La première conférence de presse des Talibans

J’ai collationné ici différentes sources en anglais (USA) sur la 1ère conférence de presse du nouveau pouvoir Afghan. La presse francophone dominante (MSM) n’en parle pas ou attend que le New York Times (NYT) et le Washington Post (WaPo) aient décidé du sens du vent, comme d’habitude. Je vous conseille toutefois de jeter un coup d’œil à Investg’Action qui est généralement fiable en matière de monde arabe et a été très réactif. Le Grand soir offre une rapide chronologie des évènements de l’Afghanistan moderne.

La conférence a commencé par une récitation du Coran félicitant les vainqueurs et une autre sur l’unité. Elle se poursuit avec les points suivants

  • Nous avions le droit légitime de libérer le pays.
  • Nous pardonnons à tous ceux qui ont combattu contre nous.
  • Nous ne voulons pas d’ennemis externes ou internes.
  • Un gouvernement fort, islamique et inclusif.
  • Pas de victimes talibanes à Kaboul.
  • Assurer la sécurité à Kaboul.
  • Assurer la sécurité des ambassades.
  • Nous ne voulons ni chaos ni désagréments à Kaboul.
  • Confirme que les Talibans ne se sont rendu à Kaboul que pour assurer la sécurité dans les rues. Les émeutiers, les voleurs voulaient utiliser le nom des Talibans pour fouiller les maisons, etc.
  • Assure la sécurité de tous les pays voisins.
  • Assure à la communauté internationale qu’aucun pays ne sera lésé à partir du sol afghan.
  • Droits des femmes dans le cadre de la charia. Éducation, travail, etc. autorisés.
  • Construira des infrastructures pour l’économie afghane.
  • Demande à la communauté internationale d’y contribuer.
  • Assure l’activité des médias. Ils peuvent continuer à faire des reportages. Mais rien n’est contraire aux valeurs islamiques. Doit être impartial. Doit critiquer le travail de Talibans afin que le gouvernement Taliban puisse s’améliorer.
  • Les médias ne doivent pas travailler contre les valeurs nationales ou l’unité de la nation.

La version proposée ici vient de Moon of Alabama que j’ai traduit pour vous avec l’aide de Deepl et que j’ai vérifiée sur ce plan.

J’ai aussi relevé pour vous les diverses précisions venant d’autres sources à propos du statut des femmes Afghanes : « La burqa ne sera pas obligatoire, le foulard le sera (…) Les femmes pourront suivre l’enseignement y compris l’université (…) Elle pourront travailler (…) Tous les droits des femmes seront garantis dans les limites de la loi islamique. Les talibans considèrent les femmes comme un élément clé de la société, mais elles doivent se conformer aux normes de l’islam. » Notons au passage que c’est une femme qui a présenté Zabihullah Mujahid, l’intervenant de la conférence.

Comme la source primaire est arabophone, ce que je reprend ici sont des traductions de l’Afghan vers l’Américain vers le Français. Pour vérifier, j’ai été voir la source vidéo qui sert de base et dit en (très) résumé par un arabophone : « nous nous sommes battus pour notre patrie pendant 20 ans, nous nous sommes battus pour notre religion, l’islam et la loi islamique. Maintenant que la guerre est terminée, nous voulons être pacifiques. Nous avons des ambassades étrangères dans notre pays. Nous les protégerons. Nous autorisons les femmes dans chaque partie du pays selon le système islamique et les droits des femmes que l’Islam donne. Nous donnerons ces droits aux femmes et enverrons au monde le message que nous sommes un peuple pacifique et que nous voulons vivre en paix. Laissez-nous vivre dans notre propre pays. Nous voulons avoir de bonnes relations diplomatiques avec le monde. Et nous voulons établir un système islamique dans leur pays. Parce que nous sommes musulmans, notre religion et notre société sont l’Islam et nous voulons vivre sous la loi islamique ». Confirmation donc des versions anglophones.

Bien sûr ce sont des déclarations. On attend l’application de la chose et les détails où se niche le diable. Accessoirement, il sera très utile de voir comment notre presse va traiter la chose. De leur attitude, nous pourrons déduire très précisément la ligne officielle occidentale au sujet du nouveau pouvoir Afghan.

