La Rose et le Chevalier

Les sites de téléchargement de livres français sont envahis aux deux tiers par une pornographie infernale : les romans à l’eau de rose et leurs succédanés (ou « succès damnés » ?). Écrits avec les pieds, doté d’un vocabulaire confinant à la débilité et animant des personnages dont l’épaisseur est pitoyable sur une intrigue qui tiendrait sur la tranche d’une feuille de papier à cigarettes. Ils s’adressent à une clientèle aussi féminine qu’idiote et feraient passer Roméo et Juliette pour de sinistres matérialistes.

Je les décrits comme « pornographiques » car ils exploitent une veine aussi détachée du réel qu’encombrante dans les relations humaines. Au moins les pornos masculins sont dans une catégorie à part, marqué du l’infâme XXX et ne viennent pas encombrer les listes. Ceux-là, si. Le clampin qui doit se baser sur les titres pour éliminer cette pandémie comprendra rapidement que les mots sauvage, folie, milliardaire, osé, enfant, force, seigneur, jeune, diable et diabolique, saison, esclave et secrétaire (quelle est la différence ?), et évidemment cœur, amour ou ses dérivés sont certes de bons indicateurs mais souvent insuffisants.

Tous ne font pas dans le romantisme débile. « 50 nuances de Gray » a lancé sur orbite une nuée de satellites plus ou moins porno, plus ou moins sado-maso, peuplés de personnages masculins plus ou moins pervers (au sens médical du terme) voire de francs abuseurs (Gray), exclusivement écrits au féminin et plus ou moins sur le thème de la soumission.

De rare cas font parler des personnages masculins mais, le plus souvent, sur des thèmes et un mode dégoulinant de sentimentalité typiquement « féminine », au sens restreint utilisé ici. Messieurs, ne leur jetez pas la pierre, un gros paquet de ces livres est encore écrit par des hommes, le plus souvent sous pseudonyme. D’autre part, les personnages féminins des livres « au masculin » sont rarement mieux traitées.

Le choix des thèmes de ces romans roses est aussi ténu que leur vocabulaire, les hommes sont milliardaires, jeunes, beaux et l’héroïne hésite, si, si, à en tomber amoureuse car il est… Suit un défaut majeur mais dont elle finira par faire son miel. Je vous dévoile la fin : elle l’épousera et elle vivra l’enfer qu’elle s’est choisi. J’y reviendrai. Une variante est le récit des relations et amours contrariés d’une femme au milieu de sa famille et de ses proches dans une riche et gigantesque demeure isolée par la distance physique ou sociale voire une catastrophe naturelle que tout individu normal aurait souhaité voir s’abattre directement sur le manoir pour mettre fin à cet entrelacs d’intrigues mesquines et méchantes qui ferait passer les Atrides pour des petits saints. .

Au passage, remarquons que cet imaginaire, qu’on hésite de plus en plus à qualifier de féminin, a récemment quitté les chirurgiens pour les hommes d’affaires richissimes, milliardaire est le minimum, une valeur notablement plus sûre à l’époque de la féminisation de la médecine.

Profitons-en pour signaler que, dans le monde réel, les plus riches des médecins sont les chirurgiens, encore souvent des hommes où la proportion de pervers narcissiques est presque aussi élevée que chez les « winners » aussi chers à Sarko-Macron qu’aux romans roses. Parmi les chirurgiens, les plus fortunés sont ceux qui s’occupent d’esthétique et, plus particulièrement ceux qui se sont spécialisé dans le « blanchissement » ou plutôt la « roséïfication » des trous du cul. Sur les peaux occidentales standards, ces derniers ont une tendance à être trop brun pour ces personnes qui s’imaginent, vous me passerez l’expression, pisser des arc-en-ciel et chier des licornes. On n’en sort pas.

Faire le bien pour l’amour du bien lui-même

« Commencez par être sympa avec votre voisin. » Ça marche vraiment ?

Dirk Van Duppen : « Oui. Cela crée des effets en cascade. Faire du bien a quelqu’un libère de l’ocytocine, l’hormone qui favorise notamment le lien entre l’enfant et sa mère. C’est agréable et cela donne envie de faire encore plus de bien. Et la personne aidée libère elle aussi de l’ocytocine, avec le même effet. »

Lawfare, la plaie de la démocratie

Je ne parlerai pas des ennuis judiciaires présumés de Didier Reynders parce que le personnage me serait sympathique, loin de là. Simplement, les poursuites judiciaires plus ou moins fondées et leurs échos dans la presse sont devenues à l’évidence des obstacles à l’exercice de la démocratie.

Les anciens dirigeants de la gauche latino-américaine sont souvent poursuivi sans trop de preuves par les gouvernements de droite qui les ont remplacés et commettent souvent les mêmes délits qu’ils leur reprochent mais à des échelles logarithmiques. Lula et Dilma Roussef au Brésil sont en prison ou ont perdu leur poste pour des délits qui n’en sont pas ou émis sans la moindre preuve, pendant que leur procureur est maintenant au pouvoir dans un gouvernement d’extrême-droite qui érige en système la violence et l’injustice à l’égard des pauvres et des faibles.

