L’irrationalité est rare

Tous les médias « officiels » du monde occidental se disputent le privilège d’être le plus anti-Trump sous l’argument que celui-ci est irrationnel. Cette assertion est probablement vraie dans ce cas d’espèce mais la politique générale des USA, y compris sous son règne, est loin de l’être. Au contraire, la volonté de mettre fin aux collaborations USAméricaines dans les grands organismes internationaux chargés de civiliser le monde, ONU-OMS est cohérente avec l’état des USA actuel.

Les USA ne sont plus l’atelier du monde qu’ils étaient dans l’après-guerre ’39-’45, c’est évident, la Chine a largement pris leur place. Il n’est que de voir les mesures qui la vise sous l’administration Trump. Mais même les états de second rang comme l’Allemagne ou de 3e comme la France sont régulièrement visés par des mesures discriminatoires pour freiner leur domination dans le commerce de luxe, voitures et mode respectivement, aux USA.

Les USA commencent à ne plus être la tête pensante du monde maintenant que les Chinois multiplient les formations de haut niveau grâce à leur développement en plein essor. Par exemple, le principal centre de recherche hors USA de Microsoft y est situé. Je pense que ce n’est qu’un début, de la même manière que les firmes occidentales sous-traitent de leur informatique à l’Inde alors que l’ICT est le cœur de métier de toute entreprise quelle qu’elle soit.

Enfin, le centre financier du monde est en train de se déplacer de Wall Street vers la périphérie et cela va aller en s’accentuant avec l’épanouissement de l’Asie tirée par la Chine, à nouveau, mais aussi l’Inde, la Corée du Sud, le Vietnam et tous les autres dragons.

Il s’y ajoute la faillite prévisible des finances de ce pays qui, grâce au dollar, a vécu depuis trop longtemps largement au-dessus de ses moyens : emballement du déficit tant de la balance des paiements que des budgets de l’État, exploitation des pays liges et soi-disant « alliés », aliénation progressive des fournisseurs de matière première, de main d’œuvre servile et maintenant de produits manufacturés. Tout ça va se finir en crash majeur voire en défaut sur le dette aux détriments de ses grands financeurs, la Chine en tête.

Parallèlement, la trahison des représentants attitrés des 85% entraîne une désaffection de la politique et son corollaire, l’irruption des Caligula de tous poils à la tête du pays, je ne vous citerai pas le plus orange, on l’a trop vu. Au sujet de cette trahison, je ne peux trop vous recommander la lecture de « La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire » (Le Monde Diplomatique, Août 2020, p. 22-23) qui justifie à lui seul l’achat de ce remarquable mensuel.

Le seul point où les USA soient en pointe c’est le militaire… pour le moment. Depuis des dizaines d’années, ils représentent à eux seuls 50% de la dépense militaire dans le monde. La proportion a un peu diminué depuis quelques années, notamment car la Chine accélère fameusement. D’où panique au Pentagone quand ils voient leur dernier porte-avions d’assaut flamber au point d’être irréparable pendant que les Chinois réparent vite fait celui qui, chez eux, a subi un évènement comparable et sont en train d’un construire un deuxième à un rythme incomparable et effrayant aux yeux du Pentagone. Reste que leur domination outrancière des mers et leur millier de bases militaires à travers le monde oblige encore la puissance ascendante du géant asiatique a développer un réseau terrestre via l’intiative « Belt and Road ».

En conclusion, la politique à long terme des USA de se dégager de tout ce qui peut entraver son militarisme et la volonté qui en découle de l’usage de la force pour obtenir ce qu’elle veut est parfaitement cohérente, rationnelle. Ils en sont au dernier stade de l’impérialisme, celui où seul subsiste le complexe militaro-industriel : militarisation de tous les aspects de la société, usage disproportionné dans la force dans l’obtention de la paix civile en interne, mépris de la loi par les polices, milices plus ou moins officielles tant en interne qu’en externe, mercenaires plus ou moins étrangers pour les interventions extérieures d’ailleurs de plus en plus destructrices, inefficaces et illégales tant au regard de l’ordre international que même de leurs lois internes.

