L’irrationalité est rare

Tous les médias « officiels » du monde occidental se disputent le privilège d’être le plus anti-Trump sous l’argument que celui-ci est irrationnel. Cette assertion est probablement vraie dans ce cas d’espèce mais la politique générale des USA, y compris sous son règne, est loin de l’être. Au contraire, la volonté de mettre fin aux collaborations USAméricaines dans les grands organismes internationaux chargés de civiliser le monde, ONU-OMS est cohérente avec l’état des USA actuel.

Les USA ne sont plus l’atelier du monde qu’ils étaient dans l’après-guerre ’39-’45, c’est évident, la Chine a largement pris leur place. Il n’est que de voir les mesures qui la vise sous l’administration Trump. Mais même les états de second rang comme l’Allemagne ou de 3e comme la France sont régulièrement visés par des mesures discriminatoires pour freiner leur domination dans le commerce de luxe, voitures et mode respectivement, aux USA.

Les USA commencent à ne plus être la tête pensante du monde maintenant que les Chinois multiplient les formations de haut niveau grâce à leur développement en plein essor. Par exemple, le principal centre de recherche hors USA de Microsoft y est situé. Je pense que ce n’est qu’un début, de la même manière que les firmes occidentales sous-traitent de leur informatique à l’Inde alors que l’ICT est le cœur de métier de toute entreprise quelle qu’elle soit.

Enfin, le centre financier du monde est en train de se déplacer de Wall Street vers la périphérie et cela va aller en s’accentuant avec l’épanouissement de l’Asie tirée par la Chine, à nouveau, mais aussi l’Inde, la Corée du Sud, le Vietnam et tous les autres dragons.

Il s’y ajoute la faillite prévisible des finances de ce pays qui, grâce au dollar, a vécu depuis trop longtemps largement au-dessus de ses moyens : emballement du déficit tant de la balance des paiements que des budgets de l’État, exploitation des pays liges et soi-disant « alliés », aliénation progressive des fournisseurs de matière première, de main d’œuvre servile et maintenant de produits manufacturés. Tout ça va se finir en crash majeur voire en défaut sur le dette aux détriments de ses grands financeurs, la Chine en tête.

Parallèlement, la trahison des représentants attitrés des 85% entraîne une désaffection de la politique et son corollaire, l’irruption des Caligula de tous poils à la tête du pays, je ne vous citerai pas le plus orange, on l’a trop vu. Au sujet de cette trahison, je ne peux trop vous recommander la lecture de « La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire » (Le Monde Diplomatique, Août 2020, p. 22-23) qui justifie à lui seul l’achat de ce remarquable mensuel.

Le seul point où les USA soient en pointe c’est le militaire… pour le moment. Depuis des dizaines d’années, ils représentent à eux seuls 50% de la dépense militaire dans le monde. La proportion a un peu diminué depuis quelques années, notamment car la Chine accélère fameusement. D’où panique au Pentagone quand ils voient leur dernier porte-avions d’assaut flamber au point d’être irréparable pendant que les Chinois réparent vite fait celui qui, chez eux, a subi un évènement comparable et sont en train d’un construire un deuxième à un rythme incomparable et effrayant aux yeux du Pentagone. Reste que leur domination outrancière des mers et leur millier de bases militaires à travers le monde oblige encore la puissance ascendante du géant asiatique a développer un réseau terrestre via l’intiative « Belt and Road ».

En conclusion, la politique à long terme des USA de se dégager de tout ce qui peut entraver son militarisme et la volonté qui en découle de l’usage de la force pour obtenir ce qu’elle veut est parfaitement cohérente, rationnelle. Ils en sont au dernier stade de l’impérialisme, celui où seul subsiste le complexe militaro-industriel : militarisation de tous les aspects de la société, usage disproportionné dans la force dans l’obtention de la paix civile en interne, mépris de la loi par les polices, milices plus ou moins officielles tant en interne qu’en externe, mercenaires plus ou moins étrangers pour les interventions extérieures d’ailleurs de plus en plus destructrices, inefficaces et illégales tant au regard de l’ordre international que même de leurs lois internes.

***

La France suit avec retard cette déliquescence : désindustrialisation, extrême concentration de la richesse, désaffection des élites et son corollaire: l’arrivée de clowns incompétents et mêletout à la magistrature suprême. Un autre indice : la progressive prétorisation des forces de l’ordre accompagnant une magistrature de plus en plus ouvertement aux ordres, même au PNF, ce qui ne les change « guerre » (sic), hélas. Son aventurisme guerrier et imbécile n’est plus à démontrer, le chaos libyen a été précédé du génocide rwandais et des crimes innombrables mais alors efficients de la Françafrique.

