Otan en emporte le vent

Outre les mercenaires occidentaux et quelques SAS aussi britanniques que discrets, il y a des soldats professionnels polonais en Ukraine mais ils sont payés par l’Ukraine donc aucun ne compte comme soldat de l’Otan. Les autres mercenaires étrangers sont majoritairement issus des pays de l’Otan. Les mêmes pays qui envoient des armes de tous formats à l’usage desquelles l’Otan forme sur place le personnel de l’armée ukrainienne, en ce compris les mercenaires.

L’espionnage satellitaire est assuré par l’Otan et la couverture internet en campagne est assurée par un prestataire majeur (Elon Musk) de l’armée USAméricaine. Enfin, l’Ukraine n’a plus aucune rentrée d’argent donc elle vit et paye ses soldats avec l’argent envoyé par les pays de l’Otan.

C’est moi ou l’Otan est en réalité déjà en guerre avec la Russie avec juste un peu de complexité pour essayer de travestir la chose et de la rendre acceptable pour nos populations ?

Parce que, résumons-nous : le matériel vient de l’Otan, la formation est assurée par l’Otan, tout ou partie du personnel formé vient de l’Otan, l’information est assurée (ou censurée) par l’Otan. Et le tout est financé et payé avec de l’argent qui vient des pays de l’Otan. Qu’est-ce qui est encore ukrainien mis à part la couleur des uniformes et le sang de la chair à canon ?

La défaite inéluctable de l’Ukraine

Il y a sur Investig’action la traduction d’un article d’Antiwar qui est à lire impérativement : il explique le retournement du New York Times (NYT) amorcé précédemment face à ce qui est clairement devenu une défaite inéluctable de l’Ukraine. Ses instructions à Zelensky deviennent clairement « NÉGOCIEZ ! » Comme le NYT est LA référence, l’Oracle de l’Establishment occidental, le reste de la meute, média et gouvernements et éditocrates, va suivre car la guerre commence à coûter trop cher : plus seulement de la chair à canon ukrainienne mais aussi une belle crise économique en bonne et due forme.

Je ne vais pas aller plus loin dans l’introduction à cet article indispensable (bis) mais je vais quand même souligner que des élections se pointent pour cet automne 20222 aux USA et que les Républicains sont en voie de gagner.

Pour l’instant, les alliés Russie-DPL-RPL finissent de récupérer le territoire des deux républiques indépendantistes ainsi qu’un pont terrestre vers la très stratégique Crimée. Le meilleur des troupes ukrainienne a disparu dans le hachoir de l’artillerie russe et lors de la reprise de Mariupol par les Alliés. Militairement, plus grand chose ne s’oppose à une prise en main du reste de la zone russophone et historiquement russe qui avait été donnée à l’Ukraine tout au long du XXe siècle dans le cadre de l’URSS.

Les apports d’armes technologiques occidentales n’apporteront plus la victoire, ils accessoirement alimenter le marché noir et, surtout, ils vont augmenter le prix payé par les deux parties en présence donc rendre la paix plus chère à négocier. Et en attendant, ils vont augmenter le risque de dérapage : imaginons un instant que les nouveaux canons et missiles à longue portée offert par les USA soient détournés par « les fous de Dieu d’hitler » locaux pour tirer sur des villes de Russie… Celle-ci a déjà prévenu qu’elle rétorquerait en visant non l’Ukraine mais les fournisseurs. Seront-ce juste les intermédiaires ou aussi les donneurs d’ordre tel M. Blinken ?

Ensuite, ça ne se remarque pas beaucoup de l’autre coté de l’Atlantique mais la Turquie commence à regimber sérieusement à être traitée comme la dernière roue du carrosse OTAN. Comme c’est elle qui contrôle l’accès à la Mer Noire régulé par des traités que personne ne veut fouler au pieds, ce n’est pas de bon augure. Bien sûr, il y a l’accès aux routes maritimes de l’Arctique qu’ouvrirait l’entrée dans l’OTAN de la Norvège et de la Finlande mais les stratèges de Washington se demandent peut-être si les risques majeurs que cela va entraîner vaut vraiment le coup : se mettre la Russie ET la Turquie à dos, ça commence a faire beaucoup comme enjeu pour une donne de poker où les cartes déjà visibles ne sont pas bonnes du tout. Comme les militaires de tous les pays de l’Otan disent depuis le début qu’il n’aurait pas fallu commencer cette partie, ce ne sont pas eux qui vont s’opposer à ce que les USA se couchent au lieu de relancer.

Encore un peu de patience et nous saurons si nous allons vers des lendemains qui chantent ou des aurores de minuit illuminant la récolte des champignons nucléaires.