***

La France suit avec retard cette déliquescence : désindustrialisation, extrême concentration de la richesse, désaffection des élites et son corollaire: l’arrivée de clowns incompétents et mêletout à la magistrature suprême. Un autre indice : la progressive prétorisation des forces de l’ordre accompagnant une magistrature de plus en plus ouvertement aux ordres, même au PNF, ce qui ne les change « guerre » (sic), hélas. Son aventurisme guerrier et imbécile n’est plus à démontrer, le chaos libyen a été précédé du génocide rwandais et des crimes innombrables mais alors efficients de la Françafrique.

La Belgique n’a pas encore subi la crise économique brutale entraînant une révolte suffisamment menaçante pour le pouvoir en place qui révélerait les mêmes maux dont les fondations sont déjà en place depuis belle lurette grâce à l’effet de choc des « Tueurs du Brabant » et autres Dutroux, notamment. Dans tous ces cas, il est remarquable de voir que les mesures prises à ces occasions ont récompensé les pires incompétents, voire les complices plus ou moins volontaires : gendarmerie comme journalistes « embarqués » dans l’appareil d’état et parfois la classe politique et judiciaire.

Leur efficience sur le Smeerpijp comme sur les « valises » de l’époque Mobutu qui ont largement alimenté les caisses noires de la classe politique belge de la fin du XXe siècle a été remarquablement nulle. Est-il besoin de démontrer plus avant leur efficacité dans la reproduction et la protection de la classe dominante belge ? Si on ne trouve que difficilement dans la presse belge de liste des nombreuses dynasties familiales de leur tissu économique, contrairement aux autres pays, ce n’est peut-être pas un hasard. Je remercie d’avance les commentateurs pour des liens éventuels : la liste des habitants de certains quartiers de Sint-Martens-Latem ou Uccle ferait l’affaire 🙂

Les postillons de cannabis

Je ne sais pas si vous appréciez à sa juste valeur les efforts que je consens parfois pour vous rapporter certaines informations. Le Saker, feuille d’extrême-droite, anti-sémite à ses heures perdues, aussi drôle qu’un cuirassé, fait partie de ces lectures pénibles que je parcours pour vous d’un derrière distrait. Je vous en rapporte aujourd’hui une magnifique perle d’inculture nichée au milieu de son habituelle production de salades qui nourrirait en continu et en exclusivité une famille nombreuse de végétariennes boulimiques.

« Un homme de 91 ans meurt après avoir fumé un joint » est le sujet d’un article, en anglais, du Postillon. Le Saker francophone vient d’en assurer la traduction, histoire de vilipender une fois de plus ces infâmes drogues de babas-pas-cool-du-tout. Il a dû échapper au traducteur et au chef de publication que « The Postillon« , honorable publication anglo-germanique, est un site satirique que je vous recommande d’ailleurs chaudement. Même si on ne le connaît pas, c’est d’autant plus évident que l’article est rempli de contradictions qui ont échappées au rédacteur originel. Celui-ci aussi était probablement mort… de rire.

Le ridicule ne tue pas mais Le Saker vient quand même de se prendre une belle torpille sous la ligne de flottaison. Une de plus. On nous permettra de sourire.

La Rose et le Chevalier

Les sites de téléchargement de livres français sont envahis aux deux tiers par une pornographie infernale : les romans à l’eau de rose et leurs succédanés (ou « succès damnés » ?). Écrits avec les pieds, doté d’un vocabulaire confinant à la débilité et animant des personnages dont l’épaisseur est pitoyable sur une intrigue qui tiendrait sur la tranche d’une feuille de papier à cigarettes. Ils s’adressent à une clientèle aussi féminine qu’idiote et feraient passer Roméo et Juliette pour de sinistres matérialistes.

Je les décrits comme « pornographiques » car ils exploitent une veine aussi détachée du réel qu’encombrante dans les relations humaines. Au moins les pornos masculins sont dans une catégorie à part, marqué du l’infâme XXX et ne viennent pas encombrer les listes. Ceux-là, si. Le clampin qui doit se baser sur les titres pour éliminer cette pandémie comprendra rapidement que les mots sauvage, folie, milliardaire, osé, enfant, force, seigneur, jeune, diable et diabolique, saison, esclave et secrétaire (quelle est la différence ?), et évidemment cœur, amour ou ses dérivés sont certes de bons indicateurs mais souvent insuffisants.

