur industrie qui a largement surpassée celle l’Allemagne dès 1943, voire à ce sujet « La Russie en guerre » d’Alexander Werth et « Les guerres de Staline » de Geoffrey Roberts. Du côté Chinois, la longue histoire du colonialisme dans ce pays, Guerres de l’Opium incluses, a également démontré son ardente nécessité.

Est-ce si farfelu d’imaginer ce futur ? Les commentaires vous sont ouverts.

L’irrationalité est rare

Tous les médias « officiels » du monde occidental se disputent le privilège d’être le plus anti-Trump sous l’argument que celui-ci est irrationnel. Cette assertion est probablement vraie dans ce cas d’espèce mais la politique générale des USA, y compris sous son règne, est loin de l’être. Au contraire, la volonté de mettre fin aux collaborations USAméricaines dans les grands organismes internationaux chargés de civiliser le monde, ONU-OMS est cohérente avec l’état des USA actuel.

Les USA ne sont plus l’atelier du monde qu’ils étaient dans l’après-guerre ’39-’45, c’est évident, la Chine a largement pris leur place. Il n’est que de voir les mesures qui la vise sous l’administration Trump. Mais même les états de second rang comme l’Allemagne ou de 3e comme la France sont régulièrement visés par des mesures discriminatoires pour freiner leur domination dans le commerce de luxe, voitures et mode respectivement, aux USA.

Les USA commencent à ne plus être la tête pensante du monde maintenant que les Chinois multiplient les formations de haut niveau grâce à leur développement en plein essor. Par exemple, le principal centre de recherche hors USA de Microsoft y est situé. Je pense que ce n’est qu’un début, de la même manière que les firmes occidentales sous-traitent de leur informatique à l’Inde alors que l’ICT est le cœur de métier de toute entreprise quelle qu’elle soit.

Enfin, le centre financier du monde est en train de se déplacer de Wall Street vers la périphérie et cela va aller en s’accentuant avec l’épanouissement de l’Asie tirée par la Chine, à nouveau, mais aussi l’Inde, la Corée du Sud, le Vietnam et tous les autres dragons.

Il s’y ajoute la faillite prévisible des finances de ce pays qui, grâce au dollar, a vécu depuis trop longtemps largement au-dessus de ses moyens : emballement du déficit tant de la balance des paiements que des budgets de l’État, exploitation des pays liges et soi-disant « alliés », aliénation progressive des fournisseurs de matière première, de main d’œuvre servile et maintenant de produits manufacturés. Tout ça va se finir en crash majeur voire en défaut sur le dette aux détriments de ses grands financeurs, la Chine en tête.

Parallèlement, la trahison des représentants attitrés des 85% entraîne une désaffection de la politique et son corollaire, l’irruption des Caligula de tous poils à la tête du pays, je ne vous citerai pas le plus orange, on l’a trop vu. Au sujet de cette trahison, je ne peux trop vous recommander la lecture de « La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire » (Le Monde Diplomatique, Août 2020, p. 22-23) qui justifie à lui seul l’achat de ce remarquable mensuel.

Le seul point où les USA soient en pointe c’est le militaire… pour le moment. Depuis des dizaines d’années, ils représentent à eux seuls 50% de la dépense militaire dans le monde. La proportion a un peu diminué depuis quelques années, notamment car la Chine accélère fameusement. D’où panique au Pentagone quand ils voient leur dernier porte-avions d’assaut flamber au point d’être irréparable pendant que les Chinois réparent vite fait celui qui, chez eux, a subi un évènement comparable et sont en train d’un construire un deuxième à un rythme incomparable et effrayant aux yeux du Pentagone. Reste que leur domination outrancière des mers et leur millier de bases militaires à travers le monde oblige encore la puissance ascendante du géant asiatique a développer un réseau terrestre via l’intiative « Belt and Road ».

En conclusion, la politique à long terme des USA de se dégager de tout ce qui peut entraver son militarisme et la volonté qui en découle de l’usage de la force pour obtenir ce qu’elle veut est parfaitement cohérente, rationnelle. Ils en sont au dernier stade de l’impérialisme, celui où seul subsiste le complexe militaro-industriel : militarisation de tous les aspects de la société, usage disproportionné dans la force dans l’obtention de la paix civile en interne, mépris de la loi par les polices, milices plus ou moins officielles tant en interne qu’en externe, mercenaires plus ou moins étrangers pour les interventions extérieures d’ailleurs de plus en plus destructrices, inefficaces et illégales tant au regard de l’ordre international que même de leurs lois internes.

