Les mauvais romans d’espionnage de l’Otan

Quand on les revoit à froid, après la samba médiatique, les romans « Skripal & Novichock », « Novichok et Alexei Navalny » (<5% des voix) et « Vol d’un MH17 au-dessus de l’Ukraine » auraient été mieux écrit par l’auteur de « L’espion qui venait du froid », le très informé John le Carré que par les services occidentaux : espions, politiciens et presse aux ordres inclus. Leur manque total de finesse fait plutôt penser aux super-productions hollywoodienne.

Les cibles

Ce sont des objets et des personnages insignifiants dont la disparition n’aurait entraîné aucune modification de l’état du monde, les coups eussent-ils été parfaitement réussis.

Quel est l’intérêt politique ou militaire d’abattre au-dessus de l’Ukraine en pleine guerre civile, un avion civil, accessoirement appartenant à un pays très mal vu des USA, et qui n’emportait que des civils dont le seul « intérêt » est qu’ils sont occidentaux et totalement étrangers au conflit, donc que leur mort va déclencher une tempête médiatique.

Skripal est un espion soviétique retraité, passé 20 ans auparavant aux occidentaux. Plus personne donc. Pourquoi prendre le risque d’aller jusqu’en Angleterre pour y toucher avec un produit aussi politiquement marqué sur lequel nous reviendrons ?

Alexei Navalny n’a d’importance qu’à nos yeux d’occidentaux car en Russie il juste l’avocat de la doxa économique néo-libérale et néoconservatrice dont la population Russe ne veut plus entendre parler après le fiasco catastrophique des années Eltsine installé par nos soins. Elles furent bien pire que toutes les erreurs communistes locales réunies mais nous parlons peu de nos erreurs de casting. Suivant les élections, « L’Opposant » Navalny fait entre 1 et 5% des voix aux élections, loin derrière les communistes et leur 15-25% qui constituent les seuls réels opposants à Vadimir Poutine et ses alliés, sauf aux yeux des médias occidentaux. Y toucher va donc aussi déclencher une tempête dans les médias système que les « hasards » du capitalisme ont tous concentrés dans les mains de milliardaires, donc férocement aussi néo-libéraux que leur protégé. Tout ça fait juste de la publicité gratuite pour M. Nobody N° 2.

Les outils

L’instrument de deux de ces affaire est constitué par le Novitchok au mystérieux nom russe qui signifie… « petit nouveau ». Un nom déjà nettement moins vendeur. Il fut inventé jadis en URSS (ça ne rajeunit personne) mais maintenant que la poussière journalistique est retombée, nous pouvons savoir que sa recette relève quasiment du domaine public. D’autant que certains bio-chimistes concernés, dont Vil Mirzayanov, passèrent dès la chute de l’URSS dans les laboratoires militaires occidentaux où ils étaient payés, au moins (cf Eltsine, supra). Il est désormais produit un peu partout dans le monde, y compris au Royaume-Uni, d’ailleurs à quelques miles de chez les Skripal selon certains. Les services secrets… sont secrets à ce sujet.

Dernier point au sujet du Novitchok : le « petit nouveau » est hautement mortel… Sauf quand on l’utilise, apparemment : toutes les cibles visées comme les médecins, sauveteurs, policiers et enquêteurs qui l’ont parfois approché sans précaution ont tous survécu, sans effet même à moyen terme. Bizarre pour une arme de guerre neurotoxique décrite à juste titre comme absolue et rapide !?

L’outil du troisième attentat, aussi peu discret que le précédent est un missile anti-aérien soviétique (aussi) dénommé ici Buk (UK-US) ou Bouk (F) datant des années ’70. Il fait 750 Kg pièce, ça ne se porte vraiment pas sur l’épaule. Il est lancé depuis un tracteur tout-terrain qui en porte 4. Il est accompagné au minimum d’un véhicule radar et d’un véhicule de commandement. Plus le(s) engin(s) de transport des missiles. Vu le niveau de l’électronique soviétique d’il y a 50 ans, plus les chenilles, le blindage et probablement l’équipement NBC caractéristique de l’époque, c’est du lourd, du très, très lourd : quelques dizaines de tonnes pour chacun : 4 gros véhicules sur chenilles présentés ici en vidéo. Peu discret, on disait.

