La première conférence de presse des Talibans

J’ai collationné ici différentes sources en anglais (USA) sur la 1ère conférence de presse du nouveau pouvoir Afghan. La presse francophone dominante (MSM) n’en parle pas ou attend que le New York Times (NYT) et le Washington Post (WaPo) aient décidé du sens du vent, comme d’habitude. Je vous conseille toutefois de jeter un coup d’œil à Investg’Action qui est généralement fiable en matière de monde arabe et a été très réactif. Le Grand soir offre une rapide chronologie des évènements de l’Afghanistan moderne.

La conférence a commencé par une récitation du Coran félicitant les vainqueurs et une autre sur l’unité. Elle se poursuit avec les points suivants

  • Nous avions le droit légitime de libérer le pays.
  • Nous pardonnons à tous ceux qui ont combattu contre nous.
  • Nous ne voulons pas d’ennemis externes ou internes.
  • Un gouvernement fort, islamique et inclusif.
  • Pas de victimes talibanes à Kaboul.
  • Assurer la sécurité à Kaboul.
  • Assurer la sécurité des ambassades.
  • Nous ne voulons ni chaos ni désagréments à Kaboul.
  • Confirme que les Talibans ne se sont rendu à Kaboul que pour assurer la sécurité dans les rues. Les émeutiers, les voleurs voulaient utiliser le nom des Talibans pour fouiller les maisons, etc.
  • Assure la sécurité de tous les pays voisins.
  • Assure à la communauté internationale qu’aucun pays ne sera lésé à partir du sol afghan.
  • Droits des femmes dans le cadre de la charia. Éducation, travail, etc. autorisés.
  • Construira des infrastructures pour l’économie afghane.
  • Demande à la communauté internationale d’y contribuer.
  • Assure l’activité des médias. Ils peuvent continuer à faire des reportages. Mais rien n’est contraire aux valeurs islamiques. Doit être impartial. Doit critiquer le travail de Talibans afin que le gouvernement Taliban puisse s’améliorer.
  • Les médias ne doivent pas travailler contre les valeurs nationales ou l’unité de la nation.

La version proposée ici vient de Moon of Alabama que j’ai traduit pour vous avec l’aide de Deepl et que j’ai vérifiée sur ce plan.

J’ai aussi relevé pour vous les diverses précisions venant d’autres sources à propos du statut des femmes Afghanes : « La burqa ne sera pas obligatoire, le foulard le sera (…) Les femmes pourront suivre l’enseignement y compris l’université (…) Elle pourront travailler (…) Tous les droits des femmes seront garantis dans les limites de la loi islamique. Les talibans considèrent les femmes comme un élément clé de la société, mais elles doivent se conformer aux normes de l’islam. » Notons au passage que c’est une femme qui a présenté Zabihullah Mujahid, l’intervenant de la conférence.

Comme la source primaire est arabophone, ce que je reprend ici sont des traductions de l’Afghan vers l’Américain vers le Français. Pour vérifier, j’ai été voir la source vidéo qui sert de base et dit en (très) résumé par un arabophone : « nous nous sommes battus pour notre patrie pendant 20 ans, nous nous sommes battus pour notre religion, l’islam et la loi islamique. Maintenant que la guerre est terminée, nous voulons être pacifiques. Nous avons des ambassades étrangères dans notre pays. Nous les protégerons. Nous autorisons les femmes dans chaque partie du pays selon le système islamique et les droits des femmes que l’Islam donne. Nous donnerons ces droits aux femmes et enverrons au monde le message que nous sommes un peuple pacifique et que nous voulons vivre en paix. Laissez-nous vivre dans notre propre pays. Nous voulons avoir de bonnes relations diplomatiques avec le monde. Et nous voulons établir un système islamique dans leur pays. Parce que nous sommes musulmans, notre religion et notre société sont l’Islam et nous voulons vivre sous la loi islamique ». Confirmation donc des versions anglophones.

Bien sûr ce sont des déclarations. On attend l’application de la chose et les détails où se niche le diable. Accessoirement, il sera très utile de voir comment notre presse va traiter la chose. De leur attitude, nous pourrons déduire très précisément la ligne officielle occidentale au sujet du nouveau pouvoir Afghan.

Sans aucun rapport mais un média russophone affirme que le chaos à l’aéroport ces derniers jours était principalement dû à sa prise de contrôle par les militaires USAméricains ( +/-7.000 soldats) qui l’ont utilisé à leur service exclusif sans se préoccuper le moins du monde des avions civils prévus. Ce serait cohérent avec leurs habitudes mais j’attends d’autres sources pour affirmer la chose.

