L’Iran et l’Europe

L’Europe n’arrive pas à détacher la laisse fixée à son collier par la « protection » militaire de son parrain américain. Or depuis l’arrivée du narcisse infantile à la Maison Blanche, c’est le grand n’importe quoi qui règne à Washington, même chez ses adversaires. Un bon exemple est la crise de paranoïa nommée Russiagate dont l’explosion en vol a carbonisé la crédibilité de nombreux médias et politiciens locaux.

Aujourd’hui, l’Iran est étouffé par les sanctions USAméricaines prises en contradiction avec les engagements pris lors de la conclusion de cet accord. Tout ça, juste parce que le traité est l’œuvre d’Obama (mais pas que lui). La Perse compte ses amis et ses alliés et s’en souviendra quand le Président US sera revenu dans le monde réel où l’AIEA confirme l’honnêteté iranienne.

Signalons au passage que si les sanctions ne sont pas annulées, l’Iran a le DROIT de dépasser les normes inscrites dans le PAGC ; la presse fait des bonds (pour faire vendre) mais les dirigeants européens ne parlent pas explicitement d’une violation de l’accord par l’Iran, et pour cause.

L’Europe pourrait jouer un rôle dans cette poudrière, comme elle aurait pût le jouer avec la Russie en son temps voire Cuba. Mais non, nous nous montrons incapable de défier notre tuteur. Ce n’est pas compliqué, la faible Turquie est plus indépendante que nous. Certes, un mécanisme de paiement a été créé par l’Europe pour contourner les sanctions américaine mais les seuls qui l’utilisent vraiment sont les Russes et, parait-il, les Chinois.

John Bolton ligoté

Le Congrès des USA vient de voter un amendement à la loi de financement de l’armée qui interdit l’entrée en guerre contre l’Iran et l’Irak sans son accord explicite. Il a été voté par la majorité des Démocrates appuyé par des Républicains. C’était récemment souhaité aussi dans un média très proche du Pentagone, National Interest.

Il est permis de se demander si le plus content de l’affaire ce n’est pas Trump lui-même. Cet amendement bloque les folies des ses conseillers va-t-en guerre, John Bolton et Mike Pompeo, contre lesquels il semblait tellement en opposition que le licenciement de Bolton faisait l’objet de spéculations dont je m’étais fait l’écho récemment.

Quelques conséquences d’une guerre à l’Iran

Une guerre de bombardement ne demande pas beaucoup de soldats au sol en Iran. Le modèle est la Serbie où les bombardements ont effectivement provoqué un changement de régime et ont ouvert la voie à l’annexion du Kosovo pour installer une base militaire USA. C’est donc réalisable et même rentable pour les premiers mois aux yeux des américains.

Le souci est que l’Iran a des alliés militaires que la Serbie n’avait pas, hors la Chine ou la Russie qui ne bougeront pas, et que le risque d’embrasement de la région est réel. Cela touchera peu les USA qui sont exportateurs net d’énergie pour le moment. Par contre, l’Europe et surtout la Chine vont souffrir et c’est un but secondaire (ou primaire) d’un conflit au Moyen-Orient pétrolier tel que celui dont rêvent les porte-sabres de la Maison Blanche.

Autre « bénéfice » secondaire, cet embrasement apporterait aussi les prétextes nécessaires au gouvernement israélien pour étendre son territoire et sa zone d’influence.

Tout cela au prix de nouvelles souffrances pour le monde arabe et iranien, au prix de nouvelles vagues d’immigration vers l’Europe, au prix d’un renouveau « terroriste/de la résistance à l’impérialisme » qui justifiera en OTANie encore plus de lois liberticides nécessaires par ailleurs pour l’imposition du néo-libéralisme sur les classes travailleuses. Le modèle est le macronisme.

Iran ou Bolton ? (bis)

Dans un article précédent, je posais la question de savoir ce qui explosera en premier: John Bolton ou l’Iran ? Sous la pression de son conseiller va-t-en guerre, d’Israël et de ses alliés arabes, Trump est monté à l’arbre et se demande comment en redescendre.

Si vous ne devez lire qu’un article, je vous conseille celui de Entelekheia. Complet, il reprend les différentes versions des évènements des derniers jours et met en avant l’opposition à la guerre de la part de journalistes influents auprès de Trump.

Sur son site, Elijah J. Magnier développe en de nombreux articles les extraits forcément limités qui fondent une partie de l’analyse de l’article de Entelekheia. Il est étonnamment équilibré et aussi clair qu’on peut l’être sur les buts et moyens de l’Iran comme sur l’absence de perspectives positives pour Donald Trump. Avec ou sans guerre, l’été s’annonce chaud.

Le souvent pertinent « Les Crises » s’est fendu d’un rare article original sur les racines du conflit, axé principalement sur l’analyse des vues des USA et de Trump.

Le même sujet est analysé en anglais par The Moon of Alabama que j’ai trouvé via Nidal sur le flux d’information SeenThis.