Iran ou Bolton ? (bis)

Dans un article précédent, je posais la question de savoir ce qui explosera en premier: John Bolton ou l’Iran ? Sous la pression de son conseiller va-t-en guerre, d’Israël et de ses alliés arabes, Trump est monté à l’arbre et se demande comment en redescendre.

Si vous ne devez lire qu’un article, je vous conseille celui de Entelekheia. Complet, il reprend les différentes versions des évènements des derniers jours et met en avant l’opposition à la guerre de la part de journalistes influents auprès de Trump.

Sur son site, Elijah J. Magnier développe en de nombreux articles les extraits forcément limités qui fondent une partie de l’analyse de l’article de Entelekheia. Il est étonnamment équilibré et aussi clair qu’on peut l’être sur les buts et moyens de l’Iran comme sur l’absence de perspectives positives pour Donald Trump. Avec ou sans guerre, l’été s’annonce chaud.

Le souvent pertinent « Les Crises » s’est fendu d’un rare article original sur les racines du conflit, axé principalement sur l’analyse des vues des USA et de Trump.

Le même sujet est analysé en anglais par The Moon of Alabama que j’ai trouvé via Nidal sur le flux d’information SeenThis.

Militaires, pétrole et écologie

Un éclat de rire pour commencer : la revue The National Interest, parle en anglais de la Guerre Hybride. Ses stratégies font appel à diverses méthodes, « notamment la manipulation des élections, la cyberguerre, la coercition nucléaire, l’ambiguïté des intentions nucléaires, la guerre économique, le recours au crime organisé et le recours à la force militaire » utilisée exclusivement, selon cette revue, par… la Russie et la Chine. A les en croire, ni les USA ni ses alliés n’utilisent de sales moyens pour fausser les élections voire renverser les gouvernements qui en résultent, ne contrôlent internet, ne menacent de sanctions aussi leurs alliés (liges) que leurs ennemis, ne créent de brigades de la mort pour assassiner les opposants à l’autoritarisme libéral ni ne recourent plus ou moins illégalement à la force.

En prime à ces manipulations « Partout où les Occidentaux ont eu la prétention d’opérer militairement des « regime change », on constate la même faillite, la même montée en puissance des seigneurs de la guerre, des mafias, de l’islamisme (Irak, Afghanistan, Syrie…)« .

A ce propos, le Chine prévient que les USA sont tout près d’ouvrir la boite de Pandore (en anglais) dans le Golfe Persique. Selon certains, c’est d’autant plus probable que les USA n’ont pas besoin de ce pétrole et qu’au contraire, une guerre renchérirait le prix de l’énergie qu’ils exportent (Liberty Gas) et gênerait considérablement ses concurrents, Europe et Chine, qui en dépendent.

Puisque nous parlons « pétrole », un article en anglais pointe le fait qu’en 1982, Exxon a prédit exactement à quel point les émissions mondiales de carbone seraient élevées aujourd’hui. Comme pour les cigarettiers, les entreprises pétrolières se doutaient bien et depuis longtemps qu’ils nous envoyaient dans le mur. Je cite « Une incertitude considérable entoure également l’impact possible sur la société d’une telle tendance au réchauffement, si elle se produit (…)A l’extrémité inférieure de la plage de températures prévues, il pourrait y avoir un impact sur la croissance agricole et les régimes pluviométriques (…) en haut de l’échelle, certains scientifiques suggèrent qu’il pourrait y avoir un impact négatif considérable, y compris l’inondation de certaines masses terrestres côtières ».

Une revue de presse très axée sur l’écologie cette semaine chez Tristan Nitot qui blogge d’habitude plutôt sur « la technologie, l’Internet et les libertés numériques ».

Une information en anglais en passant : l’armée américaine est le plus gros pollueur mondial à tous points de vue: décharges inavouées, « accidents » pétroliers, etc…

Demain, la guerre ?

Petits veinards: « c’est une certitude factuelle que vous serez sur un champ de bataille pour l’Amérique » Hum : disons « les USA », ça sera déjà pas mal. Pour leur 1e juin, Mike Pence vient de déclarer à West Point que ces soldats auront la chance de connaitre un champ de bataille. Chose que ni ce Vice-President (VP) ni même le Président en exercice n’ont jamais connu, bien sûr. La santé, tout ça, chez les riches héritiers…

Évidemment, c’est une prédiction facile parce que les USA ont été en guerre 95% du temps depuis leur création il y 243 ans et ont depuis peu pris l’habitude de dénoncer les traités qu’ils ont signés: FNI, accord nucléaire avec l’Iran pour ne nommer que les plus pertinents ici. La guerre est aussi un espoir pour ce super-faucon qui vient leur prédire que cela se passera en Corée du Nord, en Chine, en Iran, au Venezuela, en Russie voire partout en même temps.

C’est une nécessité non seulement pour faire gagner de l’argent à l’industrie de guerre mais aussi pour les ressources qui ne sont hélas pas toutes aux USA telles les terres rares exploitées en Chine, le pétrole mais surtout l’exportation du gaz de schiste produit à grand frais. Plutôt que de le vendre à perte sur le marché intérieur, la bonne solution est de le vendre cher à l’Europe après l’avoir rebaptisé « Freedom Gas » pour remplacer le gaz russe bon marché.

Ça ne se fait pas tout seul : il a fallu un coup d’état en Ukraine (5 milliards selon Victoria « fuck EU » Nuland) pour pouvoir fermer le robinet principal et maintenant des sanctions sur ceux qui veulent de construire le North Stream pour contourner ce blocage. Notez que pendant que tout le monde parle de ce dernier, les Russes et les Serbes construisent le South Stream que feu McCain combattit jusqu’à sa mort.

Mise à jour 23:17: Un autre article de commentaires sur cet article est paru sur « Le Grand Soir » sous la signature de Bruno Guigne.

Mise à jour 07/06/2019 : 2 liens au 1e §