Edit : Une référence aux déclarations Russes du jour a été ajoutée

Avec des « si », on mettrait l’Ukraine en bouteille

Une information majeure mais très, très insuffisamment sourcée puisque uniquement dans un média Hongrois (trad. en Français) et donc à traiter avec beaucoup de précautions. Elle changerait totalement la donne sur le plan diplomatique et militaire dans la région. La traduction française est précédée d’une introduction par Danielle Bleitrach qui trace utilement les limites étroites de l’éventuelle véracité de l’information.

Selon cette source non-officielle et intéressée autant qu’unique, la Pologne et l’Ukraine viendraient de signer des accords qui ressembleraient furieusement à la création d’une confédération des deux états puisque des polonais pourront occuper tous les postes civils autant dans l’ordre judiciaire qu’administratif, y compris la police voire plus si affinité comme on dite dans les petites annonces matrimoniales. Idem dans l’autre sens, ce qui tombe bien puisqu’il y a déjà 3.5 millions d’Ukrainiens en Pologne. Et encore plus de Polonais hors de leur pays vu la misère ambiante.

Dans ce cas, en première instance, les forces armées ou policière polonaises pourraient tout à fait être placées face à la Biélorussie ainsi que se charger d’assurer le maintien de l’ordre public à l’arrière. Les forces ukrainiennes qui étaient mobilisées pour ces fonctions seraient alors libres de rejoindre le front. Leur apport réel à la stabilisation du front est sujet à caution car ce ne sont généralement pas les troupes d’élite que l’on utilise pour faire la police à l’arrière. Nous verrons.

Sur le plan stratégique, Scott Ritter avait dès le 21 annoncé que le vent avait tourné en défaveur des Russes dès l’instant où les ukrainiens pouvaient recréer de nouvelles armées dans un territoire sûr. Il est clair que si le territoire polonais, sanctuarisé par l’Otan et la CEE, pouvait servir de centre de formation et de rééquipement de nouvelles troupes ukrainiennes, la guerre est très, très loin d’être finie. Si c’est exact, Scott Ritter était juste un peu en avance sur la musique. De là à dire qu’il était au courant de accords qui se préparaient, il n’y a qu’un pas facile à franchir qui revient à bâtir des suppositions sur des rumeurs.

Toujours si l’information est exacte, la création de la fédération polono-ukrainienne, si elle n’est pas entravée par un veto des chefs, en l’occurrence les autorités allemandes (pour la CEE) et USAméricaines (pour l’Otan), nous rapprocherait d’un grand pas vers l’affrontement généralisé voire nucléaire. Nul n’a prévu en effet les règles d’engagement des alliés occidentaux, dont l’article 5, dans les différents cas de figures qui vont se présenter avec cette entrée par la porte arrière de l’Ukraine dans les rangs américano-européens. La Pologne qui rêve depuis le début d’en découdre avec les Russes viendrait de réussir un beau coup qui coûterait cher à tout le monde, tant militairement qu’économiquement.

Kissinger venait d’appeler à Davos à un cessez-le-feu rapide pour éviter une alliance sino-russe. Il râlerait tant il est évident que si tout se déroule comme le prévoiraient les deux partenaires de la future fédération, l’alliance à l’Est serait définitivement scellée. Comme on le voit, cette annonce serait stratégiquement énorme.

Une dernière fois, cette information n’est PAS fiable et doit servir uniquement comme une incitation à scruter attentivement les signaux qui apparaissent sur le plan diplomatique dans la région puisqu’une Ukraine affaiblie est évidemment aussi une proie à dépecer.

Le futur « territoire » perse

La guerre d’Iran aura lieu, d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs, elle a déjà commencée avec le blocus économique que ce dernier subit depuis de nombreuses présidences américaines. Elle est inéluctable car les USA ne peuvent tolérer un gouvernement qui ne leur soit pas totalement soumis, au pilotage des 4e réserves mondiales de gaz et de pétrole. La remarque vaut aussi pour le Venezuela, 3e réserve mondiale des mêmes. Ne parlons pas de la diabolisation de la Russie, comme par hasard bien placée dans cette histoire.

L’énergie, même celle dépassée que constituent les hydrocarbures liquides ou gazeux, est une nécessité absolue pour ceux qui se veulent les maîtres du monde au 21e siècle et qui ne peuvent le rester que par la violence et la force militaire démesurées.

Parlant du conflit à venir avec l’Iran, Elijah Magnier, vient d’écrire ce qui suit : « (l)a dissuasion iranienne s’est imposée d’une manière ou d’une autre » (sic) sur son site payant. Avec tout le respect que je dois à cet auteur généralement pertinent, je dois dire que je ne le comprend pas : Israël bombarde les forces iraniennes en Syrie au moins chaque semaine depuis un an environ, sans aucune réaction ou riposte significative de l’Iran jusqu’à présent. Qui a la force de dissuasion ici ?

