Danielle se tait ? Non !

Disparait Reparait aujourd’hui (*)  de la blogosphère une de ses voix les plus puissantes et les plus originales. Chouette cadeau de noel 🙁

Lassée de la bétise, lassée de la méchanceté, lassée de prêcher dans ce qu’elle voit à tort comme un désert, victime de son succès qui lui amenait nombre de mails haineux, Danielle Bleitrach a avait décidé de fermer « Changement de société » alias « soci013 ».

Où d’autre lirons-nous désormais cette traduction de l’intervention de Dick Cheney sur ABC où il reconnaissait explicitement avoir autorisé la torture dont je parlais dans mon article précédent ?

Où d’autre lirons-nous les nombreux articles sur l’amérique latine, là où la gauche devrait aller chercher ses nouveaux modèles après l’échec sanglant de sa gestion du capitalisme ?

Où d’autre lirons-nous les analyses politiques et philosophiques fondamentales, profondes et orginales que nous apportait Danielle ? Sans langue de bois, sans concessions, elle nous apportait un contenu d’une rare profondeur. Evidemment, cette profondeur n’allait pas sans une certaine longueur qui décourageait ceux qui ne consacrent pas plus de 2 minutes à un texte. Ce qui amenait des remarques acerbes de sa part quand quelqu’un prenait la parole en omettant un élément dont elle avait parlé.

Où d’autre lirons-nous la critique féroce de l’exploitation, de l’asservissement ?

Où trouverons-nous encore une voix juive, aussi féroce dans sa critique d’Israel que de l’anti-sémitisme qu’elle a vécu dans son corps et qui a marqué prfondément son esprit.

Ou trouverons-nous encore cette foi dans l’internationalisme socialiste ? Cette analyse marxiste qui avait annoncé la crise et fournit un des rares moyen d’en sortir ?

Ailleurs, difficilement, moins bien. Nul(le) n’est indispensable, certaines voix sont simplement encore plus irremplaçables que d’autres. Danielle est de celles-là. Je pleure.

Elle annonce un livre, je revis et je ne manquerai de vous en faire part 🙂

(*) Mise à jour: Ce matin 1e janvier, Danielle a rouvert son blog 🙂  Du coup J’ai corrigé certains aspects de ce post, dont le titre.

Guerre à l’analphabétisme

La Bolivie se propose de bannir l’analphabétisme de son territoire. Il deviendrait ainsi le 3e pays d’Amérique latine après Cuba (1961), et le Venezuela (2005). Evidemment, des pays peu appréciés du Parti de la Presse et de l’Argent (PPA) dont voici une carte.

Bolivie, Bolivie, j’ai pas entendu déjà parler de ce pays ? Ah oui, ce coin perdu où les provinces riches bourrées de gaz ne veulent plus faire partie du même pays que les pauvres. Evidemment, utiliser les richesses du pays pour TOUT le monde, ça ne fait pas plaisir aux possédants.

Même que le pouvoir central a dû expulser l’ambassadeur américain accusé (à tort surement 😉 ) de soutenir la prise d’autonomie par les armes des provinces les plus riches. Faut dire que l’oiseau a déjà un lourd passé d’animateur, comme au Kosovo, d’autonomies plus ou moins téléguidées,  et de nettoyages ethniques.

Bon l’info n’est pas toute fraîche mais c’est suffisament positif pour mériter de ne pas être oublié.

La guerre en Aghanistan est (aussi) une bonne idée

D’abord il faudra vraiment mettre le paquet: « les Soviétiques n’ont pas réussi à maîtriser le pays, même lorsqu’ils avaient 100 000 hommes sur le terrain, et 150 000 soldats afghans à l’appui ». Et d’une part, ces soldats étaient autrement motivés que les occidentaux et d’autre part, le pouvoir local communiste avait une autre assise que l’actuel, corrompu et impuissant. Et même lui est obligé de déclarer souhaiter nous voir partir.