Les auteurs et leurs mobiles

Dans le coin, il est utilisé le plus fréquemment par l’armée ukrainienne, subsidiée par les USA et entraînée par divers occidentaux anglo-saxons. La barrière séparant cet ensemble de leurs supplétifs néo-nazis est très poreuse pour dire le moins. D’autant que les USA ont une longue histoire de collaboration avec les nazis, de von Braun au sulfureux Gehlen. Même si l’armée officielle ne les aiment pas tous ni toujours, les contacts existent. Et ces derniers sont de vrais fous meurtriers, ils l’ont prouvés par leurs paroles et, surtout, leurs actes : le massacre des civils par le feu à la Maison des Syndicats à Odessa pour prendre l’exemple le plus connu.

De l’autre côté, leurs opposants russophones, parfois communistes, pourraient aussi en avoir capturé l’un ou l’autre et l’avoir utilisé à plus ou moins bon escient. Mais cela nécessiterait d’avoir le personnel spécialisé ad hoc et d’avoir capturé l’entièreté de la chaîne d’utilisation qui avec sa portée de 20 km n’est exposé en première ligne. Il semble évident que si les partisans avait capturé un tel groupe, le premier soin des Ukies aurait été de le bombarder par tous les moyens disponibles : chars et unités motorisées avant qu’il n’ait traversé les lignes. De toute façon, ça fait beaucoup de monde, tous capturés et ne sabotant pas le travail ou identifiés et rameutés dans la population locale voire les volontaires Russes pour les utiliser.

Enfin, le dernier utilisateur potentiel est l’armée russe. Le long transport supposé de l’énorme convoi depuis la Russie n’est documenté que par Bellingcat, un organisme au financement suspect issu du MI-6 britannique, soit une source doublement anti-russe tant par son recrutement que par son métier. Ce dernier aussi très peu fiable : le métier des espions est de mentir et manipuler. Ils s’en vantent même. Précisons aussi que ce trajet n’a été observé par aucun satellite-espion côté armée américaine. Bizarre, non ?

Reste une question, la même que pour les affaires « petit nouveau »: pourquoi ? Pourquoi auraient-ils transporté ces engins à travers la partie russophone de l’Ukraine, bourrée de civils pas tous de leur côté donc parfaitement indiscrètement ? Pour le seul plaisir de tuer des civils Hollandais n’ayant rien à voir dans l’affaire sauf pour allumer la mèche courte des médias occidentaux ? En d’autres termes, on n’a pas résolu le « Qui bono » traditionnel de la justice : à qui cela profite ?

Le monstre

Attribuer ces divers attentats à Vladimir Poutine et à son supposé pouvoir absolu implique nécessairement le postulat que l’accusé, le-dit Poutine, soit irrationnel jusqu’au monstrueux et stupide en prime. Soit le contraire de ce que ce judoka et joueur d’échec a démontré tout au long des quelques 20 ans qu’il occupe avec calme et autorité le pouvoir russe.

Ces qualificatifs définitifs siéraient bien mieux à Biden qui a voté et milité pour toutes les guerres (insensées) tout au long de ses 30 0u 40 ans de Sénat, ou à Trump évidemment voire à l’hypocrite Obama qui a fait exécuter sans jugement plus d’USAméricain, journalistes inclus, que tous ses prédécesseurs réunis sans que la presse-système aux mains de divers milliardaires (WashPo, NYT, CNN, BBC, Guardian, Le Monde, etc…) n’en fasse autant de Kashoggi.

Ne parlons même pas du couple de criminels de guerre Bush & Blair (UK) qui les ont précédés: de 1,5 à 2,5 millions de mort.e.s civil.e.s, enfant.e.s inclus, à eux deux pour éliminer un tyran local. Il faisait quand même moins de dégâts que les seigneurs de la guerre qui l’ont remplacé. La pollution à l’uranium appauvri (mais toujours radio-actif) de larges zones urbaines irakiennes vient en prime gratuitement avec les monstres plus ou moins viables qu’elle a produit en quantités (pas uniquement) statistiquement significatives si l’on se réfère au très officiel et médical The Lancet et al. Je vous épargne les photos mais elles existent.

Le secret

Des gens ont lancé ces missiles et se taisent encore. L’hypothèse d’un complot présente le même problème que tous les complots : il faut qu’aucun complice ne parle jamais de l’horreur commise par le groupe. C’est possible dans une armée très motivée mais à peine : tout le monde et son chien a envie de se vanter d’une opération réussie ou de prendre des photos avec son smartphone en oubliant de bloquer la géolocalisation. Les soldats russes ont été particulièrement peu discret dans le genre. Dans les services secrets, mieux entraîné aux procédures ad hoc le secret est mieux assuré, surtout si on liquide les témoins.

