Guerre à l’analphabétisme

La Bolivie se propose de bannir l’analphabétisme de son territoire. Il deviendrait ainsi le 3e pays d’Amérique latine après Cuba (1961), et le Venezuela (2005). Evidemment, des pays peu appréciés du Parti de la Presse et de l’Argent (PPA) dont voici une carte.

Bolivie, Bolivie, j’ai pas entendu déjà parler de ce pays ? Ah oui, ce coin perdu où les provinces riches bourrées de gaz ne veulent plus faire partie du même pays que les pauvres. Evidemment, utiliser les richesses du pays pour TOUT le monde, ça ne fait pas plaisir aux possédants.

Même que le pouvoir central a dû expulser l’ambassadeur américain accusé (à tort surement 😉 ) de soutenir la prise d’autonomie par les armes des provinces les plus riches. Faut dire que l’oiseau a déjà un lourd passé d’animateur, comme au Kosovo, d’autonomies plus ou moins téléguidées,  et de nettoyages ethniques.

Bon l’info n’est pas toute fraîche mais c’est suffisament positif pour mériter de ne pas être oublié.

Oh oui, faites-moi encore rire avec la crise

Je n’ai jamais trouvé sur le net cette photo de jeune femme illustrant cette déclaration, d’il y a quelques dizaines d’années. Mais c’est vrai qu’elle à un drôle d’aspect.

On la compare à celle de 1929 qui était une crise économique. Ben non, écrit un historien avec plus de recul que nos habituels commentateurs, il faudrait plutôt la comparer avec celle de 1873 qui était aussi un crevage de bulle financière. Elle a été bien plus terrible d’ailleurs.

Ensuite, rions avec cette vidéo sur le discret revirement idéologique de nos libéraux qui réclamaient toujours moins d’état mais non pas hésité à mobiliser toute sa capacité d’endettement pour sauver le détenteurs de capital.

« Crise financière » oblige, on entend et on lit partout, en cette fin 2008, qu’il faut – et qu’il suffirait de – « revenir à l’économie réelle ». La réalité !. Du pur pipeau, déclare cet auteur. Nationalisons plutôt les banques déclare, en anglais, Willem Buiter sur le site du Financial Times qui nous avait plutôt habitué à un autre discours 😉

Mais alors, pourquoi pas le socialisme, tant qu’on y est ? Peut-être même un renversement gorbatchevien dans la patrie du « libéralisme réalisé« . C’est vrai quoi, comme le père de papy Ralph Nader déclarait à ses fils: « Pourquoi est-ce que le capitalisme finira toujours par survivre ? ». Et de leur offrir aussitôt la réponse : « Parce qu’on aura toujours recours au socialisme pour le sauver ». Et de nous brosser du coup, un large panorama des alternatives qui s’ouvrent, notamment en amérique latine mais pas seulement, avec la chute de l’idéologie néo-libérale. Des lendemains qui scintillent (1) en quelque sorte.

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(1) J’offirai bien un livre pour la/le premier(e)qui retrouve d’où vient cette expression mais avec Internet, c’est vraiment trop facile.

La guerre en Aghanistan est (aussi) une bonne idée

D’abord il faudra vraiment mettre le paquet: « les Soviétiques n’ont pas réussi à maîtriser le pays, même lorsqu’ils avaient 100 000 hommes sur le terrain, et 150 000 soldats afghans à l’appui ». Et d’une part, ces soldats étaient autrement motivés que les occidentaux et d’autre part, le pouvoir local communiste avait une autre assise que l’actuel, corrompu et impuissant. Et même lui est obligé de déclarer souhaiter nous voir partir.

Et pourquoi ne sommes-nous pas motivés ?

Parce que nous manquons de vraies raisons d’y aller. La raison idéologique européenne qui est la libération des femmes afghanes (un exemple, qui est peut-être une manipulation, ici ) est insuffisante pour nous faire risquer de voir des morts de « race blanche » (les autres on s’en fout, hélas) comme dirait le nauséeux Zemmour. Et la raison idéologique américaine de la « guerre au terrorisme » jusitifie mal que cette « guerre » fasse plus de morts étatsuniens que le-dit terrorisme.