Pour continuer sur les informations douteuses, j’ai été lire les commentaires de la vidéo sur YouTube. Comme par hasard, les premiers intervenants s’affirment arabophones et critiquent lourdement la traduction anglaise proposée mais n’offrent bizarrement aucune traduction de remplacement ni même des détails sur les points critiqués, contrairement à leurs quelques contradicteurs. Ça ressemble très fort aux comportements des manipulateurs et trolls plus ou moins gouvernementaux sur les médias sociaux comme on en voit trop souvent. A suivre !

Les mauvais romans d’espionnage de l’Otan

Quand on les revoit à froid, après la samba médiatique, les romans « Skripal & Novichock », « Novichok et Alexei Navalny » (<5% des voix) et « Vol d’un MH17 au-dessus de l’Ukraine » auraient été mieux écrit par l’auteur de « L’espion qui venait du froid », le très informé John le Carré que par les services occidentaux : espions, politiciens et presse aux ordres inclus. Leur manque total de finesse fait plutôt penser aux super-productions hollywoodienne.

Les cibles

Ce sont des objets et des personnages insignifiants dont la disparition n’aurait entraîné aucune modification de l’état du monde, les coups eussent-ils été parfaitement réussis.

Quel est l’intérêt politique ou militaire d’abattre au-dessus de l’Ukraine en pleine guerre civile, un avion civil, accessoirement appartenant à un pays très mal vu des USA, et qui n’emportait que des civils dont le seul « intérêt » est qu’ils sont occidentaux et totalement étrangers au conflit, donc que leur mort va déclencher une tempête médiatique.

Skripal est un espion soviétique retraité, passé 20 ans auparavant aux occidentaux. Plus personne donc. Pourquoi prendre le risque d’aller jusqu’en Angleterre pour y toucher avec un produit aussi politiquement marqué sur lequel nous reviendrons ?

Alexei Navalny n’a d’importance qu’à nos yeux d’occidentaux car en Russie il juste l’avocat de la doxa économique néo-libérale et néoconservatrice dont la population Russe ne veut plus entendre parler après le fiasco catastrophique des années Eltsine installé par nos soins. Elles furent bien pire que toutes les erreurs communistes locales réunies mais nous parlons peu de nos erreurs de casting. Suivant les élections, « L’Opposant » Navalny fait entre 1 et 5% des voix aux élections, loin derrière les communistes et leur 15-25% qui constituent les seuls réels opposants à Vadimir Poutine et ses alliés, sauf aux yeux des médias occidentaux. Y toucher va donc aussi déclencher une tempête dans les médias système que les « hasards » du capitalisme ont tous concentrés dans les mains de milliardaires, donc férocement aussi néo-libéraux que leur protégé. Tout ça fait juste de la publicité gratuite pour M. Nobody N° 2.

Les outils

L’instrument de deux de ces affaire est constitué par le Novitchok au mystérieux nom russe qui signifie… « petit nouveau ». Un nom déjà nettement moins vendeur. Il fut inventé jadis en URSS (ça ne rajeunit personne) mais maintenant que la poussière journalistique est retombée, nous pouvons savoir que sa recette relève quasiment du domaine public. D’autant que certains bio-chimistes concernés, dont Vil Mirzayanov, passèrent dès la chute de l’URSS dans les laboratoires militaires occidentaux où ils étaient payés, au moins (cf Eltsine, supra). Il est désormais produit un peu partout dans le monde, y compris au Royaume-Uni, d’ailleurs à quelques miles de chez les Skripal selon certains. Les services secrets… sont secrets à ce sujet.

Dernier point au sujet du Novitchok : le « petit nouveau » est hautement mortel… Sauf quand on l’utilise, apparemment : toutes les cibles visées comme les médecins, sauveteurs, policiers et enquêteurs qui l’ont parfois approché sans précaution ont tous survécu, sans effet même à moyen terme. Bizarre pour une arme de guerre neurotoxique décrite à juste titre comme absolue et rapide !?

L’outil du troisième attentat, aussi peu discret que le précédent est un missile anti-aérien soviétique (aussi) dénommé ici Buk (UK-US) ou Bouk (F) datant des années ’70. Il fait 750 Kg pièce, ça ne se porte vraiment pas sur l’épaule. Il est lancé depuis un tracteur tout-terrain qui en porte 4. Il est accompagné au minimum d’un véhicule radar et d’un véhicule de commandement. Plus le(s) engin(s) de transport des missiles. Vu le niveau de l’électronique soviétique d’il y a 50 ans, plus les chenilles, le blindage et probablement l’équipement NBC caractéristique de l’époque, c’est du lourd, du très, très lourd : quelques dizaines de tonnes pour chacun : 4 gros véhicules sur chenilles présentés ici en vidéo. Peu discret, on disait.