Commettre une erreur peu aussi pousser à se taire : un groupe peu expérimenté visait un avion militaire, donc Ukrainien, et l’a confondu avec le vol MH-17. Mais alors ce n’est pas l’armée russe qui les utilise depuis un demi-siècle. Les milices russophones pourraient mieux répondre à cette définition d’un acte involontaire mais nous avons vu qu’il est très peu probable qu’ils aient pu en acquérir le contrôle.

CONCLUSION

L’hypothèse d’une opération « sale » sous faux drapeau avec du matériel Ukrainien reste la plus probable. Celles-ci sont assez courantes ces dernières années. En prime, la commission d’enquête réunie par les occidentaux pour définir les responsabilités a inclus le coupable le plus probable dans la commission, avec en prime un droit de veto sur toute publication. Et ça, c’est quand même un signal assez caractéristique de la volonté d’étouffement d’une affaire sale, très sale.

Le futur « territoire » perse

La guerre d’Iran aura lieu, d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs, elle a déjà commencée avec le blocus économique que ce dernier subit depuis de nombreuses présidences américaines. Elle est inéluctable car les USA ne peuvent tolérer un gouvernement qui ne leur soit pas totalement soumis, au pilotage des 4e réserves mondiales de gaz et de pétrole. La remarque vaut aussi pour le Venezuela, 3e réserve mondiale des mêmes. Ne parlons pas de la diabolisation de la Russie, comme par hasard bien placée dans cette histoire.

L’énergie, même celle dépassée que constituent les hydrocarbures liquides ou gazeux, est une nécessité absolue pour ceux qui se veulent les maîtres du monde au 21e siècle et qui ne peuvent le rester que par la violence et la force militaire démesurées.

Parlant du conflit à venir avec l’Iran, Elijah Magnier, vient d’écrire ce qui suit : « (l)a dissuasion iranienne s’est imposée d’une manière ou d’une autre » (sic) sur son site payant. Avec tout le respect que je dois à cet auteur généralement pertinent, je dois dire que je ne le comprend pas : Israël bombarde les forces iraniennes en Syrie au moins chaque semaine depuis un an environ, sans aucune réaction ou riposte significative de l’Iran jusqu’à présent. Qui a la force de dissuasion ici ?

Ne nous faisons pas d’illusion : rappelons-nous comment la « 4ème armée du monde » (sic) irakienne a été vaincue en quelques jours avec très peu de morts occidentaux après 6 mois de bombardements américains quotidiens et intensifs. Qui peut soutenir une telle cadence de feu pendant une si longue période à part les USA et peut-être la Chine ? Personne n’a été capable d’arrêter les bombardements de l’OTAN sur la Syrie qui ont conduit à la chute du pays, non plus. Certes l’Iran est bien plus grand, mais est-ce un obstacle suffisant ? J’en doute et je crains que l’Otanie pense de même.

Certains ont une haute opinion des S-400/S-500 russes pensant qu’ils seront plus ou moins efficients pour contrer ces bombardements. Premier souci, ils ne sont pas iraniens ! En prime, ces fleurons de l’armée russe ne sont pas conçus pour arrêter des essaims de bombes guidées et de drones bon marché actuellement utilisés des deux côtés du champ de bataille moderne (voir récemment en Azerbaïdjan). Ce n’est pas leur but qui est bien stratégique* et non tactique. Idem pour les chasseurs Su-35s/Su-53, bien supérieurs au dispendieux (surtout à l’usage) F-35 dont nous attendons toujours la mise en service effective, faute de simulateurs pour entraîner les pilotes et de pièces détachées pour les entretenir.

Certains occidentaux disent que le F-35 sera un jour une merveille, la plupart des commentateurs autorisés aux USA et en Europe en doutent de plus en plus ouvertement mais de tout façon, ils ne constituent pas ce qui sera principalement utilisé contre l’Iran en cas de conflit de grande ampleur, du moins si l’on se réfère aux offensives passées : des essaims de vieux missiles de croisière « US-cheap** » lancés par les USA, jours après jours, depuis une Arabie Saoudite ou l’autre voire une flotte du premier cité saturera toute défense iranienne et détruira toute infrastructure, éventuellement après un bombardement de précision des batteries de missiles anti-navires. Et ça s’arrêtera là pour le principal.