Tous ne font pas dans le romantisme débile. « 50 nuances de Gray » a lancé sur orbite une nuée de satellites plus ou moins porno, plus ou moins sado-maso, peuplés de personnages masculins plus ou moins pervers (au sens médical du terme) voire de francs abuseurs (Gray), exclusivement écrits au féminin et plus ou moins sur le thème de la soumission.

De rare cas font parler des personnages masculins mais, le plus souvent, sur des thèmes et un mode dégoulinant de sentimentalité typiquement « féminine », au sens restreint utilisé ici. Messieurs, ne leur jetez pas la pierre, un gros paquet de ces livres est encore écrit par des hommes, le plus souvent sous pseudonyme. D’autre part, les personnages féminins des livres « au masculin » sont rarement mieux traitées.

Le choix des thèmes de ces romans roses est aussi ténu que leur vocabulaire, les hommes sont milliardaires, jeunes, beaux et l’héroïne hésite, si, si, à en tomber amoureuse car il est… Suit un défaut majeur mais dont elle finira par faire son miel. Je vous dévoile la fin : elle l’épousera et elle vivra l’enfer qu’elle s’est choisi. J’y reviendrai. Une variante est le récit des relations et amours contrariés d’une femme au milieu de sa famille et de ses proches dans une riche et gigantesque demeure isolée par la distance physique ou sociale voire une catastrophe naturelle que tout individu normal aurait souhaité voir s’abattre directement sur le manoir pour mettre fin à cet entrelacs d’intrigues mesquines et méchantes qui ferait passer les Atrides pour des petits saints. .

Au passage, remarquons que cet imaginaire, qu’on hésite de plus en plus à qualifier de féminin, a récemment quitté les chirurgiens pour les hommes d’affaires richissimes, milliardaire est le minimum, une valeur notablement plus sûre à l’époque de la féminisation de la médecine.

Profitons-en pour signaler que, dans le monde réel, les plus riches des médecins sont les chirurgiens, encore souvent des hommes où la proportion de pervers narcissiques est presque aussi élevée que chez les « winners » aussi chers à Sarko-Macron qu’aux romans roses. Parmi les chirurgiens, les plus fortunés sont ceux qui s’occupent d’esthétique et, plus particulièrement ceux qui se sont spécialisé dans le « blanchissement » ou plutôt la « roséïfication » des trous du cul. Sur les peaux occidentales standards, ces derniers ont une tendance à être trop brun pour ces personnes qui s’imaginent, vous me passerez l’expression, pisser des arc-en-ciel et chier des licornes. On n’en sort pas.

CHANCE ou Scoumoune :D

Il y a 2-3 semaines environ, on m’a volé mon smartphone à l’hôpital où je suis resté 3 semaines. J’en suis sorti en meilleur état que je n’y suis rentré donc « CHANCE ». Reste la scoumoune pour le vol qui a fait que je me suis retrouvé 1 semaine à l’hosto sans lien avec l’extérieur. Dur, dur. Mais c’est équilibré, comme le Yin et le Yang.

Deux jours après, on a retrouvé ce smartphone avec sa liste d’adresse irremplaçable, CHANCE, mais incomplet : sans sa sim ni une petit pièce chinoise qui me permettrait aussi de récupérer cette liste d’adresses et qui doit venir de ce pays où règne le Covid19, donc dans trèèèès longtemps. Scoumoune. Pour le remplacer… Franchement, quel casanier a besoin d’un smartphone ? Franchement ? Donc j’ai acheté un p’tit Nokia à 20 balles, facile à mettre en poche ou dans un vieil étui à la ceinture.

Entre temps, je demande une nouvelle carte sim à mon opérateur mobile. Après 10 jours et rien au courrier, scoumoune, je pique un coup de sang et je change d’opérateur. 2 semaines ont passé. Sans téléphone mobile, ça fait long. Grrr….