Ne nous faisons pas d’illusion : rappelons-nous comment la « 4ème armée du monde » (sic) irakienne a été vaincue en quelques jours avec très peu de morts occidentaux après 6 mois de bombardements américains quotidiens et intensifs. Qui peut soutenir une telle cadence de feu pendant une si longue période à part les USA et peut-être la Chine ? Personne n’a été capable d’arrêter les bombardements de l’OTAN sur la Syrie qui ont conduit à la chute du pays, non plus. Certes l’Iran est bien plus grand, mais est-ce un obstacle suffisant ? J’en doute et je crains que l’Otanie pense de même.

Certains ont une haute opinion des S-400/S-500 russes pensant qu’ils seront plus ou moins efficients pour contrer ces bombardements. Premier souci, ils ne sont pas iraniens ! En prime, ces fleurons de l’armée russe ne sont pas conçus pour arrêter des essaims de bombes guidées et de drones bon marché actuellement utilisés des deux côtés du champ de bataille moderne (voir récemment en Azerbaïdjan). Ce n’est pas leur but qui est bien stratégique* et non tactique. Idem pour les chasseurs Su-35s/Su-53, bien supérieurs au dispendieux (surtout à l’usage) F-35 dont nous attendons toujours la mise en service effective, faute de simulateurs pour entraîner les pilotes et de pièces détachées pour les entretenir.

Certains occidentaux disent que le F-35 sera un jour une merveille, la plupart des commentateurs autorisés aux USA et en Europe en doutent de plus en plus ouvertement mais de tout façon, ils ne constituent pas ce qui sera principalement utilisé contre l’Iran en cas de conflit de grande ampleur, du moins si l’on se réfère aux offensives passées : des essaims de vieux missiles de croisière « US-cheap** » lancés par les USA, jours après jours, depuis une Arabie Saoudite ou l’autre voire une flotte du premier cité saturera toute défense iranienne et détruira toute infrastructure, éventuellement après un bombardement de précision des batteries de missiles anti-navires. Et ça s’arrêtera là pour le principal.

L’occupation au sol est facultative et vise juste à amplifier le résultat de ce genre de guerre qui abouti à créer un territoire sans tête, déchiré par des seigneurs de la guerre abondamment arrosés en armes légères, là où se trouvait un pays. A plus long terme, le but est la balkanisation de la cible comme dans le prototype de la Yougoslavie qui a précédé dans le désordre en Libye, en Syrie, en Somalie, en Irak et ainsi de suite. Le Venezuela et l’Iran sont sur leur liste des choses « à faire ». Nous espérons tous qu’ils échoueront mais je ne parierais pas d’argent là-dessus : notamment parce qu’il reste à voir si la Chine et la Russie risqueront un conflit de grande ampleur avec les États-Unis pour empêcher la destruction d’un allié somme toute assez secondaire pour eux et dont l’exemplarité symbolique n’est pas évidente.

Reste la question du détonateur du conflit : en l’état, nous sommes nombreux à penser à Israël mais la dictature, pardon,: le royauté absolue des Saoud fera aussi bien l’affaire. Le prétexte sera l’une ou l’autre réaction iranienne aux agressions quotidiennes du roquet apartheido-religieux pré-cité ou du MBS affligé de son habituelle et agressive folie des grandeurs (aventurismes Yemen, Qatar, Kashoggi, etc…). Si ça ne suffit pas, les faux drapeaux n’ont pas été inventés pour les chiens : voyez les Anglais qui en usent et abusent depuis 1970, au moins, ou les USA où ils sont indispensables depuis toujours. La presse-système otanienne (Les WashPo, NYT, Monde, CNN, BBC & C°) se chargera de la propagande où le psittacisme tient lieu de preuve et de mobile***.

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(*) Leur mission est de protéger certains points stratégiques Russes et bien ciblés contre des missiles balistiques nucléaires et les bombardiers du Strategic Air Command : les B-52 et B-1, le discret B-2 comme le futur B-21. Éventuellement aussi quelques chasseurs bombardiers Français porteurs d’armes nucléaires qui tenteraient une percée vers Moscou.

C’est tout et c’est déjà beaucoup à l’échelle du budget militaire Russe qui n’est que la moitié, oui, LA MOITIE des budgets militaires réunis des 3 grands « européens » la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne (cf. chiffres du suédois SIPRI et al.). Je ne parle même pas des USA, là nous changeons tout simplement d’ordre de grandeur.

(**) L’expression « US-cheap » essaye d’exprimer en peu de mots qu’à l’échelle du gargantuesque (et mal utilisé) budget militaire US, ça ne leur coûte pas grand-chose. En prime, leur valeur par rapport à la richesse de USA est ridiculement basse par rapport au prix des rares anti-missiles que pourrait leur opposer le pauvre Iran. N’oubliez pas que les USA ou Israël utilisent sans état d’âme des missiles de précision, valant des dizaines de millions de $ pour détruire des bunkers arabes valant à l’unité 2 ou 3.000 $ à tout casser, c’est le cas de le dire.

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