L’occupation au sol est facultative et vise juste à amplifier le résultat de ce genre de guerre qui abouti à créer un territoire sans tête, déchiré par des seigneurs de la guerre abondamment arrosés en armes légères, là où se trouvait un pays. A plus long terme, le but est la balkanisation de la cible comme dans le prototype de la Yougoslavie qui a précédé dans le désordre en Libye, en Syrie, en Somalie, en Irak et ainsi de suite. Le Venezuela et l’Iran sont sur leur liste des choses « à faire ». Nous espérons tous qu’ils échoueront mais je ne parierais pas d’argent là-dessus : notamment parce qu’il reste à voir si la Chine et la Russie risqueront un conflit de grande ampleur avec les États-Unis pour empêcher la destruction d’un allié somme toute assez secondaire pour eux et dont l’exemplarité symbolique n’est pas évidente.

Reste la question du détonateur du conflit : en l’état, nous sommes nombreux à penser à Israël mais la dictature, pardon,: le royauté absolue des Saoud fera aussi bien l’affaire. Le prétexte sera l’une ou l’autre réaction iranienne aux agressions quotidiennes du roquet apartheido-religieux pré-cité ou du MBS affligé de son habituelle et agressive folie des grandeurs (aventurismes Yemen, Qatar, Kashoggi, etc…). Si ça ne suffit pas, les faux drapeaux n’ont pas été inventés pour les chiens : voyez les Anglais qui en usent et abusent depuis 1970, au moins, ou les USA où ils sont indispensables depuis toujours. La presse-système otanienne (Les WashPo, NYT, Monde, CNN, BBC & C°) se chargera de la propagande où le psittacisme tient lieu de preuve et de mobile***.

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(*) Leur mission est de protéger certains points stratégiques Russes et bien ciblés contre des missiles balistiques nucléaires et les bombardiers du Strategic Air Command : les B-52 et B-1, le discret B-2 comme le futur B-21. Éventuellement aussi quelques chasseurs bombardiers Français porteurs d’armes nucléaires qui tenteraient une percée vers Moscou.

C’est tout et c’est déjà beaucoup à l’échelle du budget militaire Russe qui n’est que la moitié, oui, LA MOITIE des budgets militaires réunis des 3 grands « européens » la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne (cf. chiffres du suédois SIPRI et al.). Je ne parle même pas des USA, là nous changeons tout simplement d’ordre de grandeur.

(**) L’expression « US-cheap » essaye d’exprimer en peu de mots qu’à l’échelle du gargantuesque (et mal utilisé) budget militaire US, ça ne leur coûte pas grand-chose. En prime, leur valeur par rapport à la richesse de USA est ridiculement basse par rapport au prix des rares anti-missiles que pourrait leur opposer le pauvre Iran. N’oubliez pas que les USA ou Israël utilisent sans état d’âme des missiles de précision, valant des dizaines de millions de $ pour détruire des bunkers arabes valant à l’unité 2 ou 3.000 $ à tout casser, c’est le cas de le dire.

(***) Voir article suivant

Revue de presse du 19 mars 2020

La recommandation du jour, c’est l’article de Ian Johnson paru dans le New York Times du 13 mars et traduit en français par Le Cri des Peuples qui explique comment, dans un mélange de racisme et d’idéologie, nos dirigeants ont perdu le temps offert par la Chine en matière de Covid19. A ce propos, sortir sur son balcon tous les soirs à 20 heures pour applaudir les professionnels de la Santé, c’est bien mais les financer correctement et payer ses impôts, c’est mieux, n’est-ce pas Bill Gates.

Autre recommandation, une critique longuement argumentée des printemps arabes décrits comme « Une guerre de prédation économique d’un Occident en crise (…) » par René Naba, que vous auriez tort de négliger si vous voulez comprendre un peu de géopolitique.

Tout le monde aimera « Neuf réflexions sur COVID-19 et ce qui s’en vient » de Caitlin Johnstone remarquablement traduit par Viktor Dedaj. La version originale en anglais est .

Un texte vigoureusement socialiste rappelle que tant la Chine que Cuba envoient de l’aide à nos pays libéraux si développés qu’ils sont incapables de faire face une épidémie finalement pas mal gérée là-bas. Et cet autre article critique tout aussi vigoureusement l’aspect inhumain des sanctions économiques contre l’Iran et le Venezuela en cette période de pandémie.

Sur un blog d’Alternatives Économiques vous pouvez lire une explication de la crise économique révélée par le Covid19 mais qui lui était pré-existante. Ce peut être complété, en français, par cet article des Économistes Atterrés publié sur El Correo.