Sans aucun rapport mais un média russophone affirme que le chaos à l’aéroport ces derniers jours était principalement dû à sa prise de contrôle par les militaires USAméricains ( +/-7.000 soldats) qui l’ont utilisé à leur service exclusif sans se préoccuper le moins du monde des avions civils prévus. Ce serait cohérent avec leurs habitudes mais j’attends d’autres sources pour affirmer la chose.

Pour continuer sur les informations douteuses, j’ai été lire les commentaires de la vidéo sur YouTube. Comme par hasard, les premiers intervenants s’affirment arabophones et critiquent lourdement la traduction anglaise proposée mais n’offrent bizarrement aucune traduction de remplacement ni même des détails sur les points critiqués, contrairement à leurs quelques contradicteurs. Ça ressemble très fort aux comportements des manipulateurs et trolls plus ou moins gouvernementaux sur les médias sociaux comme on en voit trop souvent. A suivre !

Le futur « territoire » perse

La guerre d’Iran aura lieu, d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs, elle a déjà commencée avec le blocus économique que ce dernier subit depuis de nombreuses présidences américaines. Elle est inéluctable car les USA ne peuvent tolérer un gouvernement qui ne leur soit pas totalement soumis, au pilotage des 4e réserves mondiales de gaz et de pétrole. La remarque vaut aussi pour le Venezuela, 3e réserve mondiale des mêmes. Ne parlons pas de la diabolisation de la Russie, comme par hasard bien placée dans cette histoire.

L’énergie, même celle dépassée que constituent les hydrocarbures liquides ou gazeux, est une nécessité absolue pour ceux qui se veulent les maîtres du monde au 21e siècle et qui ne peuvent le rester que par la violence et la force militaire démesurées.

Parlant du conflit à venir avec l’Iran, Elijah Magnier, vient d’écrire ce qui suit : « (l)a dissuasion iranienne s’est imposée d’une manière ou d’une autre » (sic) sur son site payant. Avec tout le respect que je dois à cet auteur généralement pertinent, je dois dire que je ne le comprend pas : Israël bombarde les forces iraniennes en Syrie au moins chaque semaine depuis un an environ, sans aucune réaction ou riposte significative de l’Iran jusqu’à présent. Qui a la force de dissuasion ici ?

Ne nous faisons pas d’illusion : rappelons-nous comment la « 4ème armée du monde » (sic) irakienne a été vaincue en quelques jours avec très peu de morts occidentaux après 6 mois de bombardements américains quotidiens et intensifs. Qui peut soutenir une telle cadence de feu pendant une si longue période à part les USA et peut-être la Chine ? Personne n’a été capable d’arrêter les bombardements de l’OTAN sur la Syrie qui ont conduit à la chute du pays, non plus. Certes l’Iran est bien plus grand, mais est-ce un obstacle suffisant ? J’en doute et je crains que l’Otanie pense de même.

Certains ont une haute opinion des S-400/S-500 russes pensant qu’ils seront plus ou moins efficients pour contrer ces bombardements. Premier souci, ils ne sont pas iraniens ! En prime, ces fleurons de l’armée russe ne sont pas conçus pour arrêter des essaims de bombes guidées et de drones bon marché actuellement utilisés des deux côtés du champ de bataille moderne (voir récemment en Azerbaïdjan). Ce n’est pas leur but qui est bien stratégique* et non tactique. Idem pour les chasseurs Su-35s/Su-53, bien supérieurs au dispendieux (surtout à l’usage) F-35 dont nous attendons toujours la mise en service effective, faute de simulateurs pour entraîner les pilotes et de pièces détachées pour les entretenir.

Certains occidentaux disent que le F-35 sera un jour une merveille, la plupart des commentateurs autorisés aux USA et en Europe en doutent de plus en plus ouvertement mais de tout façon, ils ne constituent pas ce qui sera principalement utilisé contre l’Iran en cas de conflit de grande ampleur, du moins si l’on se réfère aux offensives passées : des essaims de vieux missiles de croisière « US-cheap** » lancés par les USA, jours après jours, depuis une Arabie Saoudite ou l’autre voire une flotte du premier cité saturera toute défense iranienne et détruira toute infrastructure, éventuellement après un bombardement de précision des batteries de missiles anti-navires. Et ça s’arrêtera là pour le principal.