Les auteurs et leurs mobiles

Dans le coin, il est utilisé le plus fréquemment par l’armée ukrainienne, subsidiée par les USA et entraînée par divers occidentaux anglo-saxons. La barrière séparant cet ensemble de leurs supplétifs néo-nazis est très poreuse pour dire le moins. D’autant que les USA ont une longue histoire de collaboration avec les nazis, de von Braun au sulfureux Gehlen. Même si l’armée officielle ne les aiment pas tous ni toujours, les contacts existent. Et ces derniers sont de vrais fous meurtriers, ils l’ont prouvés par leurs paroles et, surtout, leurs actes : le massacre des civils par le feu à la Maison des Syndicats à Odessa pour prendre l’exemple le plus connu.

De l’autre côté, leurs opposants russophones, parfois communistes, pourraient aussi en avoir capturé l’un ou l’autre et l’avoir utilisé à plus ou moins bon escient. Mais cela nécessiterait d’avoir le personnel spécialisé ad hoc et d’avoir capturé l’entièreté de la chaîne d’utilisation qui avec sa portée de 20 km n’est exposé en première ligne. Il semble évident que si les partisans avait capturé un tel groupe, le premier soin des Ukies aurait été de le bombarder par tous les moyens disponibles : chars et unités motorisées avant qu’il n’ait traversé les lignes. De toute façon, ça fait beaucoup de monde, tous capturés et ne sabotant pas le travail ou identifiés et rameutés dans la population locale voire les volontaires Russes pour les utiliser.

Enfin, le dernier utilisateur potentiel est l’armée russe. Le long transport supposé de l’énorme convoi depuis la Russie n’est documenté que par Bellingcat, un organisme au financement suspect issu du MI-6 britannique, soit une source doublement anti-russe tant par son recrutement que par son métier. Ce dernier aussi très peu fiable : le métier des espions est de mentir et manipuler. Ils s’en vantent même. Précisons aussi que ce trajet n’a été observé par aucun satellite-espion côté armée américaine. Bizarre, non ?

Reste une question, la même que pour les affaires « petit nouveau »: pourquoi ? Pourquoi auraient-ils transporté ces engins à travers la partie russophone de l’Ukraine, bourrée de civils pas tous de leur côté donc parfaitement indiscrètement ? Pour le seul plaisir de tuer des civils Hollandais n’ayant rien à voir dans l’affaire sauf pour allumer la mèche courte des médias occidentaux ? En d’autres termes, on n’a pas résolu le « Qui bono » traditionnel de la justice : à qui cela profite ?

Le monstre

Attribuer ces divers attentats à Vladimir Poutine et à son supposé pouvoir absolu implique nécessairement le postulat que l’accusé, le-dit Poutine, soit irrationnel jusqu’au monstrueux et stupide en prime. Soit le contraire de ce que ce judoka et joueur d’échec a démontré tout au long des quelques 20 ans qu’il occupe avec calme et autorité le pouvoir russe.

Ces qualificatifs définitifs siéraient bien mieux à Biden qui a voté et milité pour toutes les guerres (insensées) tout au long de ses 30 0u 40 ans de Sénat, ou à Trump évidemment voire à l’hypocrite Obama qui a fait exécuter sans jugement plus d’USAméricain, journalistes inclus, que tous ses prédécesseurs réunis sans que la presse-système aux mains de divers milliardaires (WashPo, NYT, CNN, BBC, Guardian, Le Monde, etc…) n’en fasse autant de Kashoggi.

Ne parlons même pas du couple de criminels de guerre Bush & Blair (UK) qui les ont précédés: de 1,5 à 2,5 millions de mort.e.s civil.e.s, enfant.e.s inclus, à eux deux pour éliminer un tyran local. Il faisait quand même moins de dégâts que les seigneurs de la guerre qui l’ont remplacé. La pollution à l’uranium appauvri (mais toujours radio-actif) de larges zones urbaines irakiennes vient en prime gratuitement avec les monstres plus ou moins viables qu’elle a produit en quantités (pas uniquement) statistiquement significatives si l’on se réfère au très officiel et médical The Lancet et al. Je vous épargne les photos mais elles existent.

Le secret

Des gens ont lancé ces missiles et se taisent encore. L’hypothèse d’un complot présente le même problème que tous les complots : il faut qu’aucun complice ne parle jamais de l’horreur commise par le groupe. C’est possible dans une armée très motivée mais à peine : tout le monde et son chien a envie de se vanter d’une opération réussie ou de prendre des photos avec son smartphone en oubliant de bloquer la géolocalisation. Les soldats russes ont été particulièrement peu discret dans le genre. Dans les services secrets, mieux entraîné aux procédures ad hoc le secret est mieux assuré, surtout si on liquide les témoins.