La Belgique n’a pas encore subi la crise économique brutale entraînant une révolte suffisamment menaçante pour le pouvoir en place qui révélerait les mêmes maux dont les fondations sont déjà en place depuis belle lurette grâce à l’effet de choc des « Tueurs du Brabant » et autres Dutroux, notamment. Dans tous ces cas, il est remarquable de voir que les mesures prises à ces occasions ont récompensé les pires incompétents, voire les complices plus ou moins volontaires : gendarmerie comme journalistes « embarqués » dans l’appareil d’état et parfois la classe politique et judiciaire.

Leur efficience sur le Smeerpijp comme sur les « valises » de l’époque Mobutu qui ont largement alimenté les caisses noires de la classe politique belge de la fin du XXe siècle a été remarquablement nulle. Est-il besoin de démontrer plus avant leur efficacité dans la reproduction et la protection de la classe dominante belge ? Si on ne trouve que difficilement dans la presse belge de liste des nombreuses dynasties familiales de leur tissu économique, contrairement aux autres pays, ce n’est peut-être pas un hasard. Je remercie d’avance les commentateurs pour des liens éventuels : la liste des habitants de certains quartiers de Sint-Martens-Latem ou Uccle ferait l’affaire 🙂

Revue de presse du 19 mars 2020

La recommandation du jour, c’est l’article de Ian Johnson paru dans le New York Times du 13 mars et traduit en français par Le Cri des Peuples qui explique comment, dans un mélange de racisme et d’idéologie, nos dirigeants ont perdu le temps offert par la Chine en matière de Covid19. A ce propos, sortir sur son balcon tous les soirs à 20 heures pour applaudir les professionnels de la Santé, c’est bien mais les financer correctement et payer ses impôts, c’est mieux, n’est-ce pas Bill Gates.

Autre recommandation, une critique longuement argumentée des printemps arabes décrits comme « Une guerre de prédation économique d’un Occident en crise (…) » par René Naba, que vous auriez tort de négliger si vous voulez comprendre un peu de géopolitique.

Tout le monde aimera « Neuf réflexions sur COVID-19 et ce qui s’en vient » de Caitlin Johnstone remarquablement traduit par Viktor Dedaj. La version originale en anglais est .

Un texte vigoureusement socialiste rappelle que tant la Chine que Cuba envoient de l’aide à nos pays libéraux si développés qu’ils sont incapables de faire face une épidémie finalement pas mal gérée là-bas. Et cet autre article critique tout aussi vigoureusement l’aspect inhumain des sanctions économiques contre l’Iran et le Venezuela en cette période de pandémie.

Sur un blog d’Alternatives Économiques vous pouvez lire une explication de la crise économique révélée par le Covid19 mais qui lui était pré-existante. Ce peut être complété, en français, par cet article des Économistes Atterrés publié sur El Correo.

Une tribune en faveur de l’anonymat sur Internet, baromètre de la démocratie, publiée par Sputnik et écrite par un lauréat de la française Revue de Défense Nationale. Bonjour, les dissonances cognitives ?

Le russe SouthFront met en lumière et en anglais dans deux articles, la montée des menaces de guerre des USA à l’égard de la Russie. Ce se passera en Europe. Il publie aussi la liste des principales pandémies plus ou moins mondiales classé par nombre de morts. Réjouissant, enfin presque.

Sous le titre « “Nous avons des intellectuels de gauche qui se pensent anticapitalistes, qui le sont au sens de leur militance, mais qui écrivent le récit dont la bourgeoisie a besoin“, Bernard Friot nous gratifie d’un article contre, notamment, la pension à points et « l’acharnement (des libéraux) à en finir avec le droit au salaire des retraités pour réaffirmer que ne peut avoir cours que la pratique capitaliste de la valeur : seuls travaillent ceux qui mettent en valeur du capital et la qualification ne peut pas être attachée à la personne ».

L’info est ancienne mais je la signale car l’auteur vient de gagner son procès contre la société de vente pyramidale Akéo alias MLM alias FAR. Cette victoire lui coûte quand même 4.000 €. Vous pouvez le soutenir, même de 5 €, ça lui fera du bien.