L’occupation au sol est facultative et vise juste à amplifier le résultat de ce genre de guerre qui abouti à créer un territoire sans tête, déchiré par des seigneurs de la guerre abondamment arrosés en armes légères, là où se trouvait un pays. A plus long terme, le but est la balkanisation de la cible comme dans le prototype de la Yougoslavie qui a précédé dans le désordre en Libye, en Syrie, en Somalie, en Irak et ainsi de suite. Le Venezuela et l’Iran sont sur leur liste des choses « à faire ». Nous espérons tous qu’ils échoueront mais je ne parierais pas d’argent là-dessus : notamment parce qu’il reste à voir si la Chine et la Russie risqueront un conflit de grande ampleur avec les États-Unis pour empêcher la destruction d’un allié somme toute assez secondaire pour eux et dont l’exemplarité symbolique n’est pas évidente.

Reste la question du détonateur du conflit : en l’état, nous sommes nombreux à penser à Israël mais la dictature, pardon,: le royauté absolue des Saoud fera aussi bien l’affaire. Le prétexte sera l’une ou l’autre réaction iranienne aux agressions quotidiennes du roquet apartheido-religieux pré-cité ou du MBS affligé de son habituelle et agressive folie des grandeurs (aventurismes Yemen, Qatar, Kashoggi, etc…). Si ça ne suffit pas, les faux drapeaux n’ont pas été inventés pour les chiens : voyez les Anglais qui en usent et abusent depuis 1970, au moins, ou les USA où ils sont indispensables depuis toujours. La presse-système otanienne (Les WashPo, NYT, Monde, CNN, BBC & C°) se chargera de la propagande où le psittacisme tient lieu de preuve et de mobile***.

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(*) Leur mission est de protéger certains points stratégiques Russes et bien ciblés contre des missiles balistiques nucléaires et les bombardiers du Strategic Air Command : les B-52 et B-1, le discret B-2 comme le futur B-21. Éventuellement aussi quelques chasseurs bombardiers Français porteurs d’armes nucléaires qui tenteraient une percée vers Moscou.

C’est tout et c’est déjà beaucoup à l’échelle du budget militaire Russe qui n’est que la moitié, oui, LA MOITIE des budgets militaires réunis des 3 grands « européens » la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne (cf. chiffres du suédois SIPRI et al.). Je ne parle même pas des USA, là nous changeons tout simplement d’ordre de grandeur.

(**) L’expression « US-cheap » essaye d’exprimer en peu de mots qu’à l’échelle du gargantuesque (et mal utilisé) budget militaire US, ça ne leur coûte pas grand-chose. En prime, leur valeur par rapport à la richesse de USA est ridiculement basse par rapport au prix des rares anti-missiles que pourrait leur opposer le pauvre Iran. N’oubliez pas que les USA ou Israël utilisent sans état d’âme des missiles de précision, valant des dizaines de millions de $ pour détruire des bunkers arabes valant à l’unité 2 ou 3.000 $ à tout casser, c’est le cas de le dire.

(***) Voir article suivant

Le ridicule ne tue toujours pas, au moins en politique.

Le président des USA vient de déclarer que les USA n’ont jamais influencé d’élections dans le monde 😂😂😂 Et le pire est qu’aucun journaliste occidental présent n’a même souri et encore moins posé la plus petite question.

Même si vous ne parlez pas anglais, allez à 2:24 dans cette vidéo pour avoir la liste des manipulations d’élections et de renversements de gouvernements, date incluses, dont nous sommes sûrs car ils les ont plus ou moins officiellement reconnus. Kissinger a encore récemment affirmé sa culpabilité à propos du Chili d’Allende et Victoria « F*ck EU » Nuland se vantait sur antenne de ce que son gouvernement (les USA) avait investi 5 milliards dans le renversement du gouvernement élu d’Ukraine .

Beaucoup de gens pensent que même en Europe de l’Ouest, leurs sales pattes ont été et sont encore partout : l’attentat de la gare de Bologne en 1980 en Italie portait à l’évidence (judiciaire) les empreintes digitales des services secrets italiens qui étaient de facto dirigés à l’époque par la CIA.

« Ils volent pour tuer » disait la très policière DH en 1982, faisant pour l’occasion preuve d’une clairvoyance inhabituelle à propos des introuvables Tueurs du Brabant (Belgique). Ces « combattants sauce terreur » démontrèrent une belle pratique de techniques de combat dignes de soldats très entraînés par des instructeurs militaires de haut niveau. Justement PAS des copains des flics informateurs habituels de la DH, tiens ! En tout cas, leurs attaques tombaient à pic pour faire passer certaines lois sécuritaires réclamées à corps et à cri par l’OTAN à l’époque pour protéger le SHAPE en cours d’aménagement.