Revenons au gsm à 20 balles. Il s’est révélé que pour précisément 24 €, j’avais reçu une grosse bouse (PAS un Nokia contrairement à ce qui était marqué dessus mais une pâle copie chinoise, scoumoune) qui s’allumait quand il avait envie, sans T9*, dont les touches « fonctionnotaient » et où la carte sim était quasiment soudée dedans. Comme après plusieurs jours, Orange, mon nouvel opérateur, n’avait toujours pas activé la nouvelle sim, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai extrait la carte à grand peine pour donner son N° de série au service technique de l’opérateur mobile coloré et relogée et rallumée… J’ai dit « rallumé », sale bête ! Re-testée donc encore et toujours pour l’activer. Sans succès. Scoumoune, scoumoune.

Ce soir, j’en avais marre de jouer les chirurgiens et j’ai eu l’idée d’essayer la-dite carte dans un autre gsm. Qui sait, peut-être que la carte allait s’activer ? Un mauvais contact était possible dans ce truc à 20 balles. J’avais retrouvé par hasard mon tout vieux et incassable Nokia dont la batterie était morte depuis belle lurette. Mais en le branchant sur le secteur… Via un chargeur… Ça devrait marcher. Un chargeur ? Non, SON chargeur car il date de bien avant la standardisation. Aie ! CHANCE ou scoumoune ?

Malgré mon désordre proverbial, je retrouve dans un tiroir à brol cet accessoire que je n’avais plus utilisé depuis Mathusalem et que je n’avais même pas jeté avec les autres machins électroniques inutiles l’an dernier. Le tout en moins de 2 minutes. CHANCE !

En démontant les bestiaux pour enlever, avec effort, la sim de l’un et la remettre, facilement, dans l’autre, je me rend brusquement compte que ces batteries se ressemblent. Je vérifie. Le tout nouveau tout pourri et le vieux & excellent d’il y a 6 ans dont la batterie était morte, je le rappelle, utilisent le MÊME foutu modèle de batterie ! Je rénove donc du coup mon appareil fétiche et je jette le nouveau tout vilain avec la vieille batterie. Pour 24€, c’est (presque) une affaire. CHANCE !

Finalement, ce soir, au 5e coup de fil avec Orange, il apparaît qu’en fait, ils m’avaient envoyé une carte qui ne correspondait pas à mon abonnement ! Mon opérateur précédent m’avait envoyé une carte sim qui avait mis 10 jours pour faire 60 km (j’aurai fait plus vite à pied) et le nouveau met 4 jours ouvrables plus un dimanche à se rendre compte qu’il m’a refilé une carte flinguée. Scoumoune, scoumoune.

Mais demain… Demain, je dois aller dans une boutique Orange et ils me donneront une nouvelle sim, l’activeront et deux heures après, qui sait ? Sera-ce « CHANCE ! » ou « Scoumoune » ? Yin ou Yang ?

Mise à jour du 10/03/20

Scoumoune, le magasin ne peut pas l’activer contrairement à ce qu’avait dit le support téléphonique la veille. C’est beau la coordination inter-canaux de vente chez Orange. Et au téléphone ? Non plus car il y a eu trop d’interventions dans le dossier et il est sur une liste d’alerte. C’est vrai que, à leur demande, j’avais dû téléphoner 6 fois en 5 jours à 3 numéros de téléphone différents… pour qu’Orange n’arrive pas à réaliser l’activation. Mais bizarre qu’ils bloquent pour ça. J’y reviendrai. « Ils vous rappelleront » me dit le support. Tous ceux qui sont à la recherche d’un emploi connaissent cette phrase magique et ce qu’elle porte de… Scoumoune.

Juste pour info: tout ça se fait par téléphone. Que je n’ai plus puisqu’il s’agit d’activer mon abonnement… de téléphone. J’appelle donc depuis un  téléphone de secours que j’avais pris à tout hasard. Seul souci, il est payant, cher et à la minute puisque c’est un téléphone de secours. Vous connaissez tous les temps d’attente sur les services de support, je ne vous fait pas un dessin. Scoumoune.

Ah, oui, j’oubliais. Internet ! LA solution moderne et rapide.