Commettre une erreur peu aussi pousser à se taire : un groupe peu expérimenté visait un avion militaire, donc Ukrainien, et l’a confondu avec le vol MH-17. Mais alors ce n’est pas l’armée russe qui les utilise depuis un demi-siècle. Les milices russophones pourraient mieux répondre à cette définition d’un acte involontaire mais nous avons vu qu’il est très peu probable qu’ils aient pu en acquérir le contrôle.

CONCLUSION

L’hypothèse d’une opération « sale » sous faux drapeau avec du matériel Ukrainien reste la plus probable. Celles-ci sont assez courantes ces dernières années. En prime, la commission d’enquête réunie par les occidentaux pour définir les responsabilités a inclus le coupable le plus probable dans la commission, avec en prime un droit de veto sur toute publication. Et ça, c’est quand même un signal assez caractéristique de la volonté d’étouffement d’une affaire sale, très sale.

Covid19, le triomphe des introvertis

Il ne faut plus se contacter autrement que via le téléphone ou internet. Non, pas pour vous protéger mais pour protéger tout le reste de la population et ce d’une manière exponentielle et non-linéaire ! Pour faire bref, en ne faisant PAS la bise à votre voisin, vous épargnez votre grand-mère.

Explication : quand vous limitez vos propres contacts sociaux, vous limitez la propagation en chaîne du virus : un non-contact contaminant (voir ci-dessous) = 1 non-contaminé qui ne contamine pas 1 autre personne. Si chacune des personnes agit comme vous, c’est linéaire : à la 4e génération, nous avons respectivement 1+1+1+1= 4 personnes épargnées.

Si nous envisageons 2 ou 3 non-contacts et que vos (non-)contacts agissent de même, nous sommes à 4 ou 9 pour la génération suivante et ce n’est plus linéaire du tout : à la 4e génération de personnes prudentes nous avons respectivement 2+4+8+16= 30 et même 3+9+27+81= 120 personnes non-contaminées.

Celui que reste à l’écart sauve tous les autres

Et cette chute de transmission est vitale pour que l’épidémie s’éteigne ou au moins pour ralentir sa propagation afin que le nombre de nouveau cas simultanés n’excède pas le nombre de lits de soins disponibles.

Les lits à occuper, verticalement, et le nombre de malades en horizontale. En sable, la courbe des hospitalisations sans ralentissement, en bleu la courbe si nous faisons tous un effort. La ligne pointillée horizontale indique le nombre de lits disponibles.

C’est encore mieux expliqué dans cet article qui vous permet en prime de jouer vous-même avec un modèle mathématique en faisant varier divers facteurs. Et en plus de celui du Quotidien du médecin, cet autre article, malgré son titre racoleur et franchouillard, fait un point de qualité sur l’épidémie et notamment les taux de contaminations/contacts dont je vous parle plus haut.

Bon amusement et au plaisir de ne plus vous revoir 😉 Sauf au téléphone.

Quelques conséquences d’une guerre à l’Iran

Une guerre de bombardement ne demande pas beaucoup de soldats au sol en Iran. Le modèle est la Serbie où les bombardements ont effectivement provoqué un changement de régime et ont ouvert la voie à l’annexion du Kosovo pour installer une base militaire USA. C’est donc réalisable et même rentable pour les premiers mois aux yeux des américains.

Le souci est que l’Iran a des alliés militaires que la Serbie n’avait pas, hors la Chine ou la Russie qui ne bougeront pas, et que le risque d’embrasement de la région est réel. Cela touchera peu les USA qui sont exportateurs net d’énergie pour le moment. Par contre, l’Europe et surtout la Chine vont souffrir et c’est un but secondaire (ou primaire) d’un conflit au Moyen-Orient pétrolier tel que celui dont rêvent les porte-sabres de la Maison Blanche.

Autre « bénéfice » secondaire, cet embrasement apporterait aussi les prétextes nécessaires au gouvernement israélien pour étendre son territoire et sa zone d’influence.

Tout cela au prix de nouvelles souffrances pour le monde arabe et iranien, au prix de nouvelles vagues d’immigration vers l’Europe, au prix d’un renouveau « terroriste/de la résistance à l’impérialisme » qui justifiera en OTANie encore plus de lois liberticides nécessaires par ailleurs pour l’imposition du néo-libéralisme sur les classes travailleuses. Le modèle est le macronisme.