Alors, si on essayait la vérité: on est là pour sécuriser un pipe-line qui doit, dans le futur, nous alimenter en pétrole sans dépendre des russes car le prochain eldorado pétrolier se trouvent dans les marches de l’ancien empire soviétique.

Ah oui, mais non ! D’abord, nous sommes bien incapables de regarder plus loin que le bout de notre nez, sinon les signes sans cesse plus alarmants du désastre écologique en cours nous auraient déjà fait réfléchir sur notre modèle économique anti-écologique. Ensuite, il faudrait expliquer que nous sommes en train de recréer une guerre froide contre l’Est (Russie et Chine) et admettre, notamment, que ce n’est par accident que l’avocat américain qui préside actuellement la Géorgie a attaqué l’Ossétie philo-russe. Là aussi, une forte odeur de pétrole, comme jadis au Biafra. Et pour ne pas croire que les USA étaient derrière cette affaire, je vous invite à lire, en anglais, comment ils ont piégé un autre futur ex-allié, Saddam Hussein en 1990.

C’était une des merveilles de la politique bushienne-fils dont les américains ont (déjà) du mal à se distancier que d’avoir réussi à unir tout le monde contre eux. Et ça ne changera qu’en façade, et encore.

C’est aussi un paradoxe apparent que les deux anciennes patries « du socialisme réalisé » n’arrivent à s’entendre que maintenant qu’elles sont devenues plus ou moins officiellement du capitalisme d’état. Notez que ça leur réussit mieux que le « laissez-faire » des néo-libéraux que Poutine avait remplacé et qui ont ces derniers mois brillament réussi à convaincre les gouvernements occidentaux à faire cadeau de 2.500 milliards au système financier. Comme s’il ne s’était pas déjà suffisament engraissé sur le dos de notre pouvoir d’achat.

Mais revenons au Moyen-Orient, pas pour longtemps. Une autre raison pour tenter de gagner en Afghanistan est de réparer la « perte de face » que constitue, pour les USA, le bourbier Irakien.

Et tant que nos militaires sont là, ils ne sont pas ailleurs. Par exemple en amérique latine qui pourrait être le prochain terrain d’entraînement. C’est d’ailleurs pour ça que les médias se déchainent contre le Vénézuela et ses voisins socialistes:  il nous faudra gagner une guerre avant que nos néo-colonies ne prennent leur indépendance et ne menacent les approvisionnement quasi-gratuits qui nous autorisent notre mode de (non-)vie. Mais, toujours aussi cyniquement, il est largement plus facile de faire passer une guerre, avec toutes ses bavures, contre des arabes, musulmans de surcroît, que contre des latinos chrétiens.

Vous voyez bien que la guerre en Afghanistan est une bonne idée. Aussi bonne que la plantureuse assistante du patron, si vous voyez ce que je veux sous-entendre dans le genre frais et délicat.

Virage à l’Est

Dans l’article L’empire qui n’aura pas existé ? Bruno Drewski nous dresse un gigantesque tableau de la situation à l’est de l’Europe à la lumière de la géopolitique actuelle.

C’est aussi un vigoureux playdoyer pour une nouvelle “Ost-politique” pour reprendre l’expression du Chancelier allemand Willy Brandt. C’est à dire d’une politique européenne orientée vers l’Est, donc la Russie et l’Asie porteurs d’infiniment plus de possibilités et de futurs que notre voisin d’outre-Atlantique dont il pose la question de la future place.

C”est enfin un plaidoyer pour “plus d’Etat”, une thèse que partage aussi Jetons le bébé avec l’eau du bain libéral à la lumière de la comparaison de la gestion des crises issues tant des catastrophes naturelles que de la bulle financière et autres somptueux ratages de “la main invisible du marché” qui pourrait faire passer les errements du stalinisme pour un humanisme juste un peu vigoureux.

Quand vous verrez par quel site l’article de Bruno Drewski est accueilli, vous devinerez vite que c’est solidement charpenté et argumenté. Donc que ce sera vraiment intéressant à lire. Et si vous ne savez pas, vous devriez vraiment sortir de la en-dessous 😉

Obamania

Voici quelques’uns des milliers d’articles que j’ai vu passer (et parfois lu) ces derniers jours sur Obama et que j’ai noté comme plus significatifs que quelques milliers d’autres. Franchement, j’hésite à ajouter ma goutte d’eau à cet océan des publications.

