Les guerres modernes sont possibles… avec un gros « mais ».

(Contribution externe)

SouthFront est une publication russe indépendante et en plein essor qui apporte plein de données sur les guerres où les Russes ou leur armement est impliqué. En avril 2019, j’avais noté cette information un rien cocasse que je vous traduit: « Une vidéo produite par l’aile média des combattants rebelles Yemeni montre des combattants Houthi (…) détruisant et brûlant deux chars de bataille T-34 ». J’ai vérifié : oui, des T-34 ! Des chars très modernes qui ont créé la surprise… lors de l’opération Barbarossa quand les Allemands ont attaqué la Russie en… eh oui, 1941 !

Après 78 ans de dur labeur, une bonne âme a bien voulu les achever. C’est presque un acte de bonté, non ? Bon, je persifle peut-être un peu car il s’agit peut-être des super-modernes T34-85 qui n’ont commencé à être produits qu’en… 1943. N’empêche que traiter aujourd’hui ces grands-pères de « chars de bataille » c’est leur faire un grand honneur. Ou juste de la propagande. Toute proportion gardée, c’est un peu « notre Eddy » (Merckx) renvoyé dans le peloton du Tour de France 2019.

Non mais j’exagère : après tout, il a quand même été produit pendant trèèèès longtemps (le char, pas Eddy. Suivez un peu, bordel). Alors, peut-être que ce papy datait de… 1958, date à laquelle il a enfin cessé d’être sur les chaînes de production. Dans ce cas et selon les nouvelles lois belges, l’heure de la retraite n’avait pas encore sonné pour lui avant longtemps. Dans le même genre, on me chuchote à l’oreille que l’on en avait aussi vu lors des affrontements en Syrie mais ce n’est pas confirmé.

Notez aussi qu’en Libye, toujours en avril 2019, on trouvait en masse d’antiques et (aujourd’hui) exécrables roquettes anti-chars russes datant du début des années 1950 dont on pouvait légitimement se demander à quoi elles pouvaient servir. Ben maintenant, on sait: contre les T-34. Note pour l’imbécile qui voudrait essayer: même contre eux, ça marche pas fort. En plus, il faut être à moins de 500 mètres du-dit T-34 (largement moins de 500 m, en fait), ce que je déconseille vivement pour éviter de se gagner un Darwin Award en pleine gueule : Papy a deux mitrailleuses de 7.62 encore bien vertes… Enfin, il faut qu’elles fonctionnent, ce qui n’est pas évident pour des missiles de cet âge. Et en cas d’échec, je vous renvoie à la remarque précédente au format 7.62. A la rigueur, plutôt contre une Ford T ou une 2 CV. Et encore. Ou peut-être contre Eddy à vélo mais même à son âge, c’est uniquement pour un jour où il n’est pas en forme, hein. Réflexion faite, je vous les conseille plutôt comme anti-moustiques, ils seront plus à leur aise… et vous aussi, finalement.

Einstein disait que pour la guerre suivant la 3e guerre mondiale, on utiliserait des bâtons et des pierres. Ben, on n’a pas dû attendre si longtemps, en fait.

Les guerres modernes sont impossibles

Un des auteurs de National Interest, publication liée au Pentagone et plus généralement au système militaro-industriel, a jadis écrit un article fondamental sur l’incapacité de nos armées modernes à gagner une guerre mondiale faute de pouvoir assurer l’alimentation en armes et munitions de ses troupes. Et c’est de plus en plus vrai.

Lors du dernier conflit entre forces vaguement égales, la guerre du Kippour en Egypte, Israël n’a pu gagner que parce qu’il recevait en permanence les munitions et le matériel produit et stocké par un pays 25 fois plus gros que lui. Malgré ce genre de manne, ils ont perdu en 2006 au Liban contre une milice sous-équipée. Il a fallu 6 mois aux USA pour préparer et engranger de quoi gagner une semaine de guerre contre l’Irak, une nation du tiers-monde.

Les discrets F-35, comme leurs équivalents en Russie et Chine dans une moindre mesure, ne volent que s’ils sont maintenus par des dizaines de techniciens chèrement et longuement formés sur des aérodromes en dur reliés aux plus complexes réseaux et programme informatiques. En cas de conflit généralisé entre égaux, pendant combien de temps y aura-t-il de tels aérodromes, de telles équipes et de telles électroniques.

Les armes modernes lancent des missiles qui valent des millions et qui sont produit à quelques exemplaires par an. Les S-400 et autres fleurons de la DCA russe se font détruire simplement parce qu’ils doivent détruire des masses de cibles qui coûtent 10 ou 10.000 fois moins chers à fabriquer. Et ils doivent les détruire parce qu’ils en sont eux-mêmes la cible. Les ultra-modernes et si fragiles navires de haute mer US sont confrontés au même genre de dilemne. Ils disent pouvoir le contrer avec les A-10 « brrrrt » que l’on n’a pourtant jamais vu décoller d’un porte-avions et encore moins y atterrir.