Non, je ne vous parlerai pas des Gilets Jaunes français


Non parce que plein d’autres le font bien mieux que moi. Rien que sur les dernières 24 heures, j’ai relevé La répression terrifiante du mouvement des gilets jaunes, Les Gilets jaunes de l’Orne en réunion publique : justice, écologie, fraternité, Les Secouristes volontaires toulousains : la paix au coeur des manifestations, la remarquable interview de Maxime Nicolle (Gilets jaunes) par Aude Lancelin (Le Média) à la veille de l’acte 9 des Gilets jaunes, Les Gilets Jaunes sermonnés par Alain Juppé et le journal Le Monde, Gilets jaunes : le dossier pour comprendre la révolte, Proposition d’un Référendum d’Initiative Citoyenne.Par Olivier Berruyer

Et là, je ne vous parle que de 4-5 médias alternatifs parmi les plus fiables, pas de la « presse qui ment » parce que tenue à 90-95% par 9 ou 10 milliardaires français ou des recopiages laborieux de l’AFP qui est devenue « la voix de son maître » depuis ses remodelages sous les dernières présidents français, dont Sarkozy qui fit très fort.

Et puisque la presse qui ment n’en parle pas : Amnesty International publiait une enquête dénonçant « le recours excessif à la force par des policiers » pendant les manifestations des gilets jaunes, c’est . Évidemment, si ce rapport avait parlé de la Russie, du Venezuela ou de la Syrie au lieu de la porte d’à côté, vous l’auriez eu en première page. Là, non. Juste des brèves dans quelques médias.

Qui va payer ? Mise à jour 12/05/10

Qui va payer quoi, d’abord ? Ben, la crise pardi. Parce que ne vous faites pas d’illusions, elle arrivera jusqu’à nous. Parce que ça n’a pas commencé de finir comme le souligne le Monde Diplomatique synthétisant les informations parues dans la presse économique anglo-saxonne . Je sais que vous ne lisez (presque) jamais les articles que je met derrière mes liens mais  cette fois-ci, le sujet est tellement vaste et complexe que je ne vais pas me risquer à des explications que je maitriserai pas. Je vous invite donc à commencer par le lien ci-dessus pour comprendre de quoi on va parler.

Nous allons partir du principe que vous avez au moins parcouru l’article ci-dessus dont revoici le lien. Quoi lourdingue ? Eh, on va parler d’économie donc un peu d’attention svp. Et puis, comme on parle de chose autrement plus sérieuses (notre porte-monnaie) que de pays lointain (un bicot de plus ou de moins, hein) il va falloir que je vous présente des références. Ne venez pas me dire que je suis cynique : j’aurai vraiment du mal à vous croire si vous me prétendez être plus concernés par un mort à 20.000 km d’ici que par la lecture de votre fiche de paie.

Ah oui, une chose encore, si vous lisez régulièrement la presse anglo-saxonne de qualité (NY Times, Asian Times [AT], Fincancial Times [FT], etc…) dont je parlais ci-dessus ou plus facilement les traductions publiées et commentées par Contreinfo, ainsi que les sites comme Rezo.net, le très européen Les Dessous de Bruxelles et les internationaux blogs du Diplo, passez votre chemin, vous savez déjà de quoi on va parler. Je les remercie pour leurs publications ou leurs sélections d’articles qui ont servi de base à la présente note.

Posons un premier axiome : les entreprises transnationales et à fortiori les entreprises financières sont des zones de non-droit. Dit autrement, vous déconnez avec votre déclaration d’impôt ou le parking de votre belle auto : biiing. Par contre, 99,97% des infractions sociales constatées ne sont PAS poursuivies comme le démontre cette étude française. Je doute que ce soit différent ailleurs. Quand aux matières fiscales, je vous invite a écouter un jour une discussion entre experts, ça ouvre les yeux sur les subtilités de la manipulation de bilan. Ne parlons même pas des niches fiscales et autres manipulations internationales, vous connaissez déjà.

Deuxième axiome : les entités financières jouent avec votre argent, pas le leur. Elles font faillite, les gouvernements les renflouent ou leur fournissent des déversoirs à déchets toxiques : Fanny Mae et Freddy Mac aux USA par exemple. Elle gagnent, elles se distribuent des dividendes et des bonus, je vous dit que ça. Pile je gagne, face tu perds. Ca aussi, vous le saviez déjà certes, mais la première référence de ce billet et celles-ci vous l’expliquent avec des mots simples pour des gens comme vous et moi. Histoire que la prochaine fois que les médias rendent compte du « sauvetage » de la Grèce, vous puissiez comprendre que c’est le bénéfice des spéculateurs qu’ils ont en fait sauvegardé.

Ces spéculateurs et autres Goldman-Sachs, ils se sont « gavés grave » sur les pays de l’Est. Et les dettes de ceux-ci qu’ils ne pourront assumer, comme l’assure Michael Hudson dans le FT,  c’est vous qui les payerez. Et ce n’est que le début, comme l’ironise lourdement Jean-Luc Melenchon dans une explication toute simple de ce qui vient de se passer ce WE. Rappelez-vous que l’épongement de la faillite d’une seule des sept grosses banques suisses avait couté 10.000 FS (5.000 € si le FS ne s’était pas cassé la gueule) à chaque Suisse, du bébé au vieillard. Et les banques suisses ne sont pas les seules à être lourdement engagées dans ces régions : l’Allemagne, le Nord de l’Europe sont dans le même sac (non, je ne retrouve pas les liens que je vous avais préparés, va falloir me croire sur parole, là).