Quand ils n’étaient pas occupés à faire exploser des vitres et accidentellement deux pompiers, les maladroits CCC ont profité des moments de repos des Tueurs ci-dessus pour attaquer des cibles « militaires » en Belgique. En l’occurrence, un oléoduc de l’OTAN. La presse précisât qu’il était en cours de démolition… bien longtemps après les évènements. Qui avait passé ces vrai-faux plans à Pierre Carette et ses camarades est une question qui n’a jamais été posée officiellement pour autant que je sache !?

Dans le même goût, un « patron » d’une des organisations terroristo-combattantes allemandes de l’époque de la RAF (1970-1988), Bommi Baumann, affirme dans son livre en français « Tupamaros Berlin-Ouest » que les premières armes de son groupe lui furent données par un agent de l’équivalent allemand de la Sûreté de l’Etat (belge) ou du SDECE (français) qui s’est dévoilé comme témoin à un de leurs procès. Des gens qui ne se sont certainement jamais coordonnés avec la CIA ni leur ont obéi, vous pensez bien. D’ailleurs, si le Parti Communiste et les communistes furent chassés d’Allemagne de l’Ouest en 1972, cette idée leur est venue spontanément.

En Espagne en 1973, les USA en avaient officiellement marre du régime franquiste, trop retardataire à leur goût. Un attentat à l’explosif a tué le successeur désigné du Caudillo, Carrero Blanco, à la façon dont fut exécuté Rafic Hariri au Liban : beaucoup, mais vraiment beaucoup d’explosif et un détonateur au petit poil. Pas vraiment du matériel de guérillero, genre ETA et peut-être Grapo, qui revendiquèrent officiellement l’attentat. Juste une question : si c’est bien l’ETA qui en fut l’origine comme le prétend toujours la version officielle, pourquoi n’a-t-elle jamais réussi un coup du même tonneau contre Franco, autrement plus symbolique ? L’attaque était de plus particulièrement bien synchronisée : juste le jour de la visite de Kissinger venu à Madrid prévenir les autorités des risques de subversion communiste. Le hasard fait bien les choses, non ?

Feu le champion du monde au saut en hauteur en voiture blindée, Carrero Blanco, a dû être remplacé au pied levé par le très corruptible roi Juan Carlos qui a livré son pays au « capitalisme moderne ». Traduisons en français : « les capitaux US ». Les réformes royales (et socio-démocrates) ont laissé intact l’appareil juridico-policier hérité du franquisme, à commencer par la Guardia Civil, les juges et quelques escadrons de la mort qui ont sévi au pays Basque, y compris en France. Cette même « justice » héritée du franquisme a tout récemment condamné des politiciens séparatistes catalan à des peines de prison. Du jamais vu en Europe de l’Ouest sur ce genre de sujet : vous imaginez le représentant du VOKA, Bart De Wever ci-devant bourgmestre d’Anvers, se faire entôler pour séparatisme ? On vous le disait, le ridicule ne tue pas, en tout cas pas en politique.

L’oncle Joe

Les-Crises : Comment percevez-vous l’arrivée prochaine du duo Biden-Harris à la tête de la Maison-Blanche, notamment en ce qui concerne le Proche-Orient ?

J-M Bourget : Biden ne va rien changer de fondamental. Sauf adapter des méthodes moins brutales, moins caricaturales. Mais son équipe est composée de personnages aussi redoutables que les « néoconservateurs » des Bush. Plus même, car avec un vernis indu de défenseur des droits de l’homme, Biden sera capable d’imposer n’importe quelle mesure néo-coloniale et de conquête dès qu’elle sera bonne pour le capitalisme américain. Obama était un magnifique VRP, mais combien de centaines d’innocents a-t-il assassinées avec ses drones ?