Enfin, au cas où ne le sauriez pas déjà, la religion est un obstacle à la science, même aujourd’hui, même chez nous, même dans nos têtes.

Quelques conséquences d’une guerre à l’Iran

Une guerre de bombardement ne demande pas beaucoup de soldats au sol en Iran. Le modèle est la Serbie où les bombardements ont effectivement provoqué un changement de régime et ont ouvert la voie à l’annexion du Kosovo pour installer une base militaire USA. C’est donc réalisable et même rentable pour les premiers mois aux yeux des américains.

Le souci est que l’Iran a des alliés militaires que la Serbie n’avait pas, hors la Chine ou la Russie qui ne bougeront pas, et que le risque d’embrasement de la région est réel. Cela touchera peu les USA qui sont exportateurs net d’énergie pour le moment. Par contre, l’Europe et surtout la Chine vont souffrir et c’est un but secondaire (ou primaire) d’un conflit au Moyen-Orient pétrolier tel que celui dont rêvent les porte-sabres de la Maison Blanche.

Autre « bénéfice » secondaire, cet embrasement apporterait aussi les prétextes nécessaires au gouvernement israélien pour étendre son territoire et sa zone d’influence.

Tout cela au prix de nouvelles souffrances pour le monde arabe et iranien, au prix de nouvelles vagues d’immigration vers l’Europe, au prix d’un renouveau « terroriste/de la résistance à l’impérialisme » qui justifiera en OTANie encore plus de lois liberticides nécessaires par ailleurs pour l’imposition du néo-libéralisme sur les classes travailleuses. Le modèle est le macronisme.

Caméra et écrans (suite)

En complément à « Caméra et écrans » écrit ici-même il y a juste 8 jours, j’attire votre attention sur un nouvel article où un ancien cadre dirigeant des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) explique comment ils piratent notre attention, nous rendent accros, nous déstructurent, affaiblissent la richesse de nos vies, nous fichent et accessoirement sont un terrain de jeu facile pour les escrocs de tout poil. Il n’est pas le premier et il n’est pas le seul: une ancienne dirigeante de Facebook appelle son ancien employeur « le cancer« . Bref, ils rendent malheureux.

L’extrême-droite allemande utilise « des données policières pour compiler une liste de gens a tuer ». Son rapport est peut-être assez indirect avec notre sujet mais en même temps, on sait que la police utilise intensivement les GAFAM pour nous ficher. Ceux-ci étant des victimes largement consentantes de ces inquisitions plus ou moins légales.

Merci à SebSauvage pour pas mal des liens cités ici.

Guerres impériales et réfugiés

Strategic Culture nous affirme que 50% des réfugiés du monde ont été lancés sur les chemins de l’exil du fait des guerres plus ou moins déclarées des USA. L’opposition interne à ce fait est parfaitement expliquée et représentée par la candidate présidentielle Tulsi Gabbard.

Du Venezuela, victime du blocus économique, au Honduras ou siège un pouvoir terroriste (mis à jour 05/06/2019) issu d’un coup d’état téléguidé et reconnu par les USA, pour ne parler que de l’Amérique Latine. L’Ukraine où 4 milliards de $ apportés par Victoria « Fuck EU » Nulland ont amenés au pouvoir une alliance « droite kleptocratique+extrême-droite néo-nazie« qui ont violemment attaqué tant les communistes que les russophones issus d’un rattachement assez récent (1954) d’une partie de la Russie à ce pays (on attend toujours une nouvelle politique de la part du clown récemment élu président) ; rejetés par la terreur et le négationnisme ukrainien, les habitants de ces régions ne rêvent que d’un retour à leur pays d’origine et, comme le million de réfugiés en Russie, ont été privés du droit de vote tant par les lois que par la force. La Crimée y est parvenue, les habitants du Donbass n’y arriveront vraisemblablement que l’émigration. D’autres zones peuplées plus ou moins majoritairement de non-ukrainiens « de race » en rêvent et sont soutenus par leurs pays respectifs au grand plaisir des suspects habituels.

Les Serbes dont l’infrastructure civile a été réduite à néant par les bombardements « ciblés ». La Syrie où les fous de Dieu payés et soutenus par l’AXE USA-Arabie Saoudite-Israël ont provoqué proportionnellement un des plus grands exodes de ce début du 21e siècle. L’Irak trois fois victime de deux guerres et d’un blocus meurtrier sans compter les retombées radio-actives issue de l’usage intensif de l’uranium « appauvri ». Le Yémen et maintenant l’Iran où blocus et bruit de bottes s’allient pour créer une insécurité propice aux migrations. Tous peuvent témoigner que les guerres de changement de régime ont d’abord atteint les populations.