Vous vous dites, oui mais bon, les diktat du FMI, la crise grecque, la Suisse, c’est pas nous ça. Ben voyons, vous dit MartinWolf dans le FT : en fait la finance internationale est un monstre fou qui va nous dévorer tous. La théorie des dominos, vous connaissez ? Allez voir ce beau schéma tout simple du NY Times, il montre comment l’effondrement de la consommation grecque va se répercuter chez ceux qui la fournissaient : l’Allemagne, par exemple. Le Portugal, ce sera dans le nez des Espagnols, etc…. C’est ce qu’on appelle la contagion des PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Spain). Et après ce sera nous (France, Belgique) en passant probablement par la case « Grande-Bretagne ». Les USA sont protégés pour l’instant par le statut de « monnaie de réserve » du dollar, mais pour combien de temps encore ? Outre l’Europe qui s’est doté de l’€, de plus en plus de pays commencent à choisir d’utiliser d’autres monnaies comme base pour leurs échanges. C’est aussi vrai en Amérique Latine (avec même le projet de mise en place d’une monnaie unique, le « Sucre ») et à l’est de l’Europe : de la Russie à la Chine, pour faire simple.

En même temps, il existe des solutions autres que de prendre aux pauvres pour donner aux riches, et si vous avez lu les liens ci-dessus jusqu’au bout, vous en avez pu en lire certaines. En voici d’une au Japon, et un exemple tiré de worldbank.org, mais aussi tout ce qu’on voit dans les pays d’Amérique Latine. Parce que si l’Europe clame sa pub « halte à la pauvreté » c’est qu’elle a tout fait pour la créer comme le rappelle Ignacio Ramonet. Et si malgré les décisions de ce WE, les grands argentiers européens auront perdu le contrôle comme le dit Stratfor (désolé c’est en VO mais c’est vachement intéressant), c’est parce qu’il l’ont bien voulu et que les politiques économiques choisies par 20 des 27 pays de la zone € sont des échecs patents, Allemagne et Irlande inclus comme le souligne André Lamassoure dans un entretien accordé aux journal économique Les Echos.

Les Belges vont voter en juin. Pour quelques jours, les politiciens de ce pays vont devoir écouter autre chose que les lobbyistes dont les actions sont bien décrites dans cet article des Dessous de Bruxelles. Hier certains allemands, demain encore d’autres iront remplir les urnes. Alors, soyez sympa pour vous-mêmes : choisissez des gens qui prendront dans les poches bien remplies au lieu de leur offrir des intérêts notionnels (oui, oui, Reynders, on parle de toi).

Oui, oui, je sais : « élections, pièges à cons ». OK, mais si vous pensez vraiment qu’en matière de contrôle des foules, les expériences accumulées depuis 50 ans de l’Irlande du Nord à la Palestine en passant par les pays d’Amérique Latine ont été perdues, vous rêvez. Vous êtes transparent pour les marchands (je vous en parlerai dans un prochain article sur la vie privée), imaginez-vous ce que vous êtes pour les flics. Vous ne serez donc vraiment pas à armes égales quand vous voudrez descendre dans la rue parce que ceux que vous n’avez pas voulu élire vous auront amputé votre salaire ou votre pension de 20 ou 30%. Et ça c’est pas une probabilité mais une certitude pour peu que le coup monté en Grèce à coups de désinformations réussisse.

Encore une fois, vous n’êtes pas obligés de me croire sur parole : ceci est une revue de presse. Si vous suivez les liens derrière chaque mot souligné en bleu, vous trouverez un article sérieux que j’ai collationné pour vous ces dernières semaines qui explique, illustre ou démontre le texte.

Redondance ou révolution ?

Si l’on en croit les études publiées (en anglais pour la majeure partie)sur le site Nikos Smyrnaios, l’essentiel de l’info internet est redondante. Redondants, les portails yahoo, google et autres msn ? Ben oui, évidemment. Parce que le reste de la presse ne l’est pas, peut-être ?