Une simple guerre contre l’Iran ou le Hezbollah libanais est irréaliste car leurs faibles moyens suffisent à détruire les fondements économiques des pays proches qui les attaquent ou de leurs alliés comme vient de le prouver le bombardement par la guérilla Houtis du fleuron de l’industrie pétrolière saoudienne. Ce n’était pas la première attaque du genre, ils s’étaient déjà attaqué avec succès à ces artères vitales qui se prénomment gazoducs et oléoducs.

La Corée du Nord est inattaquable sans un « premier coup » aussi colossal qu’improbable car sa simple artillerie peut détruire en quelques minutes le cœur de l’industrie manufacturière et financière de la Corée du Sud. Ajoutons-y quelques missiles, même pas nucléaires, et ce conflit fera perdre des centaines de milliards à une économie mondiale déjà chancelante. Quel gouvernement peut accepter ce risque ?

Le bide de Joe Biden à la présidentielle américaine

Aux primaires démocrates, Joe Biden ne trouve pas d’argent en étant honnête comme il l’avait promis au début de sa campagne. Il va donc se vendre via un SuperPAC. Ce dernier est un fond qui permet aux riches donateurs et grandes sociétés de se ménager un accès direct au prochain président en échange d’argent pendant sa campagne.

S’y ajoutent les Super-Délégués, c’est à dire les apparatchik du Parti Démocrate qui détiennent un tiers des voix nécessaires pour choisir le prétendant. C’est eux qui avaient pavé la voie à Trump en choisissant la très droitière Hillary Clinton contre Bernie Sanders qui avait partie gagnée. A mon sens, ils recommenceront car ils pensent, à nouveau à tort, avoir déjà gagné l’élection présidentielle.

De mauvaises langues prétendent que les apparatchik démocrates préfèrent la victoire des Républicains à celle de la gauche de leur propre parti. Il faut dire que ces derniers pourraient vouloir les sacquer après toutes les saloperies qu’ils leur ont fait, ils étaient d’ailleurs nommés pour cela. Et à chaque élection, la rage de la base, plus à gauche, augmente contre eux. D’autant qu’ils font régulièrement perdre des élections a priori faciles. Hillary n’étant que la dernière en date depuis 1980.

De l’autre côté, le Président ne sera jamais destitué car la majorité républicaine du Sénat ne va pas se tirer une balle dans le pied. Au contraire, ces arguties judiciaires contre Trump agacent prodigieusement les électeurs, autant par leur inutilité que par leur répétition.

En conclusion, je tiens les paris que l’élection USA 2020 va voir s’affronter Joe Biden et Donald Trump mais aussi que le républicain d’extrême-droite va gagner contre le candidat trop centriste devenu, en plus, celui de la finance, de l’industrie de l’armement et du secteur privé de la santé. Tous « bien-aimés » (ironie inside) de l’électorat démocrate qui votent contre ça chaque fois qu’ils peuvent. Ils pourraient ne pas se déranger voire voter Trump, comme ils l’ont déjà fait en 2016. Qui relève le gant dans les commentaires ?

Je ne pense pas que Bernie Sanders passera jamais l’obstacle de son parti, encore moins Tulsi Gabbard. L’alternative, ce sera la fadasse Liz Warren, c’est à dire un Obama bis qui gagnera mais ne servira pas à plus que ne l’avait fait Obama. Ce sera quand même beaucoup mieux que le big business guerrier et financier qui porte Biden. Ne parlons même pas des folies trumpiennes. Mais ne rêvons pas d’une amnistie sur les lanceurs d’alertes ni de l’indispensable musellement des finances, des multi-nationales, gafam et les 8 super-riches qui possèdent la moitié de la planète en 2019. Rappel: ils étaient 62 pour posséder ce pactole en 2016.

En face, le pouvoir russe va changer puisque Poutine est sur le départ et, là, bien malin qui pourra dire dans quelle direction. Nous savons juste que ce sera plus instable que ce n’était pendant les bientôt 20 ans de règne de Poutine. Une raison de plus de craindre une victoire de Joe Biden qui emmènera Hillary comme Vice-présidente ou pire: aux affaires étrangères. Elle ne rêve que d’en découdre avec la Russie (puissance nucléaire) et ses alliés. Elle et sa complice Victoria Nulland ont déjà au moins deux guerres/destructions à leur actif : Libye et Ukraine plus, probablement, celle en Syrie et un paquet d’autres saloperies. Et, non, ni vous ni moi ne souhaitons que la prochaine guerre se passe sur notre sol. Déjà que l’Ukraine avait amené une sensible militarisation de l’extrême-droite européenne et americaine qui n’avait pas besoin de ça pour se développer… Je vous conseille à ce dernier sujet « Le nazisme et la civilisation occidentale » de Jean-Louis Vullierme.