Une autre constante de ces guerres d’annihilation du pouvoir en place et de la structure économique est la création de seigneurs de la guerre qui prolongent l’agonie. Le pire exemple est la Syrie où terroristes pro-Turcs, Kurdes pro-américains, terroristes soutenus par l’AXE et pouvoir élu s’opposent les uns aux autres mais la 2e place revient probablement à la Libye qui fut un pays social avancé tant économiquement que socialement et fut aussi un parrain de la stabilité régionale, notamment via des subventions Sud-Sud aujourd’hui oubliées. L’importance de ce rôle est évidente au vu des multiples guerres et guérilla qui sont apparues depuis dans cette région.

Le seul débat qui agite aujourd’hui la gauche européenne, submergée par cette émigration issue de guerres voulues par « l’allié » de l’Europe, est de savoir s’il s’agit d’une conséquence voulue ou juste de l’incompétence du-dit. En attendant, les nationalismes relèvent la tête. Et ça, c’est aussi un « changement de régime » qui s’annonce catastrophique.

Non, je ne vous parlerai pas des Gilets Jaunes français


Non parce que plein d’autres le font bien mieux que moi. Rien que sur les dernières 24 heures, j’ai relevé La répression terrifiante du mouvement des gilets jaunes, Les Gilets jaunes de l’Orne en réunion publique : justice, écologie, fraternité, Les Secouristes volontaires toulousains : la paix au coeur des manifestations, la remarquable interview de Maxime Nicolle (Gilets jaunes) par Aude Lancelin (Le Média) à la veille de l’acte 9 des Gilets jaunes, Les Gilets Jaunes sermonnés par Alain Juppé et le journal Le Monde, Gilets jaunes : le dossier pour comprendre la révolte, Proposition d’un Référendum d’Initiative Citoyenne.Par Olivier Berruyer

Et là, je ne vous parle que de 4-5 médias alternatifs parmi les plus fiables, pas de la « presse qui ment » parce que tenue à 90-95% par 9 ou 10 milliardaires français ou des recopiages laborieux de l’AFP qui est devenue « la voix de son maître » depuis ses remodelages sous les dernières présidents français, dont Sarkozy qui fit très fort.

Et puisque la presse qui ment n’en parle pas : Amnesty International publiait une enquête dénonçant « le recours excessif à la force par des policiers » pendant les manifestations des gilets jaunes, c’est . Évidemment, si ce rapport avait parlé de la Russie, du Venezuela ou de la Syrie au lieu de la porte d’à côté, vous l’auriez eu en première page. Là, non. Juste des brèves dans quelques médias.

Le plat du jour, c’est vous

 

D’abord, quelques infos tirées  de https://blogs.mediapart.fr/jean-michel-naulot/blog/181018/faut-il-sattendre-une-crise-financiere-majeure via la revue de presse de l’excellentissime « Les Crises ».

« Quand on analyse l’histoire des grandes crises financières systémiques, on constate qu’elles éclatent lorsque trois facteurs sont réunis : une création monétaire excessive, une dette élevée, une régulation insuffisante. »

(…) Pour illustrer ce dernier point, un exemple : « les robots (…) du trading à haute fréquence (…) représentent la moitié des transactions sur les marchés d’actions, (…) le shadow banking (…) représente 47% de la finance mondiale, l’encours des fonds indiciels (ETF) est par exemple passé de 700 milliards de dollars en 2007 à 4 500 milliards de dollars aujourd’hui » avec pour résultat « qu’à un instant donné, le FMI considère qu’un même titre peut être revendiqué par deux acteurs et demi ».

La création bancaire, principalement via le « quantitative easing » (QE) a provoqué le premier.

Le sauvetage des banques en 2008 (socialisation des pertes) a augmenté encore le second illustré par exemple par http://www.cadtm.org/Grece-le-proces-Georgiou-ou-l-affaire-de-la-falsification-des-statistiques

Comme le montre l’article ci-dessus et mieux encore http://www.cadtm.org/La-politique-de-la-Troika-en-Grece-Voler-le-peuple-grec-et-donner-l-argent-aux le naufrage de la Grèce est aujourd’hui attribué a ce « vol en bande organisée » et non à une quelconque impéritie grecque qui fut bien précieuse pour faire crever de faim le peuple grec et organiser le « kidnapping » de ses universitaires par l’Allemagne comme la privatisation (donc la destruction à terme) de son écologie et de son infrastructure (voir les ponts italiens ou le chemin de fer anglais pour ceux qui croient encore que le privé gère « mieux » les biens communs).