En France, 10 éditorialistes et une centaine d’invités occupent 80 % du paysage audio-visuel. En Belgique, nous avons un (oui, 1) philosophe et il est tellement vieux qu’il commence vraiment à raconter des conn… n’importe quoi. La presse écrite francophone radote à 95% les mêmes insuffisances tout en servant outrageusement la soupe à une classe politique où le népotisme et la cooptation sont couramment admis. Je ne parle même pas du monde économique (presse, commentateurs  et entreprises tous unis) où les mêmes défauts sont multipliés par 10 : là, ce n’est plus « admis », c’est simplement la règle et ça l’a d’ailleurs toujours été. L’Echo (de la Bourse) a servi l’optimisme à pleine louche à ses pigeons de lecteurs jusqu’au moment où c’est devenu vraiment impossible. Et ils recommencent déjà, alors que tout qui sait lire peut comprendre qu’il est impossible de financer les déficits de TOUS les Etats ET des entreprises ET de l’immobilier ET des allocations sociales en même temps et donc que ça DOIT se casser la gueule d’une façon qui fera passer 2008 pour une plaisanterie.

Crise de la presse ? Tiens donc. S’il y avait dans les journaux le dixième de ce qu’on trouve sur le net en fouillant VRAIMENT, et si possible en anglais ou mieux, en espagnol, il n’y aurais pas de crise de la presse parce qu’elle donnerait de l’information et pas de la propagande. Mais voilà, on continue de n’y lire que ceux qui ont déjà maintes fois prouvés qu’ils mentent (mal), qu’ils prédisent ce que leur employeur (industriel) veut entendre, qu’ils défendent l’indéfendable et se foutent de proposer de vraies solutions parce qu’elles VONT mécontenter leur actionnariat, autrement plus important à leurs yeux que leurs lecteurs-auditeurs.

Crise de la politique ? Etonnant. S’il y avait moyen pour ceux qui proposent des alternatives autres que d’appuyer plus ou moins fort sur l’accélérateur avant de rentrer dans le mur… s’il y avait moyen pour eux de faire entendre des idées originales, peut-être que le bon peuple pourrait s’intéresser à son devenir. Mais le pire est que même si ce miracle arrivait, il y a longtemps que le pouvoir est passé du Parlement à Bilderberg et autres conseils d’administration, de l’élection à la cooptation des élites. Et que nous l’avons compris. Mais maintenant qu’elles ont fait la preuve qu’elle ne pouvait nous conduire que dans le mur, il va falloir s’en débarrasser. Et vite, avant que le mur ne soit là. Et certes, il ne se laisseront pas faire… Mais peut-être que nous non plus 🙂

Que voulons-nous ? Un parlement ou un Judenrat ? Ou alors, la Loi de la rue et la rue de Loi unies pour « dégager » ceux qui se croient nos princes… quel beau rêve. N’oubliez pas que vous votez bientôt. Faites en sorte qu’il en sorte une sortie : ne votez pas réformiste, votez révolutionnaire ! Osons-le, tous ensemble… ou oublions le futur de nos enfants. Au choix. Le monde sur lequel nous vivons est fini. Fini dans le sens qu’il n’est pas infini. Fini dans le sens que les solutions actuelles n’en sont pas. Ou nous partageons ce qui va rester ou nous partageons les coups de matraques pour que certains puissent continuer d’augmenter le pillage des ressources communes. Le 0,1 % des plus riches a vu son niveau de vie augmenter de 41 % ces dernières années. Et le vôtre ? Et le vôtre… demain ?

Imitons l’Amérique. Mais pas celle que nous avons écoutée pendant 50 ans. Allons plus au sud, voir le Venezuela, le Pérou et tant d’autres qui ont déjà compris. Ils ont compris qu’en éliminant l’injustice et en partageant, il y avait plus. Plus pour tous et plus pour longtemps car l’inégalité génère un mode de vie insoutenable pour une terre finie. Il n’y a plus de frontière à conquérir. Il y a un champ à cultiver et un pain à partager… ou à se détruire pour se l’approprier. Et à  votre avis, qu’est-ce qui est le plus rentable : la révolution pour partager en paix ou la réforme pour se déchirer en guerre ?

Bonnes et mauvaises nouvelles

Un exemple des résultats de l’Olivier à Bruxelles: 5.000 logements étaient promis pour cette législature. 211 ont été réellement construits. Chez les riches, La Libre reconnait « Les banques savaient pour les subprimes et n’ont rien fait », ils ne sont pas les seuls à le dire, ça n’empêche pas qu’on continue de les arroser de notre argent grâce notamment à des commissions (européennes) où ils sont à la fois les conseilleurs et les bénéficiaires. Plus loin de nous, c’est pire encore: une moisson de suicides raconte la seule issue de dizaines de milliers de paysans indiens (160.000 en 10 ans). Et disons-le clairement “La croissance verte est un leurre” (oui, je sais la mise en page de ce site est pitoyable mais en cherchant bien vous trouverez le texte)

Evidemment, il y a aussi des bonnes nouvelles: le Financial Times découvre que les paradis fiscaux sont une des causes de notre crise actuelle (comment ça, ils enfoncent une porte ouverte ?),  des fonctionnaires belges montent un site contre un ministre trop autoritaire, leurs homolgues français dénoncent les tripatouillages de statistiques qu’on les oblige à faireà Chicago la lutte syndicale a payé,