La gauche de droite sera perdante et nous avec elle

Pour aujourd’hui, je ne saurais trop vous recommander la lecture de « L’incapacité de la gauche à reconnaître un paysage économique profondément modifié donne à Trump une réelle chance de remporter cette élection ». Oui, le titre est long mais l’article est court et se conclut brillamment par ces mots :

« La réélection éventuelle de Trump ne sera pas le résultat de sa capacité à résoudre les problèmes socio-économiques, mais plutôt le résultat de l’échec de l’opposition à les reconnaître. La gauche politique, attachée à l’économie néolibérale, est réticente à envisager des réformes économiques. Le résultat a été une plate-forme politique dénuée de sens et destructrice composée de politiques identitaires qui divisent, de théories du complot anti-russes et de se concentrer sur les personnalités plutôt que sur le contenu. Le ticket Joe Biden-Kamala Harris incarne parfaitement le vaisseau vide qu’est devenu le Parti démocrate. »

Ce texte décrit avec justesse l’impasse que représente « la gauche de droite », idéologiquement incapable de sortir de « Tina » depuis 40 ans. Comme trop souvent et depuis trop longtemps, ce sont ses trahisons des luttes de la classe ouvrière, sa haine du marxisme et sa suffisance qui vont nous précipiter tout droit dans la catastrophe fasciste.

Comme en 1933 en Allemagne, nous voyons les nervis néo-nazis américains être protégés par une police qui n’obéit plus qu’à elle-même et à l’idéologie que sa fonction sous-tend. Et toujours comme en ’33, c’est l’agitateur lui-même, ici Trump, qui se pose en pacificateur des troubles que son idéologie fasciste et ses discours racistes ont provoqués dans une classe ouvrière jetée sciemment et depuis 40 ans dans une sous-prolétarisation à la fois financière, idéologique et politique.

Le 25 octobre 2019, j’avais imprudemment prédit que Joe Biden serait choisi par les Démocrates et qu’il allait perdre face à Trump. J’avais raison pour la première partie. J’espère toujours avoir tort pour la seconde mais je ne m’attendais pas à ce que ce ticket perdant se soit encore déforcé lui-même en s’adjoignant l’insignifiante et droitière Kamala Harris, destinée à remplacer le vieux Joe dès que le gâtisme du candidat se sera trop vu.

Cette « gauche de droite » ne nous décevra décidément jamais dans sa nullité en ne nous proposant que le néo-libéralisme de la finance, en perte de vitesse, comme alternative à l’extrême-droite d’une industrie lourde en voie d’extinction. A l’identique en France, Macron l’emporte encore sur Le Pen mais à force de « désespérer Billancourt » il est permis de se demander pour combien de temps encore. En Flandre, l’extrême-droite est déjà incontournable.

Hypothèses farfelues en Corée

Il est rationnel que les USA soufflent le chaud et le froid en Corée. S’ils ne peuvent que réprimer la montée vers l’atome de la Corée du Nord qui menacerait leur sphère d’influence locale, ils se doivent aussi de freiner toute coopération entre les deux entités de cette péninsule.

Le cauchemar américain pourrait être que le Nord devienne « l’atelier bon marché » de la Corée du Sud voire de la Russie ou même de la Chine où le revenu moyen de l’ouvrier dépasse aujourd’hui celui de pas mal de pays de l’Europe de l’Est. Une hypothèse pas du tout improbable à long terme vu le délabrement de l’économie du Nord incapable de démarrer seule son industrialisation, ce dont les autorités sont bien conscientes, au contraire de ce que l’URSS stalinienne et la Chine post-Mao ont réalisé.

Cette industrialisation est absolument indispensable à la survie militaire du régime communiste coréen, comme l’ont prouvé l’échec de l’invasion allemande en Russie en ’41 contrée par le peuple de l’URSS mais surtout par la croissance continue de leur industrie qui a largement surpassée celle l’Allemagne dès 1943, voire à ce sujet « La Russie en guerre » d’Alexander Werth et « Les guerres de Staline » de Geoffrey Roberts. Du côté Chinois, la longue histoire du colonialisme dans ce pays, Guerres de l’Opium incluses, a également démontré son ardente nécessité.

Est-ce si farfelu d’imaginer ce futur ? Les commentaires vous sont ouverts.

L’irrationalité est rare

Tous les médias « officiels » du monde occidental se disputent le privilège d’être le plus anti-Trump sous l’argument que celui-ci est irrationnel. Cette assertion est probablement vraie dans ce cas d’espèce mais la politique générale des USA, y compris sous son règne, est loin de l’être. Au contraire, la volonté de mettre fin aux collaborations USAméricaines dans les grands organismes internationaux chargés de civiliser le monde, ONU-OMS est cohérente avec l’état des USA actuel.