Ceux qui s’imaginent que l’exemple grec n’est pas le menu auquel nous serons tous soumis à plus ou moins brève échéance sont les mêmes qui s’imaginaient que le programme du « New American Century » des néo-conservateurs américains (néo-cons) inauguré pour détruire la Yougoslavie n’était pas la préfiguration de ce qui suivit en Irak, Libye, Syrie, Yemen, Ukraine (4 milliards de $ selon Victoria « fuck EU » Nuland) et bientôt en Iran voire en Chine ou même en Europe.

Pour ceux que ça intéresse, le risque de confrontation militaire en Europe vient brusquement de s’accentuer catastrophiquement avec l’annonce récente de Donald Trump de renoncer au traité sur les missiles nucléaires intermédiaires. Je vous conseille à ce sujet l’article de la Tribune de Genève qui reprend l’intégralité de la dépêche AFP au lieu de réussir l’exploit de la rendre encore plus manipulatrice comme l’a fait la RTBF https://www.rtbf.be/info/monde/detail_trump-annonce-qu-il-va-retirer-les-usa-d-un-traite-sur-les-armes-nucleaires-avec-la-russie?id=10052148

Vous ne mourrez peut-être pas ruinés, après tout 😀

Le Libre pour travailler, le Propriétaire pour jouer

J’utilise Linux (Ubuntu 10.04) pour travailler et Windows (XP) pour jouer. C’est valable pour l’informatique mais peut-être aussi pour la vie en général: l’Etat, l’économie contrôlée, la confiance, le partage et le Revenu Universel pour la vie sociale, la nourriture, l’éducation, la finance et la santé. La spéculation, le libéralisme et la libre concurrence, l’évasion fiscale, les copyright et les brevets pour jouer.

Contre le peuple et la croissance: la finance en général et plus spécifiquement  BCE & banques centrales, FMI et FMI encore. Même le républicain et ancien « director of the Office of Management and Budget » de Ronald Reagan s’y met, appuyé par une « bombe » lancée très discrètement par le FMI: l’économie chinoise dépassera celle des USA en 2015. A propos de la BCE: le candidat le plus probable à sa présidence est Draghi de Goldman Sachs. Oui, oui, la banque qui est à l’origine de la banqueroute de  la Grèce, rassurant, non ?

Il y a pire: « la concurrence libre et non faussée »; c’est l’argument pris par la droite canadienne pour refuser d’envoyer les soldats aider les victimes des inondations. Oui je sais, c’est la 3e fois que je signale ce lien au sein de cet article mais sans la source (sérieuse) que je signale, personne n’y croirait tellement c’est con.

Une vision très noire mais remarquablement écrite des « Derniers jours du monde » par Agnès Maillard du Monolecte. A contrario, une utopie en marche sur l’éducation populaire en France. Et en Belgique, si vous ne connaissez pas l’Université Populaire, je vous invite à y faire regarder leur programme. Autre utopie en marche: le monde du partage et de la collaboration à l’image du P2P et du copyleft.

La vision de sur la rue espagnole par la gauche du PS français représentée par Démocratie & Socialisme. Pour le prix, vous aurez l’adresse de Gérard Filoche (qu’est-ce que ce type fiche encore au P »S » français ? Ça reste pour moi une énigme).

Pas de travail vaut mieux qu’un travail qui vous dévalorise. Ça ne va étonner que les (néo/socio)-libéraux mais c’est toujours utile de voir une étude à ce sujet.

La prochaine « bulle » économique qui va nous péter entre les mains: l’éducation. L’auteur en profite pour nous glisser un mot sur les employés (et cadres) pris dans la chaine des « process » et autres « logiciels d’entreprise ». Et les suicides qui en découlent.

Facebook (dont les liens avec la CIA sont notoires) et autres Twitter ont-ils joué un rôle dans les révolutions arabes ? Peut-être mais à leur corps défendant et en sélectionnant sérieusement lesquelles étaient les « bonnes ».

« Si vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir »

Je suis très préoccupé par les propositions législatives concernant la gouvernance économique de l’Union européenne, en lien avec le « Pacte pour l’Euro », qui sont actuellement en discussion au Parlement européen.