A l’origine, je voulais commander mon abonnement Orange par Internet. Vite fait, quand j’ai du temps, la nuit par exemple . Et puis promotions, tout ça… Sauf que j’avais eu un abonnement chez eux il y a un an. Quand j’étais parti, ils ont bloqué mon accès à mon compte Internet, évidemment. Mais ils ne l’ont pas supprimé. Quand j’ai voulu me réabonner, le site m’a, très intelligemment aux yeux d’un ordinateur, ré-aiguillé vers mon ancien compte. Vous savez, celui qui avait été bloqué deux phrases plus haut. Scoumoune. D’où mon 1e appel téléphonique chez eux le lendemain, 3 mars et… la première tentative d’accès à mon compte le 2 mars via Internet qui a mis aujourd’hui mon dossier sur la liste d’alerte qui bloque mon activation par téléphone. Tout s’explique. Scoumoune je vous disais.

Vous ne le croirez jamais mais la nouvelle sim est arrivée. J’ai détaché la micro-sim de sa carte et je l’ai posée sur mon bureau, en-dessous de mon clavier, le temps de m’occuper de quelque chose d’encore plus urgent. Pendant ce temps, la femme de ménage est passée et a nettoyé mon bureau. Tout mon bureau… J’ai contacté mon fournisseur pour recevoir une autre carte sim 😀

* T9 = dictionnaire des petits gsm.

Les petits lapins se fendent la gueule

« Les petits lapins se fendent la gueule » était une rubrique épisodique de Charlie Hebdo de la période 1979-1981. Elle relatait de belles histoires comme celle-ci qui concerne un cerf, publiée ce soir 25/10/19 en anglais sur Fox News et traduite par la RTBF: « alors qu’un chasseur de 66 ans pensait avoir tué sa proie, celle-ci s’est retournée contre lui. (…) « Il s’est approché de l’animal qui s’est relevé et l’a attaqué« , a expliqué Keith Stephens, un porte-parole de l’Arkansas Game and Fish Commission, à Fox News. Le chasseur (…) été transporté à l’hôpital où son décès à été constaté. »

Dans tous les cas, c’est une nouvelle illustration de ce que la légitime défense peut avoir des bons côtés. Ici, c’est celui des animaux :-))

Si quelqu’un se souvient de l’auteur originel de cette rubrique, merci de le signaler dans les commentaires. Reiser l’avait illustrée mais pour le reste… Paule ou un autre ?

Les guerres modernes sont possibles… avec un gros « mais ».

(Contribution externe)

SouthFront est une publication russe indépendante et en plein essor qui apporte plein de données sur les guerres où les Russes ou leur armement est impliqué. En avril 2019, j’avais noté cette information un rien cocasse que je vous traduit: « Une vidéo produite par l’aile média des combattants rebelles Yemeni montre des combattants Houthi (…) détruisant et brûlant deux chars de bataille T-34 ». J’ai vérifié : oui, des T-34 ! Des chars très modernes qui ont créé la surprise… lors de l’opération Barbarossa quand les Allemands ont attaqué la Russie en… eh oui, 1941 !

Après 78 ans de dur labeur, une bonne âme a bien voulu les achever. C’est presque un acte de bonté, non ? Bon, je persifle peut-être un peu car il s’agit peut-être des super-modernes T34-85 qui n’ont commencé à être produits qu’en… 1943. N’empêche que traiter aujourd’hui ces grands-pères de « chars de bataille » c’est leur faire un grand honneur. Ou juste de la propagande. Toute proportion gardée, c’est un peu « notre Eddy » (Merckx) renvoyé dans le peloton du Tour de France 2019.

Non mais j’exagère : après tout, il a quand même été produit pendant trèèèès longtemps (le char, pas Eddy. Suivez un peu, bordel). Alors, peut-être que ce papy datait de… 1958, date à laquelle il a enfin cessé d’être sur les chaînes de production. Dans ce cas et selon les nouvelles lois belges, l’heure de la retraite n’avait pas encore sonné pour lui avant longtemps. Dans le même genre, on me chuchote à l’oreille que l’on en avait aussi vu lors des affrontements en Syrie mais ce n’est pas confirmé.