Enfin… j’aurai essayé de vous en sélectionner quelques uns qui me paraissaient plus originaux. Il y a là aussi des articles plus tout neufs que je tiens à vous montrer pour que vous puissiez observer l’évolution des pensées à l’égard futur POTUS (1)

« Premiers frémissements » détectés sur DeDefensa le 10 novembre

– Les doigts dans la crise du 7 novembre: « C’est (très) mal parti »

– Le Soir du 7 novembre (aussi): Barack Obama osera-t-il se battre pour imposer le changement qu’il a promis ?

– Le Grand Soir republie un article écrit par un Français de Caracas en octobre et paru originellement chez Michel Collon, Hola, Mister Barack Obama ! Bienvenido ! Mais basta !, . Ce site dernier publie aussi « 13 questions à Mister Obama »

– Courrier international du 28 octobre : Barack Obama, ce « réactionnaire »

(1) POTUS : President Of The Unied States (of america, celà va sans dire). Mais… ces dernières années ? Sous une pierre ?

Sites belges, une fois

Outre mouvement.be dont je vous avais déjà parlé dans « Nos petits secrets » il y a deux sites belges qu’il est urgent de consulter régulièrement.

Blog généraliste, bien renseigné, plein de références encadrant un propos bien construit, cohérent et méchamment ironique. Ah oui, j’oubliais sa remarquable mise en page qui facilite vraiment la lecture: Les doigts dans la crise. Je ne vous cache pas que si je ne vous en ai pas parlé plus tôt, c’est parce que je suis jaloux: ce site est vraiment l’idéal que Cocyec essaye vainement d’atteindre. Bon, ceci dit, je ne me suis jamais privé de vous présenter des liens vers certains de ses articles. Mais son site global vaut la visite et il y a même un lien RSS pour être sûr de ne rien rater.

Un autre site belge à ne rater sous aucun prétexte est le blog de Colette Braeckman. Cette journaliste que le monde entier nous envie est probablement la personne au monde qui écrit le mieux sur un sujet passablement complexe: l’Afrique. Un exemple ici. Cette femme est détestée du pouvoir, même belge où elle est régulièrement exclue des « invités » de certains voyages ministériels (hein, André), parce qu’insuffisament docile. Une qualité rare à notre époque de dos courbés et de plumes serves. Le petit secret des causes de cette liberté c’est qu’elle bénéficie de deux protections aussi occultes que puissantes. Je vous les nomme à voix basse: son talent et sa puissance de travail.

A contrario de la spécialisation de Colette Braeckman et de la belgitude de « Les doigts dans la crise », il y a le site internationaliste de Michel Collon. Objectivement, ce type et son équipe mériteraient des baffes…  pour dissimuler des infos aussi intéressantes dans une présentation aussi merdique ;-). Ne parlons de son fil RSS inexistant et de l’absence d’introdution aux articles dont vous ne trouverez qu’une liste de titre en première page, point. A contrario, comme Cocyec, il publie une newsletter régulière, abondamment diffusée et un poil plus explicite que son site. Le site n’est probablement vu que comme un « hôte » pour les articles qui y sont renseignés. Bref faudrait tirer dessus si ses articles n’étaient pas aussi vitaux pour démonter les médias-mensonges dont la PPA (1) nous inonde.

P.S.: vous avez peut-être remarqué que la mise en page de Cocyec s’est (un peu) améliorée: nous avons enfin trouvé le moyen de dissimuler les (très laids) liens vers les sites sous un texte bleu et souligné. C’est plus beau, hein !

* Le PPA c’est la « Presse du Pouvoir et de l’Argent », c’est à dire les 85% de la presse française (et mondiale) dont les patrons sont allés avec Sarkozy (ou W. Bush ou assimilable) fêter son élection chez Fauchon ou assimilable. Si vous ne le saviez pas, je ne sais pas où vous avez passé les deux dernières années ? Sous une pierre, probablement  😀 ou alors vous ne lisez pas Le Plan B, bon c’est français, mais pour le radins (et les fauchés), son site reprend certains articles de l’édition précédente.

La main invisble du marché existe et elle vient de nous foutre deux grandes baffes dans la gueule

Dans la tourmente économique actuelle, je me dois de vous signaler deux sources qui me semblent particulièrement riches.