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La France suit avec retard cette déliquescence : désindustrialisation, extrême concentration de la richesse, désaffection des élites et son corollaire: l’arrivée de clowns incompétents et mêletout à la magistrature suprême. Un autre indice : la progressive prétorisation des forces de l’ordre accompagnant une magistrature de plus en plus ouvertement aux ordres, même au PNF, ce qui ne les change « guerre » (sic), hélas. Son aventurisme guerrier et imbécile n’est plus à démontrer, le chaos libyen a été précédé du génocide rwandais et des crimes innombrables mais alors efficients de la Françafrique.

La Belgique n’a pas encore subi la crise économique brutale entraînant une révolte suffisamment menaçante pour le pouvoir en place qui révélerait les mêmes maux dont les fondations sont déjà en place depuis belle lurette grâce à l’effet de choc des « Tueurs du Brabant » et autres Dutroux, notamment. Dans tous ces cas, il est remarquable de voir que les mesures prises à ces occasions ont récompensé les pires incompétents, voire les complices plus ou moins volontaires : gendarmerie comme journalistes « embarqués » dans l’appareil d’état et parfois la classe politique et judiciaire.

Leur efficience sur le Smeerpijp comme sur les « valises » de l’époque Mobutu qui ont largement alimenté les caisses noires de la classe politique belge de la fin du XXe siècle a été remarquablement nulle. Est-il besoin de démontrer plus avant leur efficacité dans la reproduction et la protection de la classe dominante belge ? Si on ne trouve que difficilement dans la presse belge de liste des nombreuses dynasties familiales de leur tissu économique, contrairement aux autres pays, ce n’est peut-être pas un hasard. Je remercie d’avance les commentateurs pour des liens éventuels : la liste des habitants de certains quartiers de Sint-Martens-Latem ou Uccle ferait l’affaire 🙂

« A l’Ouest, rien de nouveau »

Enterré dans les nouvelles militaires, on trouve l’accord du département d’Etat (les Affaires Étrangères US) pour la vente par les USA de 8 avions ravitailleurs KC-46 à Israël pour moderniser leur flotte. C’est confirmé. Une demande de longue date des israéliens. La seule raison militaire possible de cette vente est de permettre aux avions israéliens d’atteindre l’Iran sans l’aide de l’infrastructure des USA, y compris avec quelques-unes de ses 200 charges nucléaires.

Ce pays vient de voter majoritairement pour l’extrême-droite contre la droite. Il vient de choisir la haine comme unique moteur de sa politique et se voit ainsi doté de moyens extraordinairement puissants de déclencher une guerre générale voire nucléaire au Moyen-Orient.

Le (réel) dirigeant actuel de l’Otan, le Général Wolters a aussi déclaré qu’il était « fan de la politique flexible d’utilisation de l’arme nucléaire en premier » (vidéo). Il n’a pas ajouté « uniquement si c’est pas chez moi » mais dans la mesure où il combine ça avec l’usage d’armes nucléaire destinées au champs de bataille, il est évident que ça vise l’Europe, la Russie et le Moyen-Orient.  Logiquement, la Russie réplique depuis longtemps qu’une attaque nucléaire locale (donc chez elle ou ses alliés) est une attaque nucléaire globale et sera répondue comme telle.

Les politiques sont complètement à l’Ouest.

Les guerres modernes sont possibles… avec un gros « mais ».

(Contribution externe)

SouthFront est une publication russe indépendante et en plein essor qui apporte plein de données sur les guerres où les Russes ou leur armement est impliqué. En avril 2019, j’avais noté cette information un rien cocasse que je vous traduit: « Une vidéo produite par l’aile média des combattants rebelles Yemeni montre des combattants Houthi (…) détruisant et brûlant deux chars de bataille T-34 ». J’ai vérifié : oui, des T-34 ! Des chars très modernes qui ont créé la surprise… lors de l’opération Barbarossa quand les Allemands ont attaqué la Russie en… eh oui, 1941 !

Après 78 ans de dur labeur, une bonne âme a bien voulu les achever. C’est presque un acte de bonté, non ? Bon, je persifle peut-être un peu car il s’agit peut-être des super-modernes T34-85 qui n’ont commencé à être produits qu’en… 1943. N’empêche que traiter aujourd’hui ces grands-pères de « chars de bataille » c’est leur faire un grand honneur. Ou juste de la propagande. Toute proportion gardée, c’est un peu « notre Eddy » (Merckx) renvoyé dans le peloton du Tour de France 2019.