Notez aussi qu’en Libye, toujours en avril 2019, on trouvait en masse d’antiques et (aujourd’hui) exécrables roquettes anti-chars russes datant du début des années 1950 dont on pouvait légitimement se demander à quoi elles pouvaient servir. Ben maintenant, on sait: contre les T-34. Note pour l’imbécile qui voudrait essayer: même contre eux, ça marche pas fort. En plus, il faut être à moins de 500 mètres du-dit T-34 (largement moins de 500 m, en fait), ce que je déconseille vivement pour éviter de se gagner un Darwin Award en pleine gueule : Papy a deux mitrailleuses de 7.62 encore bien vertes… Enfin, il faut que la roquette fonctionne, ce qui n’est pas évident pour des missiles de cet âge. Et en cas d’échec, je vous renvoie à la remarque précédente au format 7.62. A la rigueur, plutôt contre une Ford T ou une 2 CV. Et encore. Ou peut-être contre Eddy à vélo mais même à son âge, c’est uniquement pour un jour où il n’est pas en forme, hein. Réflexion faite, je vous les conseille plutôt comme anti-moustiques, ils seront plus à leur aise… et vous aussi, finalement.

Einstein disait que pour la guerre suivant la 3e guerre mondiale, on utiliserait des bâtons et des pierres. Ben, on n’a pas dû attendre si longtemps, en fait.

Les extra-terrestres sont aux Ressources Humaines (RH)

Chez Michelin, reconnue victime d’un accident du travail suite à (un harcèlement sur le lieu de travail) et arrêtée pendant près de six mois, une salariée de plus de 15 ans d’ancienneté reçoit cependant un courrier lui notifiant un blâme. « Cette mesure disciplinaire était également justifiée par le fait que vous aviez menti sur le fait de vouloir mettre fin à vos jours et d’avoir monopolisé les ressources du service médical mais aussi celles du service du personnel afin que nous nous assurions de votre intégrité physique ». Blâmée pour ne pas s’être vraiment suicidée ? Pour ajouter l’insulte à l’injure, la direction l’a réaffecté au même poste de travail avec les mêmes collègues, y compris les harceleurs.

Toujours chez ce fabriquant de pneus, dans le cas d’un débutant blessé au travail : « Si vous persistiez dans votre comportent fautif (être blessé, je le rappelle), nous serions amenés à envisager à votre égard d’autres mesures disciplinaires et notamment la remise en cause de votre contrat de travail »

Si vous voulez plus de détails, je vous invite à lire l’article chez Basta ! Au passage le formateur du débutant blessé sera peut-être aussi blâmé pour l’avoir « laisser se blesser ». Chouette motivation pour ceux-ci.

Également via Basta, le cas de deux soignantes blâmées parce que gravement en sous-effectifs, elles n’avaient pas eu le temps de remettre des vêtements civils à tou(te)s les retraité(e)s présent(e)s dans le home. Le cadre qui avait donné l’ordre verbal « débrouillez-vous » a sûrement reçu une prime.

Toujours chez les sociopathes, il y a le procès en cours contre les dirigeants de France Telecom pour leur « gestion par le stress » qui a provoqué des dizaines de morts et de blessés. Les excuses généralement invoquées par les inculpés sont de deux ordres : « je ne vois pas où est le mal » et « j’obéissais aux ordres« . E.T. phone home :-/

Ce type de gestion est aussi la méthode déployée par le plan Copernic au niveau des administrations fédérales belges. Outre le placement des apparatchiks à des postes dirigeants très bien payés inventés pour eux, donc à une main-mise des politiques sur l’administration qui les rétribue pour cela, ce plan a mis en place un management par le stress des fonctionnaires. Il était d’autant plus difficile à vivre qu’il n’y avait pas de porte de sortie sauf à renoncer à ses revenus. Il y en a à peine plus maintenant, la mobilité au sein de l’administration n’étant pas chose aisée.

Des suicides ont eu lieu, comme des dépressions, des départs et des burn-out en série. Mais nous sommes en Belgique et tout fût donc balayé sous le tapis puisque tous les partis, sauf le PTB (son journal), y trouvaient leur compte. Les citoyens, les contribuables et les travailleurs largement moins quand après avoir détruit les connaissances et les personnes au sein la fonction publique, il a fallut chèrement sous-traiter (ou « maltraiter ») au privé ce qu’on avait retiré aux fonctionnaires et services compétents. Juste pour rire : savez-vous qui dirige le ministère qui s’occupe des fonctionnaires fédéraux ? Un NVA rabique donc par essence anti-fonctionnaires et anti-fédéral. Comment ça, « briser l’outil » ?