Trump et Clinton furent empêtrés dans des historiettes judiciaires d’un format sans commune mesure avec la réalité des faits ou leur importance réelle: RussiaGate et Lewinsky respectivement. Le premier a disparu faute de réalité, le second a coûte plus de 4,4 millions de dollars au contribuable et plus de 40 millions aux parties en présence. En attendant, les présidents visés ont perdu de la crédibilité politique sans raisons réelles. Pire, en se centrant sur des fadaises, nous leur avons permis d’échapper à l’indispensable critique des leurs actions réelles. « Le scandale » est la néantisation du politique.

Dois-je parler des accusations judiciaires USAméricaines qui visent à détruire l’accord de cessations des hostilités en Colombie ? Des perquisitions farfelues chez la France Insoumise ? Souvenons-nous de la liquidation d’un responsable syndical bruxellois jugé « gauchisant » par sa direction. Argument utilisé : des arguties juridiques sur l’utilisation de fonds du syndicat, sans enrichissement personnel. Il en est mort. Le virage à droite du PS wallon mené par Di Rupo a été appuyé par des poursuites judiciaires venant opportunément salir ses opposants.

Non que nos dirigeants (et vedettes) doivent être exemptés de poursuites judiciaires, au contraire, ceux-ci échappant trop souvent à des accusations réelles ou sont condamnés à des peines symboliques. Mais, un gros « mais », cette injustice ne peut être compensée par des jugements hâtifs. Et encore moins par ceux de médias dont nous savons tous la révérence à l’égard des pouvoirs en place, quel qu’ils soient. Tout comme la censure privatisée, intéressée et très politiquement sélective des médias sociaux.

Il est clair qu’aujourd’hui, les poursuites et la délation sont devenus des moyens de rendre l’injustice, de pervertir la communication comme la vie politique et sociale. Même sous sa forme « représentative », la démocratie et sa justice sont assurément un meilleur système politique que la dictature des média, sociaux ou non, et des accusations basées sur des suspicions ou des preuves fabriquées.

Le Libre pour travailler, le Propriétaire pour jouer

J’utilise Linux (Ubuntu 10.04) pour travailler et Windows (XP) pour jouer. C’est valable pour l’informatique mais peut-être aussi pour la vie en général: l’Etat, l’économie contrôlée, la confiance, le partage et le Revenu Universel pour la vie sociale, la nourriture, l’éducation, la finance et la santé. La spéculation, le libéralisme et la libre concurrence, l’évasion fiscale, les copyright et les brevets pour jouer.

Contre le peuple et la croissance: la finance en général et plus spécifiquement  BCE & banques centrales, FMI et FMI encore. Même le républicain et ancien « director of the Office of Management and Budget » de Ronald Reagan s’y met, appuyé par une « bombe » lancée très discrètement par le FMI: l’économie chinoise dépassera celle des USA en 2015. A propos de la BCE: le candidat le plus probable à sa présidence est Draghi de Goldman Sachs. Oui, oui, la banque qui est à l’origine de la banqueroute de  la Grèce, rassurant, non ?

Il y a pire: « la concurrence libre et non faussée »; c’est l’argument pris par la droite canadienne pour refuser d’envoyer les soldats aider les victimes des inondations. Oui je sais, c’est la 3e fois que je signale ce lien au sein de cet article mais sans la source (sérieuse) que je signale, personne n’y croirait tellement c’est con.

Une vision très noire mais remarquablement écrite des « Derniers jours du monde » par Agnès Maillard du Monolecte. A contrario, une utopie en marche sur l’éducation populaire en France. Et en Belgique, si vous ne connaissez pas l’Université Populaire, je vous invite à y faire regarder leur programme. Autre utopie en marche: le monde du partage et de la collaboration à l’image du P2P et du copyleft.

La vision de sur la rue espagnole par la gauche du PS français représentée par Démocratie & Socialisme. Pour le prix, vous aurez l’adresse de Gérard Filoche (qu’est-ce que ce type fiche encore au P »S » français ? Ça reste pour moi une énigme).

Pas de travail vaut mieux qu’un travail qui vous dévalorise. Ça ne va étonner que les (néo/socio)-libéraux mais c’est toujours utile de voir une étude à ce sujet.

La prochaine « bulle » économique qui va nous péter entre les mains: l’éducation. L’auteur en profite pour nous glisser un mot sur les employés (et cadres) pris dans la chaine des « process » et autres « logiciels d’entreprise ». Et les suicides qui en découlent.

Facebook (dont les liens avec la CIA sont notoires) et autres Twitter ont-ils joué un rôle dans les révolutions arabes ? Peut-être mais à leur corps défendant et en sélectionnant sérieusement lesquelles étaient les « bonnes ».