La première, ponctuelle, est un remarquable article du Soir papier sur les CDO qui nous explique qu’elles ont été constituées comme des fonds d’investissements qui répartissent suffisament les risques pour pouvoir diminuer les réserves nécessaires à bloquer pour les sécuriser. Premier problème, ces CDO ont été mal évalués et la crise pourtant prévisible des hypothèques pourries les a mis au tapis.

Deuxième problème, des dérivés, sorte de CDO de CDO,  sont arrivés sur le marché impliquant une telle complexité que même les petits génies décrits dans  un article (payant) du Soir se sont trouvés dans l’incapacité d’en évaluer la valeur réelle. Et c’est ce type d’outil qui a ont crés la valeur complètement virtuelle qui est sortie de la Bourse ces dernières années… et a été dépensé. Evidemment quand arrive le moment de régler les comptes, il faut bien que quelqu’un paye. Et ce seront ceux qui n’ont pas joué qui vont perdre via l’intervention de l’Etat, alors que le plus logique serait de les financer par un super-impôt sur les bénéfices en Bourse des 10 dernières années.

La deuxième source, plus régulière, c’est ContreInfo qui fournit de nombreux articles essentiels, notamment sous la plume de Paul Jorion mais aussi des comptes-rendus d’articles anglophones venant de plumes aussi prestigieuse que Roubini ou Paul Craig Roberts. Globalement, c’est très lisible et compréhensible. Et de mon expérience, leurs prédictions se sont révélées plutôt exactes, même si pas exhaustives.

Chez eux, je vous recommande particulièrement:

– La toujours passionnante revue de presse qui fournit notamment des liens (bien sûr) mais aussi des résumés et commentaires en français d’articles essentiels parus uniquement en anglais.

– Un article ARGUMENTE sur un fait connu: l’accroissment des inégalités de revenus et la pauvreté, même dans les pays de l’OCDE qui est d’ailleurs aussi traité dans La finance et l’économie réelle, un article de l’édition d’octobre de la revue Politique à propos du livre de Michel Husson, « Un pur capitalisme » (16 €, 208 pages)

« Le mythe funeste des marchés efficients » , traité aussi ici

« Qui renflouerait les banques suisses ? » qui évoque une « islandisation » de l’économie « la plus sûre au monde ». Cet article introduit le sujet de l’extrême vulnérabilité de toute l’économie européenne face aux dettes des pays de l’Est de l’Europe et de l’Amérique Latine, ce qui explique en partie la chute de l’€ face notamment au $, mais aussi sur le choc mondial à prévoir dans les deux ans suite à l’échéance prochaine de nombreux prêts hypothécaires.

Et une prédiction, que j’ai déjà entendue de nombreuse fois mais qui pourrait bien devenir plus visible : Le monde va se détourner du dollar. Je dis plus visible parce qu’en fait, cela fait 5 ans que petit à petit des décisions ont été prises ou annoncées de ci, de là pour se désengager de l’emprise d’une monnaie dont de certains prévoyaient la chute. Les plus aveugles à ce mouvement ont été les pays asiatiques, dont la Chine, qui ont massivement acheté des Bons du Trésor US dont la valeur devient de plus en plus sujette à caution. Ce ne serait pas la première fois que les américains empruntent avec un $ fort et remboursent avec une monnaie dévaluée.

P.S.: merci à Philippe pour l’idée du titre et quelques sélections d’articles. Dis mon grand, quand est-ce qu’on te lira sur ce site ?

Le Protocole des Sages de Wall Street

Le complot juif, voilà un sujet vendeur. On l’avait déjà observé lors du 9/11, le complot qui a abouti à l’écroulement des 3 tours du WTC, où certains n’avaient pas hésité à introduire la main du Mossad. Dans le cadre de la faillite de Lehman Brother, voilà que circule un bobard à 400 Milliards (plus c’est gros, mieux ça passe). Vous en trouverez le récit en français ici: http://www.lapaixmaintenant.org/article1863. Et la VO sur www.haaretz.com/hasen/spages/1028069.html

Note qui n’a (presque) rien à voir: si vous ne croyez pas à la version officielle du 9/11, voici l’adresse du site de référence en français http://www.reopen911.info/, sans complot juif dedans. Mais franchement, maintenant que W. Bush est presque dehors, il y peut-être plus important à lire.