Et pourquoi ne sommes-nous pas motivés ?

Parce que nous manquons de vraies raisons d’y aller. La raison idéologique européenne qui est la libération des femmes afghanes (un exemple, qui est peut-être une manipulation, ici ) est insuffisante pour nous faire risquer de voir des morts de « race blanche » (les autres on s’en fout, hélas) comme dirait le nauséeux Zemmour. Et la raison idéologique américaine de la « guerre au terrorisme » jusitifie mal que cette « guerre » fasse plus de morts étatsuniens que le-dit terrorisme.

Alors, si on essayait la vérité: on est là pour sécuriser un pipe-line qui doit, dans le futur, nous alimenter en pétrole sans dépendre des russes car le prochain eldorado pétrolier se trouvent dans les marches de l’ancien empire soviétique.

Ah oui, mais non ! D’abord, nous sommes bien incapables de regarder plus loin que le bout de notre nez, sinon les signes sans cesse plus alarmants du désastre écologique en cours nous auraient déjà fait réfléchir sur notre modèle économique anti-écologique. Ensuite, il faudrait expliquer que nous sommes en train de recréer une guerre froide contre l’Est (Russie et Chine) et admettre, notamment, que ce n’est par accident que l’avocat américain qui préside actuellement la Géorgie a attaqué l’Ossétie philo-russe. Là aussi, une forte odeur de pétrole, comme jadis au Biafra. Et pour ne pas croire que les USA étaient derrière cette affaire, je vous invite à lire, en anglais, comment ils ont piégé un autre futur ex-allié, Saddam Hussein en 1990.

C’était une des merveilles de la politique bushienne-fils dont les américains ont (déjà) du mal à se distancier que d’avoir réussi à unir tout le monde contre eux. Et ça ne changera qu’en façade, et encore.

C’est aussi un paradoxe apparent que les deux anciennes patries « du socialisme réalisé » n’arrivent à s’entendre que maintenant qu’elles sont devenues plus ou moins officiellement du capitalisme d’état. Notez que ça leur réussit mieux que le « laissez-faire » des néo-libéraux que Poutine avait remplacé et qui ont ces derniers mois brillament réussi à convaincre les gouvernements occidentaux à faire cadeau de 2.500 milliards au système financier. Comme s’il ne s’était pas déjà suffisament engraissé sur le dos de notre pouvoir d’achat.

Mais revenons au Moyen-Orient, pas pour longtemps. Une autre raison pour tenter de gagner en Afghanistan est de réparer la « perte de face » que constitue, pour les USA, le bourbier Irakien.

Et tant que nos militaires sont là, ils ne sont pas ailleurs. Par exemple en amérique latine qui pourrait être le prochain terrain d’entraînement. C’est d’ailleurs pour ça que les médias se déchainent contre le Vénézuela et ses voisins socialistes:  il nous faudra gagner une guerre avant que nos néo-colonies ne prennent leur indépendance et ne menacent les approvisionnement quasi-gratuits qui nous autorisent notre mode de (non-)vie. Mais, toujours aussi cyniquement, il est largement plus facile de faire passer une guerre, avec toutes ses bavures, contre des arabes, musulmans de surcroît, que contre des latinos chrétiens.

Vous voyez bien que la guerre en Afghanistan est une bonne idée. Aussi bonne que la plantureuse assistante du patron, si vous voyez ce que je veux sous-entendre dans le genre frais et délicat.

Obamania

Voici quelques’uns des milliers d’articles que j’ai vu passer (et parfois lu) ces derniers jours sur Obama et que j’ai noté comme plus significatifs que quelques milliers d’autres. Franchement, j’hésite à ajouter ma goutte d’eau à cet océan des publications.