Leur faire peur !

Demain la crise, amplifiée même par la bêtise de la réaction européenne. Elle décolle de Grèce où les salaires ont déjà baissé de 20 à 30% en commençant par les fonctionnaires mais les autres suivront par effet d’entrainement. Ensuite, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande puis toute la zone € et une bonne partie du monde occidental plongera dans le gouffre de la déflation. Le plus dur est pour dans 2 à 3 ans si l’on en croit les économistes comme Frédéric Lordon et tous les autres anglophones un peu sérieux. Je vous renvoie pour le solde au billet précédent.

Alors face à cet avenir qui s’annonce sombre, que faire ? Jouer au Loto, déprimer, voter social-traitre (Papandréou comme Blair avant lui, est membre de l’IS (socialiste)), se suicider…

Aaah, se suicider quand votre chef vous harcèlera au-delà du supportable, vous videra les poches ou vous virera… Un conseil : ne partez pas seul, emmenez-le avec vous.

Vous verrez qu’au 5e Directeur des Ressources (in)Humaines qui sera « invité » à se joindre à l’explosion de colère d’un de ceux qu’il a privé de travail, de dignité, de vie, ils vont commencer à réfléchir avant de proposer un plan de « dégraissage ».

Vous verrez qu’au 3e PDG flingué par un travailleur ruiné par la délocalisation décidée par les actionnaires, ceux-ci auront de plus en plus de mal à en trouver, de ces exécuteurs de hautes-œuvres.

Vous verrez qu’au 10e huissier sautant de concert par la fenêtre du 9e avec le locataire dont il venait faire un SDF, ils seront moins nombreux à avoir envie de faire ce boulot.

Vous verrez qu’au 3e, 10e, 20e patron partant droit au ciel par la vertu d’une grenade déposée dans sa Merced’ par un prolo ruiné et en colère, ils vont commencer à se montre plus discrets. Ca sera déjà ça de pris.

Ceci dit, l’idée romantique de partir mais pas seul, popularisée parfois dans ses romans par le regretté Fajardie n’est pas la recette obligée. Toujours dans le romantisme de Fajardie, « La Nuit des Chats Bottés » proposait alternativement de se faire un petit barouf des familles en faisant sauter tout ce qui nous vole, nous opprime, nous agresse, nous tue à petit feu : une grenade coûte actuellement 50 € dans les quartiers chaud, une Kalach’ se négocie à partit de 200 €. Les armes de poing, c’est notablement plus cher, mais tellement plus discret. Quoiqu’une grenade, ça se loge aisément dans sac à dos à côté de l’ordinateur (même pas peur des portiques, vu la présence de l’ordi).

Sinon, le plastic est pas tellement complexe à fabriquer, d’un maniement sûr et d’une puissance de réflexion largement supérieure à celle d’un édito de BHL. Le plus coton, c’est le détonateur… mais on trouve tant de choses sur Internet :-). Pensez quand même à passer par la lecture d’un petit manuel du contre-espionnage ou  plus simplement par un proxy externe, voir interne comme Tor, avant d’aller fourrer votre nez, là ou vous ne devriez pas.

En tout cas, n’espérez pas leur faire peur en allant voter pour l’un de leurs larbins : qu’il s’agissent des bobos écolos, des sociaux-traîtres, des chrétiens « bénis oui-oui », des crapules de la droite à l’extrême-droite, tous appliqueront sans barguigner les injonctions du mortifère FMI expérimentées au prix de centaine de millions de morts depuis un demi-siècle dans le Tiers-Monde. Ah oui, comment s’appelle le patron du FMI :  DSK ? Il est pas membre du Parti Socialiste, celui-là ? Il est aussi un habitué de Bilderberg comme Pascal Lamy (PS), le patron de l’OMC qui nous a conduit à ces négociations néo-libérales dont chacun paie maintenant les pots cassés (sauf lui : plus de 100.000 € par mois, non-imposables, le séparent de la misère). Dignes héritiers de Gustav Noske qui eut sur les mains le sang de la commune de Berlin et plus spécifiquement de Rosa Luxemburg.