Les USA ne sont plus l’atelier du monde qu’ils étaient dans l’après-guerre ’39-’45, c’est évident, la Chine a largement pris leur place. Il n’est que de voir les mesures qui la vise sous l’administration Trump. Mais même les états de second rang comme l’Allemagne ou de 3e comme la France sont régulièrement visés par des mesures discriminatoires pour freiner leur domination dans le commerce de luxe, voitures et mode respectivement, aux USA.

Les USA commencent à ne plus être la tête pensante du monde maintenant que les Chinois multiplient les formations de haut niveau grâce à leur développement en plein essor. Par exemple, le principal centre de recherche hors USA de Microsoft y est situé. Je pense que ce n’est qu’un début, de la même manière que les firmes occidentales sous-traitent de leur informatique à l’Inde alors que l’ICT est le cœur de métier de toute entreprise quelle qu’elle soit.

Enfin, le centre financier du monde est en train de se déplacer de Wall Street vers la périphérie et cela va aller en s’accentuant avec l’épanouissement de l’Asie tirée par la Chine, à nouveau, mais aussi l’Inde, la Corée du Sud, le Vietnam et tous les autres dragons.

Il s’y ajoute la faillite prévisible des finances de ce pays qui, grâce au dollar, a vécu depuis trop longtemps largement au-dessus de ses moyens : emballement du déficit tant de la balance des paiements que des budgets de l’État, exploitation des pays liges et soi-disant « alliés », aliénation progressive des fournisseurs de matière première, de main d’œuvre servile et maintenant de produits manufacturés. Tout ça va se finir en crash majeur voire en défaut sur le dette aux détriments de ses grands financeurs, la Chine en tête.

Parallèlement, la trahison des représentants attitrés des 85% entraîne une désaffection de la politique et son corollaire, l’irruption des Caligula de tous poils à la tête du pays, je ne vous citerai pas le plus orange, on l’a trop vu. Au sujet de cette trahison, je ne peux trop vous recommander la lecture de « La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire » (Le Monde Diplomatique, Août 2020, p. 22-23) qui justifie à lui seul l’achat de ce remarquable mensuel.

Le seul point où les USA soient en pointe c’est le militaire… pour le moment. Depuis des dizaines d’années, ils représentent à eux seuls 50% de la dépense militaire dans le monde. La proportion a un peu diminué depuis quelques années, notamment car la Chine accélère fameusement. D’où panique au Pentagone quand ils voient leur dernier porte-avions d’assaut flamber au point d’être irréparable pendant que les Chinois réparent vite fait celui qui, chez eux, a subi un évènement comparable et sont en train d’un construire un deuxième à un rythme incomparable et effrayant aux yeux du Pentagone. Reste que leur domination outrancière des mers et leur millier de bases militaires à travers le monde oblige encore la puissance ascendante du géant asiatique a développer un réseau terrestre via l’intiative « Belt and Road ».

En conclusion, la politique à long terme des USA de se dégager de tout ce qui peut entraver son militarisme et la volonté qui en découle de l’usage de la force pour obtenir ce qu’elle veut est parfaitement cohérente, rationnelle. Ils en sont au dernier stade de l’impérialisme, celui où seul subsiste le complexe militaro-industriel : militarisation de tous les aspects de la société, usage disproportionné dans la force dans l’obtention de la paix civile en interne, mépris de la loi par les polices, milices plus ou moins officielles tant en interne qu’en externe, mercenaires plus ou moins étrangers pour les interventions extérieures d’ailleurs de plus en plus destructrices, inefficaces et illégales tant au regard de l’ordre international que même de leurs lois internes.

***

La France suit avec retard cette déliquescence : désindustrialisation, extrême concentration de la richesse, désaffection des élites et son corollaire: l’arrivée de clowns incompétents et mêletout à la magistrature suprême. Un autre indice : la progressive prétorisation des forces de l’ordre accompagnant une magistrature de plus en plus ouvertement aux ordres, même au PNF, ce qui ne les change « guerre » (sic), hélas. Son aventurisme guerrier et imbécile n’est plus à démontrer, le chaos libyen a été précédé du génocide rwandais et des crimes innombrables mais alors efficients de la Françafrique.