Une tribune en faveur de l’anonymat sur Internet, baromètre de la démocratie, publiée par Sputnik et écrite par un lauréat de la française Revue de Défense Nationale. Bonjour, les dissonances cognitives ?

Le russe SouthFront met en lumière et en anglais dans deux articles, la montée des menaces de guerre des USA à l’égard de la Russie. Ce se passera en Europe. Il publie aussi la liste des principales pandémies plus ou moins mondiales classé par nombre de morts. Réjouissant, enfin presque.

Sous le titre « “Nous avons des intellectuels de gauche qui se pensent anticapitalistes, qui le sont au sens de leur militance, mais qui écrivent le récit dont la bourgeoisie a besoin“, Bernard Friot nous gratifie d’un article contre, notamment, la pension à points et « l’acharnement (des libéraux) à en finir avec le droit au salaire des retraités pour réaffirmer que ne peut avoir cours que la pratique capitaliste de la valeur : seuls travaillent ceux qui mettent en valeur du capital et la qualification ne peut pas être attachée à la personne ».

L’info est ancienne mais je la signale car l’auteur vient de gagner son procès contre la société de vente pyramidale Akéo alias MLM alias FAR. Cette victoire lui coûte quand même 4.000 €. Vous pouvez le soutenir, même de 5 €, ça lui fera du bien.

Enfin, au cas où ne le sauriez pas déjà, la religion est un obstacle à la science, même aujourd’hui, même chez nous, même dans nos têtes.

Le goût du pouvoir

Poutine vient de changer d’avis: il pourrait redevenir Président une 3e fois d’affilée, une 5e fois au total, en contravention avec la constitution, « pour peu que le peuple soit d’accord » avec cette entourloupe juridique trop classique qui consiste à modifier le statut du président pour faire un « reset » du nombre maximal de réélections. On avait cru Poutine au-dessus de ce genre de manipulations minables. On avait tort.

« Que le peuple soit d’accord », c’est à ça que servent les élections. Et la constitution, ça sert à éviter les abus des élections mais on semble l’oublier là-bas, chez le nouveau petit père du peuple. Ou alors ce diable de Poutine nous garde un as dans sa manche.

Les guerres modernes sont impossibles

Un des auteurs de National Interest, publication liée au Pentagone et plus généralement au système militaro-industriel, a jadis écrit un article fondamental sur l’incapacité de nos armées modernes à gagner une guerre mondiale faute de pouvoir assurer l’alimentation en armes et munitions de ses troupes. Et c’est de plus en plus vrai.

Lors du dernier conflit entre forces vaguement égales, la guerre du Kippour en Egypte, Israël n’a pu gagner que parce qu’il recevait en permanence les munitions et le matériel produit et stocké par un pays 25 fois plus gros que lui. Malgré ce genre de manne, ils ont perdu en 2006 au Liban contre une milice sous-équipée. Il a fallu 6 mois aux USA pour préparer et engranger de quoi gagner une semaine de guerre contre l’Irak, une nation du tiers-monde.

Les discrets F-35, comme leurs équivalents en Russie et Chine dans une moindre mesure, ne volent que s’ils sont maintenus par des dizaines de techniciens chèrement et longuement formés sur des aérodromes en dur reliés aux plus complexes réseaux et programme informatiques. En cas de conflit généralisé entre égaux, pendant combien de temps y aura-t-il de tels aérodromes, de telles équipes et de telles électroniques.

Les armes modernes lancent des missiles qui valent des millions et qui sont produit à quelques exemplaires par an. Les S-400 et autres fleurons de la DCA russe se font détruire simplement parce qu’ils doivent détruire des masses de drones qui coûtent 10 ou 10.000 fois moins chers à fabriquer. Et ils doivent les détruire parce qu’ils en sont eux-mêmes la cible. Les ultra-modernes et si fragiles navires de haute mer US sont confrontés au même genre de dilemne. Ils disent pouvoir le contrer avec les A-10 « brrrrt » que l’on n’a pourtant jamais vu décoller d’un porte-avions et encore moins y atterrir.

Une simple guerre contre l’Iran ou le Hezbollah libanais est irréaliste car même les faibles moyens de ces derniers suffisent à détruire les fondements économiques des pays qui les attaquent ou au moins de leurs alliés situés trop près comme vient de le prouver le bombardement par la guérilla Houtis du fleuron de l’industrie pétrolière saoudienne. Ce n’était pas la première attaque du genre, ils s’étaient déjà attaqué avec succès à ces artères vitales qui se prénomment gazoducs et oléoducs.