Mais bon, je sens que quand même, vous répugnez à l’action violente, pourtant tellement jouissive, sublimation de l’oppression vécue au quotidien. Alors « Que faire » ? Par exmple, le lire, ce vieux bouquin de Lénine. Facile, il ne fait que quelques pages. Et y ajouter « La révolution qui vient » (best-seller sur Amazon) qui valu un an de prison à son auteur présumé. Et puis réfléchir… et agir, du plus petit geste au plus grand :

– d’abord décider de venir à la réunion NoBorder à Bruxelles du 25 septembre au 3 octobre avec notamment ATTAC. Tous les renseignements sur le site, cliquez sur les liens, on vous dit 🙂

– voter, oui voter mais pour des partis qui sont vraiment de votre côté, à vos côtés (dans la majorité des maisons médicales en Flandre, par exemple), avec vous dans leurs journaux Solidaire de vos luttes, avec vous quand vous avez besoin d’un avocat, Jan Fermon, Ivo Flachet, Michel Graindorge et tant d’autres.

– remplacer la propagande de la TV par l’info critique sur Internet. Via des portails comme Rezo, Contreinfo ou les sites comme celui de Danielle Bleitrach, vous pouvez en savoir plus en 40 minutes qu’avec le même temps de bourrage de crâne du « JT+pubs ». Et la météo, vous l’avez sur Internet quand VOUS voulez, via  AccuWather par exemple.

– Se procurer un logiciel d’impression de code-barre (vous savez, ces trucs que lisent les caisses automatiques des grandes surfaces) pour réaliser quelques reprises prolétariennes, sans risques, sur des produits vitaux… ou non :-). Avec Linux, y’en a plein de gratuits mais en cherchant bien, vous en trouverez de même pour son concurrent à jeter par la fenêtre.

– Monter des comités d’entreprise pour éviter de se faire « embrouiller » par les syndicats jaunes quand il faudra dire « non » aux patrons, aux rentiers et à l’Etat. Tiens à propos de rentiers, saviez-vous que le revenu moyen d’un retraité actuel (ceux de demain, ce sera une autre musique) de l’OCDE est actuellement supérieur à celui d’un actif de la même région. Et quand on connait le nombre de retraités qui vivent avec moins de 900 € par mois, ça laisse rêveur sur les revenus des autres.

– Regrouper des comités de quartiers pour bloquer les accès aux huissiers et autres faiseurs de misère, pour réfléchir ensemble, expérimenter les SEL, protéger et éduquer nos petits et nos ados.

– Se battre pour imposer la Taxe Robin : 0,05 % de taxe sur les mouvements financiers. Ca générera 1.000 milliards d’€ par an sans difficultés. Nous aurons bien besoin de cet argent pour éviter le crash financier et ça ne gênera que la spéculation. En comptant bien, ça fait trois bonnes raisons de la défendre.

– proposer d’autres idées, ici ou dans des ailleurs plus fréquentés 🙂 Et puis en parler à vos voisins de palier et de travail. Rien ne fait plus peur au pouvoir que de voir les gens échanger entre eux, même sur le net, sans passer par les médias en leur pouvoir, dont Facebook, financé et surveillé par tant d’agences de renseignements, gouvernementales ou non.

La mal-bouffe est une drogue ?

Dans Bastamag, Agnès Rousseaux nous rapporte que « une étude américaine vient de montrer que les processus neuro-biologiques provoqués par la consommation d’une nourriture beaucoup trop riche et par la consommation de drogues dures étaient similaires ». MacDo et heroïne, même combat ?

Quand on se souvient des fabriquants de cigarettes rajoutaient sciemment des produits pour augmenter l’accoutumance à ce qu’ils savaient déjà être un poison, on ne sera guère étonné de voir le cynisme avec lequel les fabricants de cette mal-bouffe vont traiter cette information qu’ils connaissent et exploitent probablement déjà. On parie ?

Et comme une image vaut mieux qu’un long discours, voici les chiffres 🙂