Non mais j’exagère : après tout, il a quand même été produit pendant trèèèès longtemps (le char, pas Eddy. Suivez un peu, bordel). Alors, peut-être que ce papy datait de… 1958, date à laquelle il a enfin cessé d’être sur les chaînes de production. Dans ce cas et selon les nouvelles lois belges, l’heure de la retraite n’avait pas encore sonné pour lui avant longtemps. Dans le même genre, on me chuchote à l’oreille que l’on en avait aussi vu lors des affrontements en Syrie mais ce n’est pas confirmé.

Notez aussi qu’en Libye, toujours en avril 2019, on trouvait en masse d’antiques et (aujourd’hui) exécrables roquettes anti-chars russes datant du début des années 1950 dont on pouvait légitimement se demander à quoi elles pouvaient servir. Ben maintenant, on sait: contre les T-34. Note pour l’imbécile qui voudrait essayer: même contre eux, ça marche pas fort. En plus, il faut être à moins de 500 mètres du-dit T-34 (largement moins de 500 m, en fait), ce que je déconseille vivement pour éviter de se gagner un Darwin Award en pleine gueule : Papy a deux mitrailleuses de 7.62 encore bien vertes… Enfin, il faut que la roquette fonctionne, ce qui n’est pas évident pour des missiles de cet âge. Et en cas d’échec, je vous renvoie à la remarque précédente au format 7.62. A la rigueur, plutôt contre une Ford T ou une 2 CV. Et encore. Ou peut-être contre Eddy à vélo mais même à son âge, c’est uniquement pour un jour où il n’est pas en forme, hein. Réflexion faite, je vous les conseille plutôt comme anti-moustiques, ils seront plus à leur aise… et vous aussi, finalement.

Einstein disait que pour la guerre suivant la 3e guerre mondiale, on utiliserait des bâtons et des pierres. Ben, on n’a pas dû attendre si longtemps, en fait.

Les guerres modernes sont impossibles

Un des auteurs de National Interest, publication liée au Pentagone et plus généralement au système militaro-industriel, a jadis écrit un article fondamental sur l’incapacité de nos armées modernes à gagner une guerre mondiale faute de pouvoir assurer l’alimentation en armes et munitions de ses troupes. Et c’est de plus en plus vrai.

Lors du dernier conflit entre forces vaguement égales, la guerre du Kippour en Egypte, Israël n’a pu gagner que parce qu’il recevait en permanence les munitions et le matériel produit et stocké par un pays 25 fois plus gros que lui. Malgré ce genre de manne, ils ont perdu en 2006 au Liban contre une milice sous-équipée. Il a fallu 6 mois aux USA pour préparer et engranger de quoi gagner une semaine de guerre contre l’Irak, une nation du tiers-monde.

Les discrets F-35, comme leurs équivalents en Russie et Chine dans une moindre mesure, ne volent que s’ils sont maintenus par des dizaines de techniciens chèrement et longuement formés sur des aérodromes en dur reliés aux plus complexes réseaux et programme informatiques. En cas de conflit généralisé entre égaux, pendant combien de temps y aura-t-il de tels aérodromes, de telles équipes et de telles électroniques.

Les armes modernes lancent des missiles qui valent des millions et qui sont produit à quelques exemplaires par an. Les S-400 et autres fleurons de la DCA russe se font détruire simplement parce qu’ils doivent détruire des masses de drones qui coûtent 10 ou 10.000 fois moins chers à fabriquer. Et ils doivent les détruire parce qu’ils en sont eux-mêmes la cible. Les ultra-modernes et si fragiles navires de haute mer US sont confrontés au même genre de dilemne. Ils disent pouvoir le contrer avec les A-10 « brrrrt » que l’on n’a pourtant jamais vu décoller d’un porte-avions et encore moins y atterrir.

Une simple guerre contre l’Iran ou le Hezbollah libanais est irréaliste car même les faibles moyens de ces derniers suffisent à détruire les fondements économiques des pays qui les attaquent ou au moins de leurs alliés situés trop près comme vient de le prouver le bombardement par la guérilla Houtis du fleuron de l’industrie pétrolière saoudienne. Ce n’était pas la première attaque du genre, ils s’étaient déjà attaqué avec succès à ces artères vitales qui se prénomment gazoducs et oléoducs.