Il y a aussi des cas mitigés comme cet article sur le piège afghano-pakistanais dans lequel se précipite Obama voire les franches utopies et les contre utopies engendrant un désordre dont le résultat s’appelle « prison a gogo« . Et oui, c’est en anglais. Enfin, Dieudonné est rejeté par les mouvements de solidarité avec la Palestine, comme d’ailleurs par les Indigènes de la République. Pour paraphraser Henri Goldman, je suis d’accord avec 80% de ce qu’il dit mais il puait vraiment sur les 20 % restants et son alliance avec des fachos et anti-sémites notoires dépassaient tous 3 largement et depuis longtemps le tolérable.

Y’a beaucoup mieux que C.C.E. (mis à jour)

C.C.E. ralenti d’abord parce ce que je ne veux plus lui consacrer le temps nécessaire pour approcher les qualités de l’exceptionnel ContreInfo en matière économique et politique. Un exemple de son travail comme le lien ici qui démontre en quelques mots l’inanité de la politique blairiste(autre lien) dont le « socialiste » Di Rupo est la belge copie conforme.

C.C.E ralenti aussi parce qu’en matière géostratégique, militaire et analyse de la politique étrangère des USA, De Defensa est insurpassable et qu’il est inutile d’ajouter au bruit ambiant. Un bon exemple de De Defensa est à trouver dans ce décryptage d’une tentative de désinformation. Le secret de ces deux premiers auteurs : ils lisent abondemment la presse anglo-saxonne et économique, mais pas que. Alors, évidemment, ils sont bien informés même s’ils font de ces articles autre chose que ce que les auteurs originels souhaitaient dire 🙂

Autres sites de TRES bonne qualité : Article XI est un des deux sites qui montent actuellement. Par exemple, ne ratez pas «Si l’Europe sociale est imaginable, ce n’est pas sur les bases de l’Union Européenne.» L’autre, encore plus méconnu, est WTK41, c’est un tort, comme l’oubli du combat fantassin (voir à ce sujet Les Tontons Flingueurs et l’Afghanistan). Enfin, Le Monde Diplomatique met désormais sur le net certains de ses articles-clés mais surtout, il a des blogs plus diversifiés encore. Et entre eux et leurs commentaires, vous pouvez dire que les sujets sont traités à fond.

D’autres sites ou blogs bien que « typés » sont irremplaçables comme celui de Colette Braeckman sur l’Afrique, Le Grand Soir (marxiste) ou Les mots ont un sens (France). Il y a des  originaux comme celui de Danielle Bleitrach qui trouve le moyen d’être communiste tout en se les mettant à dos et juive tout se bagarrant tant avec les sionistes que nombre d’anti-sionistes. Notez que c’est peut-être ce qui me la rend si sympathique. En tout cas, c’est elle qui publie le plus d’info sur le seul continent porteur d’espoir: l’Amérique Latine. Il y a notamment une publication systématique des articles (traduits) de Fidel Castro qui agrémente sa vieillesse d’articles percutants à souhait. Il y en a qui sont plus « remplaçables » comme mondialistation.ca ou LMSI qui alternent l’excellent et le pire (non, je ne mettrai pas de lien sur un de leurs articles « limite (?) anti-sémite » ou paranoïaque). N’oubliez pas l’Observatoire des Inégalités qui est une source très scientifique.

En matière de portails généralistes, les belges mouvement.be et français rezo.net sont imbattables et leurs revues de presse raisonnablement diversifiées si vous prenez la peine de rechercher dans les liens des articles cités qui, eux, viennent un peu souvent des mêmes endroits. Pour renouveler vos sources, allez voir la liste de partage du Monolecte ou sa liste des sources. Le dernier est une espèce de Google des infos alternatives. Evidemment c’est notablement moins trié que dans les portails classiques, c’est même franchement bordelique dans le dernier cas mais tellement riche… N’oubliez pas non plus le belge Michel Collon qui porte à bout de bras un portail rénové qui recèle des merveilles. Aaliens est plus atypique avec ses différentes méthodes de classement des sélections mais très riche de ce fait.

Si vous cherchez des polémistes, Plume de Presse, CSP , Vive le Feu, Fontenelle, voire le belge Les doigts dans la crise (mais en faisant le tri) sont actuellement mordants à souhait. Il vous faudra chercher un plus pour trouver des blogs situationnistes comme le Tigre qui est encore le seul, ou presque, à vous parler de Coupat, prisonnier politique en France pour avoir peut-être été l’auteur du très situationniste « L’insurrection qui vient« . Si vous ne l’avez pas lu, vous avez tort, encore 😉