Enfin… j’aurai essayé de vous en sélectionner quelques uns qui me paraissaient plus originaux. Il y a là aussi des articles plus tout neufs que je tiens à vous montrer pour que vous puissiez observer l’évolution des pensées à l’égard futur POTUS (1)

« Premiers frémissements » détectés sur DeDefensa le 10 novembre

– Les doigts dans la crise du 7 novembre: « C’est (très) mal parti »

– Le Soir du 7 novembre (aussi): Barack Obama osera-t-il se battre pour imposer le changement qu’il a promis ?

– Le Grand Soir republie un article écrit par un Français de Caracas en octobre et paru originellement chez Michel Collon, Hola, Mister Barack Obama ! Bienvenido ! Mais basta !, . Ce site dernier publie aussi « 13 questions à Mister Obama »

– Courrier international du 28 octobre : Barack Obama, ce « réactionnaire »

(1) POTUS : President Of The Unied States (of america, celà va sans dire). Mais… ces dernières années ? Sous une pierre ?

Sites belges, une fois

Outre mouvement.be dont je vous avais déjà parlé dans « Nos petits secrets » il y a deux sites belges qu’il est urgent de consulter régulièrement.

Blog généraliste, bien renseigné, plein de références encadrant un propos bien construit, cohérent et méchamment ironique. Ah oui, j’oubliais sa remarquable mise en page qui facilite vraiment la lecture: Les doigts dans la crise. Je ne vous cache pas que si je ne vous en ai pas parlé plus tôt, c’est parce que je suis jaloux: ce site est vraiment l’idéal que Cocyec essaye vainement d’atteindre. Bon, ceci dit, je ne me suis jamais privé de vous présenter des liens vers certains de ses articles. Mais son site global vaut la visite et il y a même un lien RSS pour être sûr de ne rien rater.

Un autre site belge à ne rater sous aucun prétexte est le blog de Colette Braeckman. Cette journaliste que le monde entier nous envie est probablement la personne au monde qui écrit le mieux sur un sujet passablement complexe: l’Afrique. Un exemple ici. Cette femme est détestée du pouvoir, même belge où elle est régulièrement exclue des « invités » de certains voyages ministériels (hein, André), parce qu’insuffisament docile. Une qualité rare à notre époque de dos courbés et de plumes serves. Le petit secret des causes de cette liberté c’est qu’elle bénéficie de deux protections aussi occultes que puissantes. Je vous les nomme à voix basse: son talent et sa puissance de travail.

A contrario de la spécialisation de Colette Braeckman et de la belgitude de « Les doigts dans la crise », il y a le site internationaliste de Michel Collon. Objectivement, ce type et son équipe mériteraient des baffes…  pour dissimuler des infos aussi intéressantes dans une présentation aussi merdique ;-). Ne parlons de son fil RSS inexistant et de l’absence d’introdution aux articles dont vous ne trouverez qu’une liste de titre en première page, point. A contrario, comme Cocyec, il publie une newsletter régulière, abondamment diffusée et un poil plus explicite que son site. Le site n’est probablement vu que comme un « hôte » pour les articles qui y sont renseignés. Bref faudrait tirer dessus si ses articles n’étaient pas aussi vitaux pour démonter les médias-mensonges dont la PPA (1) nous inonde.

P.S.: vous avez peut-être remarqué que la mise en page de Cocyec s’est (un peu) améliorée: nous avons enfin trouvé le moyen de dissimuler les (très laids) liens vers les sites sous un texte bleu et souligné. C’est plus beau, hein !

* Le PPA c’est la « Presse du Pouvoir et de l’Argent », c’est à dire les 85% de la presse française (et mondiale) dont les patrons sont allés avec Sarkozy (ou W. Bush ou assimilable) fêter son élection chez Fauchon ou assimilable. Si vous ne le saviez pas, je ne sais pas où vous avez passé les deux dernières années ? Sous une pierre, probablement  😀 ou alors vous ne lisez pas Le Plan B, bon c’est français, mais pour le radins (et les fauchés), son site reprend certains articles de l’édition précédente.