La Corée du Nord est inattaquable sans un « premier coup » aussi colossal qu’improbable car sa simple artillerie peut détruire en quelques minutes le cœur de l’industrie manufacturière et financière de la Corée du Sud. Ajoutons-y quelques missiles, même pas nucléaires, et ce conflit fera perdre des centaines de milliards à une économie mondiale déjà chancelante. Quel gouvernement peut accepter ce risque ?

Billard à trois bandes dans les médias MSM

Le coup est disséqué par le journal américain « Moon of Alabama » traduit par le Saker*: un « diplomate » israélien donne un scoop constitué de trois infox* à un journaliste saoudien qui les avale tout cru. En s’appuyant sur la « reconnaissance par les arabes eux-mêmes » – sauf que l’Arabie Saoudite, ça n’est pas du tout « les arabes », surtout en Irak et encore moins chez les Perses iraniens, mais passons – les journaux MSM israéliens et occidentaux sont « sûrs » de la véracité des infox à la gloire des F-35 i, de l’armée israélienne et de la force de caractère de son 1er ministre et ministre de la guerre, le tout-puissant Bibi Nétanyahou. Il y a là-bas des élections en vue mais c’est sûrement un hasard. Ça contente aussi les USA qui ont besoin de bonnes nouvelles à propos de leur infox (à peine) volante vendue sous le nom de F-35, par exemple en Belgique sous l’influence de l’américanolâtre CD&V au pouvoir dans l’armée et soutenue au gouvernement par la toute-puissante NVA.

Juste deux-trois problèmes: les infox sont visibles pour qui veut se renseigner et regarder, les journalistes saoudiens ne sont pas fiables vu la sauvage dictature régnante, les journaux MSM commencent à être reconnus comme paresseux et peu crédibles, il n’est que de voir leur chute de lectorat en dizaine(s) de % par an. Enfin, comme le signale « Moon of Alabama », si c’était vrai, ce serait alors le meilleur argument de vente possible pour les S-400 russes dans tout le Moyen-Orient. C’est peut-être pour ça que les médias (pro-)russes ne sont pas du tout pressés de lever le lièvre.

(*) Je ne suis pas responsable des odeurs nauséabondes qui émanent fréquemment des auteurs repris dans le Saker mais quand il traduit les articles de la presse anglophone de gauche, je ne vois pas de raison de vous en priver. De même, Wikipédia fondé par un libertarien (extrême-droite anti-état) et devenu un instrument de propagande MSM et néo-conservateur (donc va-t-en-guerre) reste utile quand il ne parle pas de politique et surtout pas d’actualité.

Opération Bagration

C’est aujourd’hui l’anniversaire du démarrage de l’opération Bagration le 21 juin 1944. Un résumé en français de cette massive opération russe qui cassât définitivement les reins du Reich Nazi nous est fourni cette fois par Sylvain Ferreira sur le site très droitier, dans tous les sens du terme, de Régis de Castelnau.

Dans un autre article, les mêmes soulignent « la nouvelle réalité » où le Débarquement du 6 juin 1944 est fêté avec les Allemands mais sans les Russes qui ont quand même causés 75 % des pertes nazies lors de la 2e guerre mondiale et ont payé un lourd tribu à la destruction de l’hydre hitlérienne… pure allemande.

Virage à l’Est

Dans l’article L’empire qui n’aura pas existé ? Bruno Drewski nous dresse un gigantesque tableau de la situation à l’est de l’Europe à la lumière de la géopolitique actuelle.

C’est aussi un vigoureux playdoyer pour une nouvelle “Ost-politique” pour reprendre l’expression du Chancelier allemand Willy Brandt. C’est à dire d’une politique européenne orientée vers l’Est, donc la Russie et l’Asie porteurs d’infiniment plus de possibilités et de futurs que notre voisin d’outre-Atlantique dont il pose la question de la future place.

C”est enfin un plaidoyer pour “plus d’Etat”, une thèse que partage aussi Jetons le bébé avec l’eau du bain libéral à la lumière de la comparaison de la gestion des crises issues tant des catastrophes naturelles que de la bulle financière et autres somptueux ratages de “la main invisible du marché” qui pourrait faire passer les errements du stalinisme pour un humanisme juste un peu vigoureux.

Quand vous verrez par quel site l’article de Bruno Drewski est accueilli, vous devinerez vite que c’est solidement charpenté et argumenté. Donc que ce sera vraiment intéressant à lire. Et si vous ne savez pas, vous devriez vraiment sortir de la en-dessous 😉