La Belgique n’a pas encore subi la crise économique brutale entraînant une révolte suffisamment menaçante pour le pouvoir en place qui révélerait les mêmes maux dont les fondations sont déjà en place depuis belle lurette grâce à l’effet de choc des « Tueurs du Brabant » et autres Dutroux, notamment. Dans tous ces cas, il est remarquable de voir que les mesures prises à ces occasions ont récompensé les pires incompétents, voire les complices plus ou moins volontaires : gendarmerie comme journalistes « embarqués » dans l’appareil d’état et parfois la classe politique et judiciaire.

Leur efficience sur le Smeerpijp comme sur les « valises » de l’époque Mobutu qui ont largement alimenté les caisses noires de la classe politique belge de la fin du XXe siècle a été remarquablement nulle. Est-il besoin de démontrer plus avant leur efficacité dans la reproduction et la protection de la classe dominante belge ? Si on ne trouve que difficilement dans la presse belge de liste des nombreuses dynasties familiales de leur tissu économique, contrairement aux autres pays, ce n’est peut-être pas un hasard. Je remercie d’avance les commentateurs pour des liens éventuels : la liste des habitants de certains quartiers de Sint-Martens-Latem ou Uccle ferait l’affaire 🙂

La prédiction foireuse du jour

Contrairement à ce que certains ont pu penser, dont moi, Trump a de grandes chances de perdre les élections présidentielles américaines car sa personnalité fragile a très logiquement complètement « lâché » face à la complexité du monde et des décisions à prendre dans cette période de crise sanitaire et économique. Sa dénégation du réel est devenue évidente pour tout américain qui a plus de deux cellules grises.

Il lui reste les religieux, les militaires de base et les rednecks. Même les cols bleus qui avaient été décisifs en 2016 vont être durement impactés par les retombées du Covid-19. Improbable redressement économique rapide ou perte des élections forment l’alternative actuelle.

Joe Trump ou Donald Biden ?

Le Démocrate Biden, militariste, impérialiste et chouchou de la finance mondialisée, soutenu par l’aile néo-cons du parti Républicain qui le reconnaît comme l’un des siens ou Trump, allié de l’industrie US et des fous de Dieu dont l’incompétence et, disons-le ouvertement, la folie avérée peut aboutir n’importe où mais qui est, jusqu’à présent, le seul président américain depuis Kennedy à ne pas avoir lancé de nouvelle guerre à l’étranger ?

Parlons franc : en tant qu’habitant des USA, battre Trump est un impératif malgré les casseroles (corruption, harcèlement, faucon) de Joe Biden. En tant qu’habitant d’Europe, mon jugement est largement plus réservé. Biden & Son, nous les avons vus à l’œuvre en Ukraine et il ne vont pas changer de route. Cette présidence signifiera une accentuation de la pression sur la Russie depuis l’Europe et ainsi qu’une très probable « révolution de couleur » en Biélorussie. Le tournant serbe vers l’Otan va s’accentuer. Etc… Cela va accélérer le raidissement russe déjà bien entamé.

Globalement, nous nous dirigeons tout droit vers une guerre en Europe ou en tout cas d’alarmants bruits de bottes qui vont accentuer en retour la répression des forces progressistes dont nous avons déjà goûté les effluves sur tout l’ouest-européen et en Amérique Latine au temps de sa vice-présidence : militarisation de la police, caporalisation de la justice, mise au pas des syndicats, « libéralisation » des services notamment d’État, écrasement des pauvres au profit des puissants, le tout recouvert d’un mince vernis vert, assaisonné d’un « féminisme » de droite et d’un timide anti-racisme d’apparence.

Les infos de la semaine

Le premier ministre italien en fait vraiment trop ! Pensez qu’il vient de décider de distribuer 400 millions soit 9 € à chaque travailleur pauvre dans son pays, 12.5% de la population, au minimum, pour ne prendre que ceux qui vivent de l’économie informelle réduite aujourd’hui à zéro pour cause de confinement. 9 € par jour ? Vous rêvez ! Par semaine ? Pas mieux. Par mois ? Non plus. 9 € pour l’ensemble de la crise Covid-19. Au minimum six (6) semaines de confinement à moins de 1,5 € par semaine, les voilà gras.