Jusqu’à présent, l’argent de mes impôts a servi à sauver les banques et les grands investisseurs, alors que je dois, chaque jour davantage, supporter la dégradation des services publics, du pouvoir d’achat, des salaires et des retraites.

Les propositions de la Commission européenne et des gouvernements de l’Union risquent d’aggraver encore situation. Elles obligent les gouvernements européens à une surenchère de mesures d’austérité pour satisfaire l’industrie financière.  Depuis tant d’années qu’elles sont imposées dans les PVD, nous avons vu et revu que les « purges » à la mode FMI (reprises par la BCE) ne font qu’appauvrir encore plus ceux qui doivent les subir, à briser les classes moyennes, à détruire la démocratie en la privant de ses supports naturels: liberté, égalité, fraternité, justice. De plus, elles accordent à la Commission européenne des pouvoirs considérables pour surveiller et sanctionner les Etats, sans réel contrôle démocratique, notamment des Parlements, tant européen que nationaux.

Je souhaite ici vous informer de mon opposition ferme à ces dispositions. La coordination économique à l’échelle européenne doit se faire dans l’intérêt des peuples et dans le sens souhaité par vos électeurs. Rappelez-vous ce slogan espagnol « si (en nous réduisant à la misère) vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir ».

En tant que citoyen européen, je vous appelle à rejeter ces propositions législatives à l’occasion du prochain vote au Parlement européen. Un dialogue doit s’engager avec les organisations de la société civile et les citoyens, afin que la coordination des politiques économiques mette en premier plan l’intérêt des gens et non celui de la spéculation financière qui va nous précipiter dans la prochaine crise comme elle nous a jeté dans la précédente.

C’est à adapter et à signer chez « www.oureurope.org »

« Du peuple, par le peuple, pour le peuple »

Vivons-nous en démocratie ? « La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » pour reprendre l’expression d’un des pères fondateurs de la république américaine qui l’avait empruntée à Périclès.

Où voyez-vous « le gouvernement du peuple » quand tant de ses dirigeants s’auto-exonèrent de la loi (Italie, France…) et/ou effacent du code pénal les délits (financiers)  de leurs mandants. Et quand miracle, des puissants sont pris dans les filets entre les fautes de procédure et la prescription, jamais ne sont condamnés. Quand les politiques suivies condamnent sans appel la prochaine génération à vivre plus mal que la précédente: épuisement des ressources, pollution, fonds de pension qui pressurent le travailleur d’aujourd’hui et encore plus celui de demain pour le bénéfice… de qui, au fait ?

Où voyez-vous « par le peuple » quand les médias sont dans les mains des partis ou pire encore des industriels, quand le pouvoir en place s’assied sur les résultats de ses référendums en faisant voter encore et encore jusqu’à ce que le « bon choix » soit fait (Irlande, etc…) ou plus simplement en contournant ce vote (France) ? Où les résultats des élections sont sur-déterminées par l’argent et la classe sociale ? Où les possédant disposent d’un accès direct à « leur » élu ? Où quelques (très grosses) dizaines de jours après les élections, il n’y a toujours pas de gouvernement (Belgique) ?

Où voyez-vous « pour le peuple » quand ce pouvoir aide les banques plus que les gens, quand les inégalités se creusent, quand l’ascenseur social s’arrête ou fonctionne à rebours ? Quand  (voix chevrotante) « les jeunes d’aujourd’hui, mon bon monsieur » n’ont simplement plus d’avenir s’ils ne sont pas blancs, issus de la bonne classe sociale, du bon quartier et de la bonne école… payante, évidemment. Et à condition de vivre dans le bon pays.

Car bien sûr, il est plus confortable de vivre dans un pays proche du cœur de l’empire qui bénéficie des fruits du pillage du tiers-monde et de Gaïa que dans des pays dont les principales exportations sont ses enfants et/ou ses matières premières. A ce sujet, avez-vous remarqué que plus les sous-sols d’un pays africain sont riches plus les habitants sont pauvres et soumis aux guerres et aux dictatures ?

Avoir des richesses à distribuer pour calmer l’absence d’avenir ne fait pas de nos pays des démocraties. Juste des séquelles de l’empire romain où l’on distribuait du pain et des jeux pour calmer le sentiment d’injustice. Ah oui, « modernité » oblige, l’on y cultive aussi les caméras, la xénophobie et le sentiment d’insécurité (pas sociale, bien sûr) pour tenir le tout en place.