La Corée du Nord est inattaquable sans un « premier coup » aussi colossal qu’improbable car sa simple artillerie peut détruire en quelques minutes le cœur de l’industrie manufacturière et financière de la Corée du Sud. Ajoutons-y quelques missiles, même pas nucléaires, et ce conflit fera perdre des centaines de milliards à une économie mondiale déjà chancelante. Quel gouvernement peut accepter ce risque ?

Le bide de Joe Biden à la présidentielle américaine

Aux primaires démocrates, Joe Biden ne trouve pas d’argent en étant honnête comme il l’avait promis au début de sa campagne. Il va donc se vendre via un SuperPAC. Ce dernier est un fond qui permet aux riches donateurs et grandes sociétés de se ménager un accès direct au prochain président en échange d’argent pendant sa campagne.

S’y ajoutent les Super-Délégués, c’est à dire les apparatchik du Parti Démocrate qui détiennent un tiers des voix nécessaires pour choisir le prétendant. C’est eux qui avaient pavé la voie à Trump en choisissant la très droitière Hillary Clinton contre Bernie Sanders qui avait partie gagnée. A mon sens, ils recommenceront car ils pensent, à nouveau à tort, avoir déjà gagné l’élection présidentielle.

De mauvaises langues prétendent que les apparatchik démocrates préfèrent la victoire des Républicains à celle de la gauche de leur propre parti. Il faut dire que ces derniers pourraient vouloir les sacquer après toutes les saloperies qu’ils leur ont fait, ils étaient d’ailleurs nommés pour cela. Et à chaque élection, la rage de la base, plus à gauche, augmente contre eux. D’autant qu’ils font régulièrement perdre des élections a priori faciles. Hillary n’étant que la dernière en date depuis 1980.

De l’autre côté, le Président ne sera jamais destitué car la majorité républicaine du Sénat ne va pas se tirer une balle dans le pied. Au contraire, ces arguties judiciaires contre Trump agacent prodigieusement les électeurs, autant par leur inutilité que par leur répétition.

En conclusion, je tiens les paris que l’élection USA 2020 va voir s’affronter Joe Biden et Donald Trump mais aussi que le républicain d’extrême-droite va gagner contre le candidat trop centriste devenu, en plus, celui de la finance, de l’industrie de l’armement et du secteur privé de la santé. Tous « bien-aimés » (ironie inside) de l’électorat démocrate qui votent contre ça chaque fois qu’ils peuvent. Ils pourraient ne pas se déranger voire voter Trump, comme ils l’ont déjà fait en 2016. Qui relève le gant dans les commentaires ?

Je ne pense pas que Bernie Sanders passera jamais l’obstacle de son parti, encore moins Tulsi Gabbard. L’alternative, ce sera la fadasse Liz Warren, c’est à dire un Obama bis qui gagnera mais ne servira pas à plus que ne l’avait fait Obama. Ce sera quand même beaucoup mieux que le big business guerrier et financier qui porte Biden. Ne parlons même pas des folies trumpiennes. Mais ne rêvons pas d’une amnistie sur les lanceurs d’alertes ni de l’indispensable musellement des finances, des multi-nationales, gafam et les 8 super-riches qui possèdent la moitié de la planète en 2019. Rappel: ils étaient 62 pour posséder ce pactole en 2016.

En face, le pouvoir russe va changer puisque Poutine est sur le départ et, là, bien malin qui pourra dire dans quelle direction. Nous savons juste que ce sera plus instable que ce n’était pendant les bientôt 20 ans de règne de Poutine. Une raison de plus de craindre une victoire de Joe Biden qui emmènera Hillary comme Vice-présidente ou pire: aux affaires étrangères. Elle ne rêve que d’en découdre avec la Russie (puissance nucléaire) et ses alliés. Elle et sa complice Victoria Nulland ont déjà au moins deux guerres/destructions à leur actif : Libye et Ukraine plus, probablement, celle en Syrie et un paquet d’autres saloperies. Et, non, ni vous ni moi ne souhaitons que la prochaine guerre se passe sur notre sol. Déjà que l’Ukraine avait amené une sensible militarisation de l’extrême-droite européenne et americaine qui n’avait pas besoin de ça pour se développer… Je vous conseille à ce dernier sujet « Le nazisme et la civilisation occidentale » de Jean-Louis Vullierme.