Deux recherches scientifiques différentes (en anglais) pour vous parler de la survivance du virus sur les surfaces inanimées et une synthèse en français sur l’excellent « Les Crises« . Premier danger: les pièces de monnaie et les billets. Payez par carte, je vous en supplie. Déjà que vous êtes pas nombreux ici, si en plus je vous perd… Sinon, vos vêtements (2 jours) le métal des clinches de porte et des poignées dans le métro (2-4 jours), le verre (4 jours) et le plastique des terminaux de paiement et autres conservent le virus pendant 2 jours au moins. Mettez des gants et lavez-vous les mains. Et n e t t o y e z chez vous. Comme il y a une majorité d’hommes* ici, un petit conseil entre nous : n’attendez pas que madame le fasse. Vous aussi vous êtes à la maison* et, argument-massue, vous êtes plus fragile qu’elle face à cette infection. Ou pas.

Dans ce monde cruel où BNP Paribas veut absolument rapatrier les bénéfices de BNP Belgique, il reste les anges : Alteon Health vient de décider de réduire son train de vie : il diminue les salaires non pas de son PDG mais des médecins et infirmières dont il est un des plus gros pourvoyeurs pour les services de santés aux USA. On devine sans peine la joie de ces travailleuses et travailleurs qui prennent chaque jour les plus grands risques sans même le minimum de vêtements de sécurité. Pire, ils sont parfois punis lorsqu’ils en utilisent malgré tout pour cause « d’image de marque de l’hôpital » (sic). Désolé, je suis trop malade pour vous retrouver le lien mais la source est valide.

En France, on s’enfonce dans l’État policier. Déjà que les pouvoirs spéciaux que s’étaient attribués Macron et son équipe de godillots étaient parmi les plus larges de l’hémisphère nord, mais en plus les pandores font violemment du zèle, principalement dans « les quartiers ». Ils font de même à Bruxelles, d’ailleurs. Il est évident qu’une famille élargie a plus de mal à être confinée dans 60 m2 qu’une famille nucléaire dans 160 m2 avec jardin mais en plus, les policiers viennent y inspecter les sacs à provisions pour s’assurer que vous n’êtes bien aller acheter que des produits « indispensables ». On les attend toujours dresser des PC aux Porsche devant chez Fauchon dont l’indispensabilité reste à prouver. Il y a même une ado maghrébine qui se plaint qu’un flic (désolé, ici c’est le seul mot qui convient), un flic, disais-je, lui a reproché d’avoir acheté des tampons menstruels. Une seule source, c’est léger mais en même temps 50% des policiers français votent Le Pen, ce ne serait donc pas bien étonnant. Mise à jour du 03/04/20 : Et ça continue et encore.

Amis motards, petits et grands, puisque vous ne pouvez pas sortir vos meules, regardez « On Any Sunday » (« Tous les dimanches ») avec Steve McQueen ». C’est ce qui se fait de mieux pour décrire le plaisir du deux roues motorisé. Le film date de 1971 et est toujours en distribution – VF et VOSTFR – sur un (seul) site français dont la légalité varie selon le pays où vous lisez ceci. Si vous le trouvez en streaming, écrivez au bureau, on ajoutera le lien. Et si vous connaissez une source légale (DVD, chaîne pay-per-view, etc…), dites-moi ce que vous avez fumé et si je peux en avoir un peu 😉

Les étudiants francophones en Belgique lancent une pétition contre l’enseignement à distance, lisez « à la maison » pour cause de Covid-19. Inégalitaire, mal fichu, peu disponible et également contre l’évaluation des étudiants (lisez « l’attribution des bourses et emprunts ») qui aura lieu sur cette base. Que vous dire ? Un chose : SIGNEZ !

Comme je sais que vous lisez l’anglo-américain dans le texte, voici un petit schéma de quels média lire en fonction de deux axes : pro-gouvernemental contre anti-système et « liberal » contre « réactionnaire ». Ils ont aussi un autre lien avec les médias européens en allemand. C’est d’origine suisse et certains médias « réactionnaires » sont vraiment très loin à droite. Je dirais même à la droite de Gengis Khan. Je vous aurai prévenu.

(*) En réalité, il y a plus de femmes que d’hommes ici mais je veux me faire bien voir de mon public majoritaire, na !**

(**) En fait, je n’en sais rien mais je n’ai pas envie de MA dame me fasse dormir dans le canapé cette nuit.